Architecture et urbanisme

AMENAGEMENT URBAIN Pays-Bas : un million de logements en chantier

Mots clés : Politique du logement - Qualité de l'eau, de l'air et du sol - Rénovation urbaine - Technique de construction

-L’Etat néerlandais urbanise mais la construction des logements est laissée au secteur privé.

En 1995, l’Etat hollandais a mis au point un programme de construction d’un million de logements sur dix ans, dont 650 000 dans l’Ouest du pays, où Amsterdam, Rotterdam, La Haye et Utrecht forment la région appelée la Randstad. Organisée en anneau autour d’un coeur vert où subsiste une activité agricole, c’est la région rurale la plus dense du monde. La moitié des Néerlandais y habitent et 9 millions y vivront au début du XXIe siècle, un nombre digne des plus grandes métropoles européennes.

En Hollande, deux tiers des logements actuels (soit 4 millions) ont été construits depuis cinquante ans, modifiant profondément l’apparence du pays. La nouvelle vague de construction s’explique par l’augmentation de la population (+ 0,7 % par an) et la nécessité de renouveler le parc jugé vétuste et inadapté à l’évolution sociologique. 20 % de logements construits sont subventionnés, toutes catégories confondues.

Dans la tradition de la construction de logements hollandais initiée par Berlage, l’Ecole d’Amsterdam, Oud ou Brinkman, admirée au niveau international, l’Etat a joué un rôle important, permettant à des architectes et urbanistes visionnaires de travailler en commun à l’élaboration des plans, à la politique des sols, et à l’industrialisation du bâtiment.

Volonté politique

Aujourd’hui l’Etat a voulu réglementer, en accord avec les pouvoirs départementaux et municipaux, l’implantation des zones de construction futures. Il prévoit d’investir 30 milliards de francs dans l’infrastructure, les transports public et le nettoyage des sols pollués. Le reste des investissements proviendra des pouvoirs locaux et du secteur privé, ce qui suscite un débat national. Contrairement au rôle de premier plan joué par l’Etat pendant la reconstruction, la nouvelle politique abandonne ses instruments de stimulation et de contrôle du marché. 65 % des commandes de logements passées aux architectes (1) viennent de promoteurs, 24 % d’associations de logements sociaux, 6 % d’investisseurs privés et 2,5 % sont des commandes publiques, Etat et pouvoirs locaux confondus.

Une volonté politique forte à l’échelle nationale semble pourtant nécessaire pour mener à bien cet immense chantier, avec des conséquences en termes d’environnement, de cadre de vie et d’infrastructure. La position centrale de la Randstad en Europe, entre Londres et la Ruhr, son pôle de transport axé autour du deuxième aéroport européen et du premier port mondial, la problématique de la densification de l’Ouest de la Hollande mériteraient une prise de position forte au niveau de l’Etat néerlandais, voire au niveau européen. En tout cas, il serait dommage de ne pas mobiliser tout le savoir-faire de planification et d’urbanisme pour réussir ce passionnant challenge.

(1) Les 1800 agences d’architecture néerlandaises (30 % sont des agences d’une personne) ont, en moyenne, 17 projets en cours d’étude ou de réalisation.

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