Territoires Rennes

Alvaro Siza signe la future église de Saint-Jacques-de-la-Lande

Mots clés : Établissements de culte, funéraire

La Bretagne n’avait plus bâti d’église depuis 1971. La première qui verra le jour au XXIe siècle, près de Rennes, ne sera pas faite de granit, mais d’un béton blanc immaculé. Le matériau de prédilection du grand maître qui l’a imaginée : l’architecte portugais Alvaro Siza. La maîtrise d’ouvrage, le diocèse de Rennes, a choisi d’implanter ce projet au cœur de la ZAC de la Morinais à Saint-Jacques-de-la-Lande. Visible depuis l’axe Rennes-Redon, l’édifice haut de 12 mètres trouvera sa place sur une petite parcelle de 400 m2 très contrainte, au cœur d’un îlot urbain. Si le chantier démarre tout juste, la génèse du projet remonte à quelques années déjà. En 2009, l’architecte Jean-Pierre Pranlas-Descours (qui fût le maître d’œuvre de la ZAC de Saint-Jacques) présente les intentions du projet à Alvaro Siza. A savoir : bâtir un édifice sacré certes, mais également un lieu modulable et ouvert sur la vie du quartier. Cette ébauche de programme crée l’étincelle. L’architecte portugais, aujourd’hui âgé de 82 ans, se met aussitôt à dessiner. « On commence toujours un tel projet avec la peur au ventre ! Nous avons tant de siècles d’églises merveilleuses, déclarait-il lors de sa venue à Rennes à l’occasion de la pose de la première pierre. Cependant, la liturgie a considérablement changé et, de fait, la conception de l’espace historique de l’église aussi. »

Un édifice pour plusieurs générations.

La commission diocésaine approuve le projet dès les premières esquisses. « L’édifice était là avec toutes ses lignes de force », se souvient l’archevêque de Rennes, Mgr Pierre d’Ornellas. « Le programme prévoyait une église et un centre paroissial. Pour que les deux espaces respirent bien, il y avait une solution : développer le projet sur deux étages ! » C’est précisément ce que Siza a proposé : « Au rez-de-chaussée, cet espace flexible, multifonctionnel a été pensé pour évoluer vers des usages futurs. Il faut rompre avec cette idée qu’un bâtiment est celui d’une seule génération. » L’architecte a opté pour un plan centré plutôt que basilical, en référence aux premiers lieux de culte chrétiens. Les célébrations se dérouleront donc dans une « chambre haute » circulaire (jauge de 120 personnes). Enchâssé entre quatre volumes en élévation, ce noyau cylindrique de l’église repose sur le socle rectangulaire du rez-de-chaussée. Il sera dominé par une coupole en référence à la basilique du Saint-Sépulcre de Jérusalem. L’accès à l’église se fera par un escalier principal et un ascenseur, respectivement logés dans les deux hauts volumes qui encadrent l’entrée principale. Dessiné par Siza lui-même, un campanile se dressera sur le parvis pavé de granit.

L’autre singularité du projet réside dans le traitement indirect de la lumière. En effet, ce bâtiment décrit par Siza comme « compact et sensible » ne comporte aucune ouverture apparente en façade. « La lumière naturelle sera principalement apportée par un dispositif particulier, zénithal, au sommet de la coupole, décrit l’architecte. Il ne faut pas avoir peur de la pénombre pour entrer la lumière. »

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