Construction numérique AXE C

APPORTER DE LA CONFIANCE DANS LE NUMÉRIQUE

La généralisation de l’usage de la maquette numérique et du BIM passe par la promotion de format « Open » et par l’interopérabilité des logiciels métiers utilisés par les professionnels.

Dans cet objectif, le PTNB apporte un soutien majeur à la défense des positions françaises dans les instances de normalisation. En effet, pour que les professionnels de la construction puissent utiliser la maquette numérique en toute confiance et selon les spécificités de leur métier, il faut garantir la bonne qualité des données échangées.

Les modèles de données doivent alors être standardisés en mutualisant et stabilisant à l’échelle française, voire européenne, des formats neutres d’échanges.

Le format IFC (Industry Foundation Classes), norme ISO, reste à compléter pour couvrir l’ensemble des produits et équipements utilisés dans les projets et les représenter graphiquement. En parallèle, l’information sur les produits et les équipements doit s’appuyer sur une structure de données et un dictionnaire de propriétés normalisés pour permettre à la maquette numérique d’utiliser simplement les catalogues numériques des fabricants. Là encore, le PTNB joue pleinement son rôle et a permis le lancement du dictionnaire de propriétés et de la bibliothèque d’objets appelés à devenir la référence française de description d’un bâtiment dans une maquette numérique.

Enfin, apporter la confiance dans le numérique s’obtient en mettant à disposition des professionnels de nouveaux services à la fois simples d’utilisation et utilisant pleinement les potentialités du BIM, et susceptibles d’améliorer la conformité des bâtiments conçus et la qualité des ouvrages réalisés. Ainsi, le PTNB a initié une action structurante devant permettre au corpsus, abondant, de réglementations et règles techniques d’entrer pleinement dans la numérique en étant transposé en un ensemble de règles et d’algorithmes directement interfaçables avec la maquette numérique.

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FICHE ACTION - Stratégie de normalisation

Résumé

L’ambition du PTNB est d’identifier les travaux de normalisation en lien avec le BIM et de faire entendre la voix des acteurs français – principalement les petites structures – dans ces débats.

Les sujets sont multiples et touchent autant les échanges entre les hommes qu’entre les machines.

Enjeu

IFC, PPBIM, BCF sont des sigles qui commencent à prendre une consonance familière. Mais la normalisation qui permet un partage optimisé des informations et installe la confiance entre les acteurs, s’opère à des niveaux extrêmement variés.

Cette diversité rend difficile l’appréhension des enjeux et leur priorisation. Les questions qui se posent sont multiples. Comment traiter cette complexité ? Comment dégager un fil rouge de l’ensemble de ces travaux et définir une stratégie française cohérente ?

La participation aux travaux de normalisation dépend aussi de la capacité financière des acteurs (participation payante, frais de transports, temps de travail). Les coûts engendrés ne peuvent donc être assumés que par des acteurs à l’assise financière suffisante. Or le PTNB souhaite voir les petites structures s’investir dans ces sujets afin que leurs besoins et leurs contraintes soient pris en compte dans les travaux de normalisation.

Objectifs

L’action lancée par le PTNB et pour laquelle le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) a été missionné vise trois objectifs. Il s’agit d’abord d’identifier les travaux de normalisation en cours et de définir pour chacun d’eux la position des acteurs français avec la production d’une feuille de route. Une fois cette stratégie clairement établie, il faut suivre les travaux de normalisation et de pré-normalisation au niveau européen et international (CEN, ISO, Building Smart International, OGC,…). Enfin, le PTNB souhaite faire entendre la voix des petites structures grâce à un comité de coordination, où sont représentées les organisations professionnelles, qui valide les décisions.

Méthode

Une convention a été signée entre le ministère du Logement et de l’habitat durable et le CSTB le 25 mai 2016.

Le CSTB se voit investi d’une mission d’identification des travaux de normalisation et de pré-normalisation intéressant le BIM et d’élaboration d’une stratégie, en concertation avec les acteurs nationaux. Les instances impliquées dans cette définition de stratégie sont diverses. Le comité de coordination est constitué des principaux organismes représentatifs des acteurs français de l’acte de construire (État, maîtrise d’œuvre, maîtrise d’ouvrage, entreprises, industriels…). Enfin, l’Afnor et deux groupes d’experts participent respectivement aux travaux de normalisation et de pré-normalisation.

Résultats

Les travaux réalisés ont déjà permis d’identifier treize sujets de travaux de normalisation14 et pré-normalisation en lien avec le BIM et sur lesquels les acteurs français sont invités à se positionner. Pour en offrir une vision synthétique, quatre grandes familles de sujets sont définies :

1. Le BIM management ou le partage de l’information entre acteurs (Information Delivery Manual [IDM], BIM Execution Plan [BEP], norme ISO 19-650).

2. Le BIM modeling ou l’échange entre les machines (Industriel Foundation Classes [IFC], BIM Collaboration Format [BCF], Model View Definition [MVD]).

3. Le BIM Model avec les dictionnaires, les classifications et les objets BIM (norme expérimentale XP P07-150).

4. Les sujets transversaux, comme le conteneur de données (qui permet de livrer de façon structurée des informations hétérogènes), le Linked data (qui assure le lien entre tous les documents associés à un projet) ou le PLCS (Product life cycle support).

L’ensemble de ces normes et/ou standards constituera un BIM bâtiment qui devra être mis en lien dans son environnement (smart city, infrastructures de transports…).

Agenda

Une première version de la stratégie française de normalisation sera finalisée en mars 2017. Elle sera ensuite mise en œuvre par les acteurs concernés.

[ PERSPECTIVE

La stratégie développée par la France porte déjà ses fruits. Un certain nombre d’acteurs européens ont déjà eu l’occasion de dire combien ils étaient positivement étonnés de l’omniprésence française et de sa maîtrise sur l’ensemble de ces sujets de normalisation. Un gros effort à poursuivre. ]

14) Le travail de normalisation s’effectue à des niveaux multiples : des dictionnaires permettant de structurer les données relatives aux objets jusqu’au partage des données globales d’un projet entre acteurs ou l’intégration des données du bâtiment dans la ville. À chaque fois, pour bien partager, il faut respecter certaines exigences.

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FICHE ACTION - Dictionnaire de propriétés et bibliothèques de modèles d'objets BIM

Résumé

Les objets BIM15, avatars numériques des produits des industriels de la construction, sont utilisés par l’ensemble des acteurs, de la conception à l’exploitation. Pour permettre un partage pertinent des caractéristiques de ces produits, tout au long de la chaîne et pour toutes les familles de produits, l’action évoquée ici vise à créer et à développer un dictionnaire de propriétés et une bibliothèque de modèles d’objets génériques en mettant en œuvre la norme expérimentale XP P07-150.

Enjeu

Dans ce bâtiment virtuel qu’est une maquette numérique, les matériels et matériaux des industriels sont désormais des objets BIM. Qu’il soit générique ou qu’il soit l’avatar d’un produit réel proposé par un industriel, les données qui accompagnent la géométrie de l’objet BIM ne sont pas nécessairement toutes du même type, ni classées de la même façon. Les formats des logiciels de conception participent aussi à cette diversité. Mais il est alors difficile de s’assurer de la bonne transmission de ces données tout au long de la chaîne, de la conception à l’exploitation. Il n’est pas rare de devoir ressaisir à une étape des informations pourtant déjà intégrées une première fois. Outre une perte d’efficacité, le risque d’erreur est évident. Les différents acteurs se sont donc intéressés à créer des dictionnaires dans lesquels, pour chaque famille de produits, sont définis les propriétés à spécifier et leur mode de classement. Dans cette optique, la norme expérimentale XP P07-150 (connue aussi sous le nom de norme « PP BIM ») définit une méthode pour construire ces dictionnaires et valider les propriétés retenues pour chaque famille de produits afin que l’ensemble des acteurs de la chaîne de construction s’appuie sur un référentiel harmonisé. La création, sur cette base, d’une bibliothèque de modèles d’objets génériques sera une aide précieuse pour les concepteurs en phase amont.

Objectif

Cette action a débuté par la mise en œuvre, et donc la mise à l’épreuve, de la norme expérimentale XP P07-150 relative à la définition des propriétés des produits de construction et au processus d’élaboration d’un dictionnaire de propriétés. À l’expérimentation de la norme a été associée l’ébauche d’une bibliothèque de modèles d’objets génériques afin que les propriétés définies et validées dans le dictionnaire soient mises en relation avec des objets utilisables par les professionnels. L’objectif atteint de valider 300 propriétés et de créer 30 modèles d’objets génériques a suscité le lancement du développement informatique de la plate-forme logicielle de gestion du dictionnaire de propriétés et de la bibliothèque de modèles d’objets génériques, logiciel qui sera utilisé à long terme par les professionnels.

L’expérimentation reprendra ensuite dans une deuxième phase avec pour objectif, cette fois, de valider 1 700 propriétés et 170 modèles d’objets génériques supplémentaires.

Méthode

Dans la première phase de cette action, qui constituait un galop d’essai pour la norme XP P07-150, le dictionnaire de propriétés était alimenté grâce aux propositions des organisations professionnelles présentes au comité de pilotage « Propriétés et objets pour le BIM » (Copil PO BIM). Celles-ci étaient validées par les experts en réunions physiques.

La constitution de ce collège d’experts a permis d’expérimenter le processus de validation des propriétés par les experts et de faire ainsi remonter le retour d’expérimentation pour l’amélioration de la norme XP P07-150.

L’étape suivante, qui démarre en 2017 et vise à augmenter de façon significative le volume des propriétés et objets génériques, se décompose en deux sous actions complémentaires l’une de l’autre : la première consiste à développer le logiciel décrit dans la norme XP P07-150 permettant aux experts de valider les propriétés et modèles d’objets génériques en s’affranchissant des réunions physiques ; la seconde organise un recensement élargi des propriétés et modèles d’objets génériques qui viendront alimenter le logiciel lors de la 2e phase d’expérimentation de la norme.

Résultats

La première phase de cette action s’est achevée en octobre dernier. Elle a abouti à la validation de plus de 300 propriétés et à la création de 30 modèles d’objets génériques.

Au-delà, elle a permis de valider la pertinence de la norme expérimentale XP P07-150 et autorise désormais son déploiement à grande échelle.

Début 2017, les consultations sont en cours ou sur le point d’être lancées pour les prochaines étapes.

Agenda

La première phase d’expérimentation de la norme XP P07-150 a été lancée en avril 2016. En octobre de la même année, plus de 300 propriétés et 30 modèles d’objets génériques ont été validés. La consultation pour l’organisation du recensement élargi a débuté en décembre 2016, celle pour le développement de la plateforme logicielle sera lancée début 2017.

Le logiciel devrait ainsi être finalisé dans le courant du 2e semestre 2017. Commencera alors la phase de consolidation de l’expérimentation de la norme XP P07-150 pour atteindre finalement 2 000 propriétés et 200 modèles d’objets génériques générés à l’horizon décembre 2018.

[ PERSPECTIVE

Le logiciel développé pour permettre la collaboration des experts sans nécessité de présence devrait à moyen terme conduire à fluidifier la création et la validation des propriétés et groupes de propriétés des familles d’objets BIM. La mise à disposition de l’ensemble des acteurs du bâtiment, d’une bibliothèque d’objets génériques standardisés est un préalable indispensable à la généralisation du BIM. ]

15) Un objet BIM, se caractérise par une géométrie et un ensemble de caractéristiques techniques. Une organisation standardisée de toutes ces données doit permettre un meilleur partage de l’information tout au long de la chaîne, de la conception à l’exploitation.

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FICHE ACTION - Numérisation des règles

Résumé

L’usage élargi de la maquette numérique offre la possibilité d’automatiser la vérification du bon respect des contraintes réglementaires. Malheureusement ces règles sont, pour l’essentiel, exprimées sous formes textuelle et schématique. Il s’agit donc de les traduire dans un langage formel assimilable par des outils informatiques.

Enjeu

Réglementations, Eurocodes, DTU, méthodes de calcul, normes, instructions techniques… La liste des documents de référence qui s’imposent aux professionnels est très longue. Chacun y va de sa structure rédactionnelle, de son vocabulaire métier, de son champ d’application. Au cœur de ces documents d’une très grande diversité, les règles sont elles-mêmes décrites sous forme littérale (en langage naturel), de tableaux ou encore de schémas de principe. Des formes intelligibles pour l’expert, mais inexploitable informatiquement. La maquette numérique rassemble en UNE SEULE entité les solutions de conception dans une structuration en objets. Scruter cette maquette à l’aide d’outils logiciels pour en vérifier la qualité réglementaire, voilà une opportunité de gains de productivité tant dans la conception de l’ouvrage que dans le contrôle de sa conformité. Il reste cependant à traduire l’ensemble du, ou plutôt des corpus réglementaires sous une forme « codable » qui peut se concrétiser en un algorithme informatique.

Objectif

La mission confiée au CSTB consiste à concevoir et développer un démonstrateur. Il faudra montrer sa faisabilité et la possibilité de le mettre à disposition de l’ensemble des acteurs. L’autocontrôle des projets doit permettre à tous, et notamment aux TPE et PME (architectes, bureaux d’études, entreprises artisanales…), de vérifier le respect des exigences technicoréglementaires pendant les phases de conception et d’exécution. Moyennant un modèle économique pérenne encore à définir, ces outils pourraient être mis à disposition sur la plateforme collaborative TPE-PME, proposée par le PTNB, qui a été conçue pour accueillir de tels mécanismes de vérification.

Méthode

Au vu de l’ampleur de la tâche qui consisterait à traduire l’ensemble du corpus réglementaire, trois tâches sont confiées au CSTB. Il doit d’abord identifier quelques cas d’usage présentant un intérêt fort. Par exemple : une salle de spectacle communale devant respecter les règles d’accessibilité.

Il lui faut ensuite élaborer une méthodologie pour traduire les règles exprimées sous forme de textes, tableaux et schémas dans une expression formelle permettant leur traitement informatique. Une fois ces exigences correctement exprimées, il s’agira de les mettre en correspondance avec les éléments de la maquette numérique (propriétés et attributs des objets du modèle IFC).

Enfin, le CSTB doit développer et tester un démonstrateur, et émettre des préconisations pour généraliser son utilisation. Le choix des cas d’usage sera validé par un comité de suivi qui s’appuiera sur une cartographie des règles technicoréglemen-taires. Des experts de chacun des domaines retenus seront mobilisés. Ils seront assistés d’experts des technologies de l’information (en gestion des connaissances, sur les IFC et le BIM).

Résultats

L’action a été lancée en fin d’année 2016 et est prévue pour durer 18 mois. Parmi les livrables attendus, le CSTB devra fournir d’ici à juillet 2018 : une méthodologie détaillée de conceptualisation et transcription d’une règle ; une liste structurée des concepts extraits par cas d’usage retenu ; une base de règles au format « BIM compatible » ; un rapport sur le modèle économique adapté au besoin de la filière ; des maquettes numériques des bâtiments support de la phase de test ; un prototype informatique de superviseur et démonstration ; et enfin un rapport sur les enseignements et préconisations qui ressortent de ce travail.

Agenda

Le premier comité de pilotage a eu lieu en décembre 2016. La fin du projet est prévue en juillet 2018.

[ PERSPECTIVE

Cette action du plan pourrait préfigurer une transcription généralisée des règles de construction sous une forme numérique. Mais comme l’ajoute Souheil Soubra, directeur Technologies de l’information au CSTB : « Il y a un message subliminal à l’attention du législateur qui surgit avec ce travail de retranscription : “Fournissez-nous des réglementations faciles à exploiter. » » Numériser, ce sera bien. Simplifier, ce sera encore mieux. ]

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FICHE ACTION - Guide de recommandations à la maîtrise d'ouvrage

Résumé

Un groupe de travail animé par le secrétaire général de la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (MIQCP) a publié en septembre 2016 un guide expliquant aux maîtres d’ouvrage comment lancer et conduire une opération en mode BIM.

Enjeux

La transition numérique dans la construction doit pouvoir s’appuyer sur les maîtres d’ouvrage, acteurs essentiels puisqu’ils sont à l’origine du lancement des opérations. Ils peuvent y gagner des constructions de meilleure qualité, des délais et des coûts maîtrisés, ainsi qu’une base de données à jour des caractéristiques du bâtiment construit qui en facilitera l’exploitation et l’entretien.

C’est au maître d’ouvrage d’imposer la démarche BIM sur un projet. Mais comment formuler ses exigences sans entraver la liberté du choix des moyens de la maîtrise d’œuvre et des entreprises de travaux ?

Objectif

Le PTNB souhaitait d’abord mettre en évidence que le cadre réglementaire actuel, notamment la loi MOP sur la maîtrise d’ouvrage publique et son décret d’application sur les missions de maîtrise d’œuvre, sont compatibles avec l’approche collaborative BIM. Puis il s’agissait de rédiger des recommandations en s’appuyant sur les premiers retours d’expériences.

La Direction des lycées de la région Auvergne-Rhône-Alpes et Habitat 76 ont décidé de fonder leurs outils et méthodes sur la maquette numérique pour gérer une information riche et structurée. Leurs chartes maquette numérique et cahier des charges peuvent ainsi inspirer d’autres maîtres d’ouvrage. Un guide devait préciser les rôles, rémunérations et responsabilités des acteurs en matière d’usage de la maquette numérique et donner des éléments pratiques des actions à mener par le maître d’ouvrage.

Méthode

Dès février 2015, le PTNB a confié une mission à Christian Romon, secrétaire général de la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (MIQCP), afin d’élaborer un ensemble de recommandations spécifiquement dédiées à la maîtrise d’ouvrage.

Ce guide a été conçu en s’appuyant sur les réflexions et contributions d’un groupe de travail rassemblant tous les professionnels concernés. Rédigé en prenant en compte les contraintes spécifiques de la maîtrise d’ouvrage publique, il sera également utile aux maîtres d’ouvrage privés.

Résultats

Le guide, publié en septembre 2016 et téléchargeable sur le site Internet www.batiment-numérique.fr, montre que la démarche BIM ne remet pas en question le déroulement d’une opération de construction : la programmation, qui relève de la maîtrise d’ouvrage, est suivie d’une étape de conception architecturale et technique de la responsabilité de la maîtrise d’œuvre, puis de la construction menée par les entreprises.

De même, le BIM ne change pas le séquencement des études de conception tel qu’il est notamment défini par les textes de la loi MOP. On retrouvera les études d’esquisses, d’avant-projet sommaire (APS), d’avant-projet détaillé (APD), de projet et d’exécution. Cependant, le guide souligne que les phases amont de conception prennent plus d’importance avec l’introduction de la maquette numérique et que la répartition des honoraires de maîtrise d’œuvre devrait en tenir compte.

Le guide de recommandations prévient aussi que lorsqu’un maître d’ouvrage s’engage dans une démarche BIM, son organisation interne peut s’en trouver modifiée. En effet, il doit prendre en compte dès l’amont les conditions d’exploitation/maintenance des ouvrages construits et raisonner en coût global, ce qui peut le conduire à rapprocher ses services responsables de la construction et ceux en charge de la gestion, de l’exploitation et de la maintenance de l’ouvrage. Cette réorganisation touchera les services opérationnels mais également les services financiers, informatiques et toute la chaîne hiérarchique jusqu’aux décideurs.

Ce guide élaboré par Christian Romon et le groupe de travail décrit comment lancer et conduire une opération en mode BIM avec les autres acteurs de l’acte de construire. Tout commence par la charte BIM, un document générique élaboré par le maître d’ouvrage pour traduire sa politique en objectifs de qualité et de performances attendues. Elle recense notamment les exigences à satisfaire pour que le processus BIM des opérations puisse alimenter son processus exploitation maintenance BIM de son patrimoine. Lorsque le maître d’ouvrage dispose d’un outil de gestion technique de son patrimoine, la charte doit définir les objets ainsi que leurs caractéristiques pour qu’ils soient exportés dans le logiciel de gestion technique. La maquette numérique et le logiciel de gestion technique doivent donc être interopérables. Par ailleurs, si certaines données ne sont pas forcément nécessaires pour la construction, elles doivent être utilisées dans le cadre de la politique d’entretien exploitation maintenance du maître d’ouvrage, il faut donc formuler ces exigences dans la charte.

Le maître d’œuvre proposera dans le cadre de son offre une convention BIM en réponse à la charte BIM intégrée dans le dossier de consultation. Cette convention BIM est une pièce contractuelle des marchés de travaux. Elle décrit les modalités organisationnelles de la démarche BIM souhaitée par le maître d’ouvrage.

Le guide n’oublie pas d’évoquer les incidences financières et économiques d’une démarche BIM. Les gains sont potentiellement des gains de productivité et de qualité mais aussi des gains liés à la gestion et à l’exploitation du bâtiment.

Un glossaire maquette numérique/BIM complète le document et une annexe détaille les niveaux de définition de la maquette numérique exigés à chaque étape d’avancement du projet et du chantier, puis durant l’exploitation et jusqu’à la démolition.

Agenda

La mission a été confiée à la MIQCP en février 2015 et le guide publié en septembre 2016. Un club d’utilisateurs est lancé en mars 2017 afin de poursuivre les échanges entre maîtres d’ouvrage sur les retours d’expériences des projets réalisés en BIM.

[ PERSPECTIVE

Pour compléter ce guide, des travaux devraient être confiés à la MIQCP en 2017. Parmi les missions envisagées : l’élaboration d’une charte BIM, un cahier des charges d’opérations en BIM, l’analyse des adaptations nécessaires de la loi MOP, l’évolution des honoraires… ]

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FICHE ACTION - Guide méthodologique pour l'élaboration d'une convention BIM

Résumé

Élaborer une convention BIM ne s’improvise pas. Il est nécessaire d’en encadrer l’organisation et la rédaction en proposant des conventions types, plus facilement utilisables par les PME/TPE. C’est l’objet de ce nouveau guide dont l’élaboration est portée par le PTNB.

Enjeu

Le BIM est une méthode de travail basée sur la collaboration autour d’une maquette numérique. Chaque acteur de la construction crée, renseigne et utilise cette maquette et en tire les informations dont il a besoin pour son métier. En retour, il alimente cette base de données de nouvelles informations pour aboutir au final à un projet virtuel renseigné, représentatif de la construction, de ses caractéristiques géométriques et des propriétés de comportement.

Dès lors, entre ces acteurs, il est indispensable d’établir une convention qui formalise le contenu du BIM16 en fonction des activités de chaque partie. Il s’agit alors de fixer les règles du jeu et de définir l’attribution des rôles et les modalités d’intervention des différents acteurs.

Dans un souci de gain de temps et d’harmonisation des pratiques, il devient essentiel d’avoir un modèle type de protocole. Celui-ci doit être accompagné d’un guide pour aider les équipes de maîtrise d’œuvre à en définir le contenu. Il sera aussi utilisé en complément du guide de recommandations à destination de la maîtrise d’ouvrage, document réalisé dans le cadre du PTNB, avec le concours de la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (MIQCP).

Objectifs

Le but du guide est d’organiser le jeu des acteurs de la maîtrise d’œuvre pour qu’ils établissent et signent ensemble des conventions de projets organisés en mode BIM. Celles-ci doivent respecter l’état de la pratique du BIM en France. Les effets juridiques et le volet adhésion sont inhérents à cette convention par le fait qu’elle engage d’un commun accord ceux qui la reconnaissent en faisant partie des processus qui y sont décrits. L’objectif est donc de clarifier les missions de chacun des acteurs au sein d’un projet BIM afin de préciser les responsabilités spécifiques. Le rôle de chacun, la temporalité des actions et les droits d’accès ou de modifications pour chacun sont à préciser.

Méthode

Il existe déjà, dans le corpus technique français et dans la littérature, des préconisations pour rédiger des conventions BIM sur des opérations de construction. Elles sont amenées à évoluer pour être les plus complètes possible et accessibles à tous, y compris aux TPE/PME.

En effet, de nombreux aspects en constante évolution sont à prendre en compte, comme l’intégration d’éléments sur les niveaux de développements ou les propriétés des objets IFC, sujets encore peu traités dans la littérature existante. De son côté, Mediaconstruct a déjà entamé des travaux sur la rédaction d’un guide méthodologique pour l’établissement des conventions de projet en BIM. Le PTNB a soutenu Mediaconstruct et financé pour partie la finalisation de la première version de ce guide en 2016.

Mais aujourd’hui, il est nécessaire d’aller plus loin en harmonisant les pratiques avec un modèle de protocole ou de convention. Notamment à la lumière des actions et des expérimentations récentes riches d’enseignements. Voilà pourquoi, fin 2016, le PTNB a lancé ce nouvel appel d’offres visant la rédaction et la diffusion d’un guide méthodologique complet pour faciliter l’élaboration d’une convention BIM entre professionnels de la construction. C’est un ouvrage complet qui intégrera des éléments sur les niveaux de développements, les implications juridiques et assurantielles liées à l’utilisation de la maquette numérique, ainsi qu’un volet pratique de conventions types pour tous les types de constructions neuves (individuel, collectif, tertiaire, équipement public). Il sera utilisé en complément du « Guide de recommandations à destination de la maîtrise d’ouvrage », déjà publié par la MIQCP (Mission interministérielle pour la qualité des constructions) et le PTNB.

Résultats

L’appel d’offres est en cours de rédaction.

Agenda

Publication de l’appel d’offres à l’été 2017, puis sélection du prestataire à la rentrée 2017.

[ PERSPECTIVE

Le guide est évolutif. Sa mise à jour périodique est prévue pour tenir compte de l’évolution des objectifs des projets, du changement des exigences des acteurs, de la progression des technologies et des pratiques. Enfin, la mise en ligne d’un générateur de conventions est envisagée. Il prendra la forme d’un outil informatique en ligne avec les éléments à remplir et les questions adaptées à l’opération afin de créer un document sur mesure. ]

16) La démarche de rédaction d’une convention BIM suit une logique qui se détaille en plusieurs étapes successives. Partant de la définition du contexte, elles s’enchaînent pour aboutir à l’établissement du processus BIM puis la définition des infrastructures numériques.

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FICHE ACTION - Mission « Droit du numérique et bâtiment »

Résumé

Confidentialité, responsabilité, propriété… Un groupe de travail missionné par le PTNB et animé par juriste, a identifié les problématiques juridiques liées aux usages du numérique tant lors de la construction que pendant l’exploitation du bâtiment. Des recommandations en découlent.

Enjeux

L’usage de la maquette numérique et des outils digitaux soulève un certain nombre de questions d’ordre juridique relatives au droit d’auteur, au droit des données, à la responsabilité des acteurs ainsi qu’aux règles contractuelles. Par exemple : en cas d’erreur de conception, qui est responsable alors que tous les acteurs travaillent sur la même maquette numérique ? Ou comment protège-t-on une création architecturale ou une solution de conception innovante alors qu’une maquette numérique est duplicable à l’infini ?

Objectif

Le groupe de travail, présidé par l’avocat Xavier Pican, dresse un panorama des pratiques juridiques actuelles de la construction et en tire les conséquences sur les évolutions technologiques du secteur. Le rapport propose des évolutions pour sécuriser cette transition.

Méthode

Les rédacteurs du rapport ont recouru à trois sources d’information. En premier lieu, un groupe de travail d’une quinzaine de professionnels rattachés aux secteurs de l’immobilier et du numérique. Le président de ce groupe de travail a aussi organisé des réunions informelles avec différents acteurs du secteur de la construction et du numérique ne faisant pas partie du groupe de travail pour recueillir des informations et des témoignages pratiques. Enfin, une consultation en ligne sur le site du PTNB a permis d’augmenter le nombre de contributions reçues et de diversifier les contributeurs.

Les administrations intéressées, notamment la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), ont également été contactées et associées aux échanges de la mission.

Résultats

Le groupe de travail a publié un rapport sur les spécificités du droit du numérique appliqué aux deux phases de vie d’un bâtiment : d’abord lors de la construction et/ou la rénovation, phase amont, et au moment de l’habitation des bâtiments, phase aval.

En conclusion, il énonce douze propositions qui s’intéressent à la propriété, au mode de collaboration autour de la maquette numérique, à la standardisation des formats, à l’usage des données personnelles généré par le bâtiment, en particulier dans l’optique des usages en Smart City.

Agenda

Missionné le 16 septembre 2015, Xavier Pican et le groupe de travail ont publié leur rapport en janvier 2016.

[ PERSPECTIVE

Si les enjeux juridiques liés à la transition numérique semblent nombreux, la réglementation telle qu’elle est construite aujourd’hui offre l’essentiel des outils nécessaires tant à une saine collaboration entre les différents acteurs et qu’à la protection des données personnelles. La jurisprudence et les pratiques de contractualisation achèveront d’en dessiner les contours. ]

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FICHE ACTION - Appel à projets : chantier en BIM

Résumé

Accompagner les entreprises du bâtiment pour qu’elles utilisent le BIM et la maquette numérique sur chantier est devenu essentiel. Une action pour suivre plusieurs opérations pilotes est en cours, sous forme d’appel à projets.

Enjeu

Premier constat : le recours à la maquette numérique s’arrête trop souvent après les phases de programmation et de conception et n’arrive pas sur le chantier. Seconde observation : les entreprises du bâtiment, du second œuvre notamment, utilisent encore trop peu les outils du BIM.

C’est pour faire progresser cette idée d’utiliser les atouts du numérique en dehors des bureaux et sur les chantiers que le PTNB lance cette action afin d’en expérimenter « in vivo » la mise en œuvre.

Objectif

Pour comprendre les difficultés et lever les freins à l’usage du BIM par les entreprises de mise en œuvre, quoi de mieux que l’observation de chantiers réels. Le PTNB promeut alors l’expérimentation en participant à des opérations pilotes. But : examiner les conditions réelles de mise en œuvre de la maquette numérique et du BIM dans les relations interprofessionnelles d’un chantier en phase réelle.

Méthode

L’appel à projets de février 2017 vise à sélectionner des entreprises porteuses de projets et qui souhaitent mettre en place une politique BIM ambitieuse sur son chantier en France.

Plusieurs types d’opérations feront l’objet d’un suivi : des bâtiments de logement collectif réalisés par des maîtres d’ouvrage publics ou privés, des maisons individuelles, des équipements publics de collectivités ou des immeubles tertiaires privés.

Résultats

L’observation de chaque chantier sélectionné permettra de mesurer la faisabilité du BIM sur le terrain, et d’identifier les difficultés techniques telles que les problèmes d’interopérabilité des solutions logicielles utilisées par les différents acteurs. Les changements dans l’organisation du travail, la mise en place d’une nouvelle méthodologie collaborative et l’échange d’information seront aussi analysés, de même que les bénéfices et coûts générés par l’utilisation de la maquette numérique et du BIM sur le chantier.

Agenda

Le résultat de l’appel à projets lancé en février 2017 sera annoncé mi 2017 et les premiers résultats exploitables seront disponibles fin 2017.

[ PERSPECTIVE

L’expérimentation du BIM sur chantier débouchera sur des recommandations pratiques à destination de toutes les entreprises du bâtiment. ]

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