Annuel immobilier

Aménagement Le Grand Paris passe en mode action

Gouvernance, transports, développement urbain, création de la métropole, l’ambitieux projet aux multiples facettes commence à s’ancrer dans la réalité.

Le Grand Paris, c’est parti ! Les pièces du puzzle se mettent en place, esquissant les contours de l’ambitieux projet destiné à renforcer l’attractivité de la région capitale et à la conforter comme une métropole de rang mondial, tout en améliorant la vie des Franciliens. Le 15 octobre, lors du troisième comité interministériel consacré à ce dossier, Manuel Valls s’est félicité des premiers résultats. Qu’il s’agisse des transports, de la réforme institutionnelle, de l’aménagement urbain et de la production de logements, les trois piliers qui fondent le projet du Grand Paris, il reste beaucoup à faire, mais « les choses avancent », a-t-il déclaré.

C’est vrai dans le domaine des transports avec le lancement, début 2015, des travaux préparatoires sur la ligne 15 sud du Grand Paris Express, qui reliera Pont-de-Sèvres à Noisy-Champs à l’horizon 2022. « A terme, en quinze ans, 200 km de lignes seront construits, autant que toutes les lignes actuelles du métro parisien », a rappelé Manuel Valls, qui a évoqué les 140 km2, soit « l’équivalent de la superficie de Paris », à aménager autour des futures gares. Le processus est déjà enclenché avec la désignation des premiers opérateurs pour la réalisation de programmes immobiliers connexes à ces gares (voir ci-contre).

Deux ans pour définir l’intérêt métropolitain. Autre vaste chantier, celui de la gouvernance. La métropole du Grand Paris verra bien le jour le 1er janvier 2016, avec parallèlement l’achèvement de la carte intercommunale en grande couronne. Regroupant 131 communes, la MGP se compose de Paris et de 11 territoires (les établissements publics territoriaux ou EPT) d’au moins 300 000 habitants. La loi l’a dotée de quatre compétences, qui lui seront transférées de 2016 à 2018 (1). « L’outil que nous avons créé n’est peut-être pas à la hauteur de ce que nous avions imaginé mais il fallait trouver un consensus », souligne Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique. Aux élus de se l’approprier et d’inventer la métropole du Grand Paris. Les 209 membres du conseil de la métropole vont s’atteler à la définition de l’intérêt métropolitain. Si l’élaboration des documents stratégiques (SCOT, plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement…) relèvera de la compétence de la métropole, l’exercice des compétences opérationnelles (aménagement, restructuration urbaine, zones d’activités…) sera partagé avec les territoires. La définition de l’intérêt métropolitain déterminera la ligne de partage entre les projets pilotés par la métropole et ceux gérés par les EPT.

Création de six OIN. Troisième volet : le développement urbain et la production de logements. L’objectif reste celui inscrit dans la loi sur le Grand Paris : 70 000 logements par an (55 300 logements commencésentre juillet 2014 et juin 2015). Le rythme s’accélère avec plusieurs décisions concrètes prises lors du dernier comité interministériel relatives aux outils et procédures à mettre en place pour dynamiser la construction. La création de Grand Paris Aménagement par regroupement de l’Agence foncière et technique de la région parisienne (AFTRP) avec les EPA Plaine de France et Orly-Rungis-Seine-Amont est désormais actée et sera effective d’ici au 1er janvier 2017. But : gagner en efficacité. La même logique sous-tend la naissance, dès le 1er janvier 2016, du grand EPF (Etablissement public foncier) par fusion des quatre EPF franciliens existants. Le gouvernement a annoncé la création de six opérations d’intérêt national (OIN), dont les périmètres et les gouvernances établis en concertation avec les élus seront proposés au Conseil d’Etat début 2016. Ces six OIN figurent sur la liste de la quinzaine de territoires dits « d’intérêt national », à fort potentiel, qui bénéficieront du soutien de l’Etat pour faire émerger des projets d’aménagement ambitieux. Pour accompagner ces territoires, des contrats d’intérêt national (CIN), signés avec les partenaires concernés, détailleront gouvernances, procédures, outils de l’État et de ses opérateurs. Le gouvernement veut aller vite. Selon le Premier ministre, « ces CIN seront signés dans les six mois à venir ».

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Habitat Premiers programmes immobiliers aux abords des futures gares

En même temps que commencent les travaux préparatoires sur la ligne 15 sud du métro automatique, la Société du Grand Paris (SGP) désigne les premiers opérateurs pour la réalisation des programmes immobiliers connexes aux futures gares. Ces opérations verront le jour sur les parcelles acquises par la SGP pour la construction des ouvrages de transport.

Nexity va ainsi réaliser 320 logements étudiants et en accession et 6 000 m2 de bureaux (architectes : Michel Guthmann et 5 + 1AA) aux abords de la gare de Créteil-L’Echat (Val-de-Marne) et 400 autres à proximité de celle de Bagneux (Hauts-de-Seine), associé à Sodéarif, Imestia et D’Ici Là Paysage (architectes : Marc Mimram et Brenac & Gonzalez). Et, courant novembre, la SGP devrait désigner le lauréat de la consultation pour la création d’une centaine de logements sur la gare d’Issy RER (Hauts-de-Seine). Autant de projets qui devraient être livrés en même temps que les gares de la ligne 15 sud, à l’horizon 2022.

« Nous travaillons avec les acteurs locaux selon des schémas très différents, a récemment expliqué Benoît Labat, directeur de la valorisation et du patrimoine à la SGP, lors d’un colloque organisé par l’Observatoire régional du foncier. A Créteil, nous intervenons sur un foncier qui nous appartient, et, à la demande de la municipalité, nous aménagerons le site adjacent, propriété de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, où sont programmés environ 600 logements et des bureaux. A Bagneux, nous avons mutualisé nos terrains avec ceux de la SEM d’aménagement locale, la Semaba, car la gare s’inscrit au cœur d’une ZAC. » Au total, entre 2 000 et 3 000 logements devraient accompagner les gares de la ligne 15 sud.

(1) Au 1er janvier 2016, transfert des compétences de programmation environnementale et développement économique ; au 1er janvier 2017, transfert des compétences de planification aménagement et logement ; en 2018, transfert de compétences exercées par les communes (aménagement, environnement et habitat).

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