Négoce

Après un millésime 2016 décevant, 2017 marque le retour d’une reprise… inégale

Mots clés : Distribution

L’embellie de la construction en 2016 ne s’est pas traduite dans les comptes des négoces.

Pour la majorité des acteurs du Top 100, le volume d’activité a baissé à nouveau. Grâce au dynamisme dans le neuf, la cuvée 2017 s’annonce meilleure, avec encore des déséquilibres, territoriaux et sectoriels. Bref, le redémarrage reste fragile, et la prudence est de mise.

L’année 2016 s’annonçait plutôt prometteuse. Tous les indicateurs conjoncturels étaient repassés dans le vert. Fin décembre, lors de la conférence « Bilan et perspectives du secteur », Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), n’hésitait pas à parler même de « reprise avérée », avec une activité en hausse de 1,9 %. Même la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), pourtant avare de sensationnalisme, qualifiait 2016 « d’année charnière ». « Elle a marqué le terme de quatre années de recul de l’activité dans l’artisanat, expliquait Patrick Liébus, son président. La reprise semble enfin là. » Et d’annoncer, chiffres à l’appui, une « progression du volume d’activité de l’ensemble des métiers de l’artisanat du bâtiment (sauf l’électricité), avec une croissance entre 1,5 et 2,5 % », d’une hausse des carnets de commandes (82 jours de travail, contre 72 un an auparavant) et du redressement de la trésorerie au quatrième trimestre.

Distorsion. Las, cela ne s’est pas concrétisé dans les chiffres d’affaires des négoces de la grande majorité des groupes, des groupements et des indépendants de ce Top 100, puisque le volume d’activité n’a que très peu progressé.

Résultat, malgré « un mieux », Robert Mourral, président de la Fédération nationale de la décoration (FND), qualifie l’exercice d’un « en demi-teinte ». Franck Bernigaud, son homologue de la Fédération du négoce de bois et matériaux de construction (FNBM), le juge « poussif » et « décevant malgré un bon premier semestre ». Jean-François Dubost, président de la Fédération française de la quincaillerie (FFQ), évoque, lui, un « retard à l’allumage ». La raison ? Pour Yves Martin-Delahaye, président du directoire de Gedex, « l’évolution des obtentions de permis de construire explique en partie la tendance observée sur le marché. En 2016, nous avons eu beaucoup plus de permis sur du collectif que sur la maison individuelle. Et le négoce est moins concerné par ce type de chantier ».

Le commerce associé en forme. Dans le détail, l’année s’est soldée par une croissance de 1,4 % pour le sanitaire-chauffage et de 1,3 % pour la décoration. L’activité a été étale pour l’électricité (0,01 %), la quincaillerie et les fournitures industrielles ont enregistré un « mieux ». Enfin, les négoces de bois et matériaux font état d’un recul de 1 à 2 %.

Il faut préciser, pour être tout à fait juste, que, dans ce contexte de croissance mollassonne, le commerce associé et coopératif a tiré, encore une fois, son épingle du jeu et ce, quel que soit le secteur métier. Certains groupements affichent même de très beaux bilans à périmètre constant. Ainsi M+, Matnor et Starmat ont enregistré une année solide avec des « progressions de 1 à 2,5 % », comme le soulignait François-Xavier Guilloux, président de Mat +, lors du deuxième salon Synermat en mars...

Vous lisez un article de la revue Negoce n° 434 du 13/09/2017
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X