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Agglomération de bâle Le défi tertiaire des quartiers français

Mots clés : Architecte - Architecture - Collectivités locales - Energie renouvelable - Transport aérien

Richard Rogers et Herzog & De Meuron conçoivent un pôle tertiaire évalué à 720 millions d’euros d’investissement : il serait implanté à l’est de l’aéroport de Bâle-Mulhouse.

Un feu vert ou rouge s’allumera d’ici au 31 décembre 2010. Emanation du conseil général du Haut-Rhin, de la Ville de Saint-Louis et de la communauté de communes des Trois frontières (CC3F), le syndicat mixte du Technoport, propriétaire de 70 ha proches de l’aéroport de Bâle-Mulhouse, a fixé cette échéance, lors de sa délibération du 25 juin, pour l’aboutissement des négociations autour de deux projets : un centre commercial porté par Unibail-Rodamco et un golf couplé avec un centre d’affaires, sous maîtrise d’ouvrage de l’investisseur suisse Daniel Weber.

Inverser les flux commerciaux

Assistée par l’agence de développement et d’urbanisme du Haut-Rhin, la CC3F a désigné ces deux maîtres d’ouvrage à l’issue d’un appel à projets lancé en juin 2007. Le cahier des charges découle d’une étude d’urbanisme réalisée en 2002 par Herzog & De Meuron pour l’agglomération trinationale de Bâle.

Signés par Richard Rogers, les 75 000 m2 du centre commercial et les 15 000 m2 du centre de magasins de marques ont focalisé l’attention de l’opinion publique : les élus de Saint-Louis et l’association des commerçants de la ville ont exprimé dans la rue leur crainte d’une évasion de la clientèle des enseignes locales. Les élus bâlois ont également manifesté leur opposition.

« Les surfaces annoncées par Unibail-Rodamco n’atteignent pas celles des trois projets commerciaux de l’agglomération, programmés pour 2009 et 2010 à Bâle et Weil-am-Rhein. Si nous ne répondions pas, le commerce local s’en trouverait encore plus perturbé », rétorque Jean-Paul Schirmann, directeur des services de la CC3F. Selon lui, une inversion des flux commerciaux frontaliers se justifie d’autant plus que, face aux potentiels des composantes allemande et suisse de l’agglomération dans l’industrie et les biotechnologies, la partie française ne peut guère jouer que la carte tertiaire.

Accompagné par le bureau d’études Charré Conseil et le paysagiste Michel Desvigne, Richard Rogers promet une réalisation exemplaire sur le plan énergétique, marquée notamment par l’exploitation de l’effet Venturi, les toitures végétalisées, les verrières photovoltaïques et une pompe à chaleur.

Golf : des gravières à l’oasis

Moins médiatisés que le centre commercial, le golf de 18 trous et le centre d’affaires signés par Herzog & De Meuron et Kurt Rossknecht (spécialiste des golfs) se justifient par les mêmes arguments et ne suscitent pas d’oppositions : le syndicat mixte du Technoport en a approuvé le principe à l’unanimité. Présenté comme « une oasis de verdure » sur 55 ha, le golf donnera une vocation et une image attrayantes aux gravières désaffectées sur un site ingrat, en bordure d’autoroute. Les huit phases portent sur un total de 89 000 ou 115 000 m2, selon la confirmation ou l’abandon du projet autoroutier appelé bretelle de Merkt, qui relierait l’aéroport à l’Allemagne.

Herzog & De Meuron concrétiseraient dans cette opération vingt ans de réflexions et d’études sur l’urbanisme transfrontalier, au moment où l’Eurodistrict trinational de Bâle prépare dix ans de manifestations internationales d’architecture, sous l’enseigne IBA Basel 2020.

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La desserte française du tramway se joue à Berne

Contre l’avis des élus locaux, Berne opte pour une prolongation du tramway de Bâle par le centre-ville de Saint-Louis. Pour plaider en faveur de l’autre tracé qui desservirait les quartiers à construire ou à réaménager entre la frontière et l’aéroport, les élus bâlois et français de l’agglomération ont rencontré les services du gouvernement confédéral début juin.

La réponse du gouvernement et du Parlement, attendue d’ici à la fin de l’année, s’accompagnerait d’une manne conséquente : si les travaux démarraient avant le 31 décembre 2014, la Confédération financerait 40 % de l’investissement évalué à 80 millions de francs suisses pour le tracé privilégié par les élus locaux, et étudié par Transamo pour le compte de la communauté de communes des Trois frontières (CC3F). Encore faudra-t-il que les Français parviennent à convaincre de leur capacité à mener à bien les aménagements qui apporteront sa clientèle au tramway : le pôle tertiaire du Technoport d’une part, mais aussi le futur quartier de la Croisée-des-Lys, dont la réalisation suppose une volonté conjointe des communes de Hésingue et de Saint-Louis, éternelles rivales au sein de la CC3F.

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