Enjeux

André Verdier, ingénieur ingénieux

Le BET structure héraultais, également présent à Paris, s’est illustré sur les ouvrages les plus emblématiques de Montpellier.

AMontpellier, c’est à lui que l’on fait généralement appel lorsqu’il s’agit de construire un équipement complexe. Soit pour calculer le projet de l’architecte, soit pour tracer les plans d’exécution pour le compte de l’entreprise, ou parfois même les deux. C’est ainsi qu’André Verdier, ingénieur structure spécialiste du béton armé, a associé son nom à la plupart des réalisations qui symbolisent la ville : le bâtiment Pierresvives de Zaha Hadid, l’hôtel de Ville de Jean Nouvel et François Fontès, « l’Immeuble qui pousse » d’Edouard François, le stade de rugby Yves-du-Manoir (désormais appelé Altrad Stadium), l’Arena, le musée Fabre, etc.

C’est lui encore qui a été chargé de concevoir la structure de l’Arbre blanc du Japonais Sou Fujimoto, une tour hérissée de balcons pouvant atteindre jusqu’à 7,50 m de porte-à-faux. Et comme d’habitude, André Verdier a trouvé une solution simple : « Au lieu de prolonger les planchers, nous avons conçu les balcons comme des étagères Ikea, tenues entre deux planchers grâce à des poteaux métalliques. » L’immeuble sort actuellement de terre, dans le quartier Port Marianne. « Lorsque j’ai vu les premières esquisses et que j’ai eu à composer l’équipe, j’ai dit : “ Je n’y vais que si c’est avec André Verdier ”, témoigne Cy-rill Meynadier (Opalia), l’un des promoteurs du projet. Lui seul était capable de traduire le projet de l’architecte tout en respectant mes contraintes financières. » Pour l’architecte Philippe Cer-vantes (A + Architecture) qui a réalisé avec lui l’Arena et le stade Yves-du-Manoir, « il est l’un de ces rares ingénieurs avec qui l’on peut concevoir à quatre mains. Il y a trop peu d’ingénieurs ingénieux », regrette-t-il.

« On ne fait pas un beau bâtiment sur un vilain squelette. » C’est pourtant le hasard qui a amené André Verdier à s’intéresser au béton. Sorti major de l’Insa Lyon et titulaire d’un doctorat en mécanique des fluides, il effectuait son service militaire à Montpellier lorsqu’il a croisé la route de deux ingénieurs en béton armé à la recherche d’un collaborateur. Associés pendant plusieurs années, les trois hommes ont ensuite créé chacun leur affaire, sans cesser de travailler ensemble. Le bureau d’études André Verdier, présent à Paris depuis une dizaine d’années, emploie aujourd’hui une vingtaine de collaborateurs, dont 40 % d’ingénieurs et réalise environ 4 millions d’euros de chiffre d’affaires. « Mon travail consiste à rationaliser et ordonner le projet de l’architecte, à trouver le principe qui permettra de faire des choses rationnelles, simples à construire, pas chères et belles, explique-t-il. On ne fait pas un beau bâtiment sur un vilain squelette. » A 70 ans, André Verdier songe moins que jamais à la retraite. Les projets s’accumulent, le cabinet s’étoffe. « J’ai beaucoup de mal à recruter des gens compétents, motivés et prêts à prendre des responsabilités », déplore-t-il. Lui ne cesse de travailler, samedi et dimanche compris. « Ce qui est pervers, admet-il, c’est que ça me plaît. »

4 M€ de CA

20 salariés

40 % d’études 1e conception

60 % d’études d’exécution

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