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Actis, l’irréductible trublion de l’isolation

Pour diversifier son offre, le fabricant invente l’isolant alvéolaire et tourne le dos aux anciennes polémiques.

En 2016, les clients d’Actis passeront à l’isolation modulaire. Le fabricant repositionne ses isolants minces réfléchissants (IMR). Au cœur de la gamme, la nouveauté maison : l’isolant alvéolaire Hybris. Commercialisé depuis 2013 sous forme de rouleaux en Grande-Bretagne, Hybris est proposé en France en panneaux. Aujourd’hui spécialisé dans l’isolation intérieure, Actis, 200 salariés et 60 millions d’euros de chiffre d’affaires environ, prépare d’ores et déjà l’adaptation à l’isolation thermique par l’extérieur.

Diversification.

Cette ouverture, Actis la cherchait depuis 2007. A cette date, le P-DG Laurent Thierry comprend que l’entreprise qu’il a reprise en 2003, spécialiste de l’IMR en toiture, doit se diversifier en créant un isolant rigide pour les murs. Car l’IMR fait l’objet d’une polémique qui vire au conflit ouvert avec le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) autour de la certification. Une affaire toujours pas classée… S’appuyant sur un outil industriel renforcé – le site de production historique à Limoux (Aude) et celui qu’il a bâti à La Bastide-de-Bousignac (Ariège) -, Actis suit deux pistes. En 2007 démarre l’industrialisation de Sylvactis, une gamme d’isolants en fibres de bois commercialisée jusqu’à fin 2014. Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Dans le même temps, le fabricant cherche à utiliser les matériaux maison, mousses et films polyéthylène métallisés, pour concevoir un isolant nouveau. « Il nous a fallu concevoir tout l’outil industriel pour développer un produit qui n’existait pas », explique Laurent Thierry. Après plusieurs essais, Hybris voit le jour. Rétractable dans sa largeur, ce produit présente une résistance mécanique élevée dans le sens de la longueur. Idéal pour les chantiers sur lesquels les professionnels déploient l’isolant comme un accordéon. Les premières références, notamment la transformation en logements d’un ancien bâtiment de La Poste à Saint-Flour (Cantal), confirment l’attrait de ce produit qui offre le même positionnement prix qu’une laine de verre, à performances thermiques équivalentes.

Productivité.

« L’appareil productif actuel nous permet de générer 8 à 10 millions d’euros de chiffre d’affaires avec Hybris », précise Laurent Thierry. Soit une petite part des 90 millions de m² que représente le marché de l’isolation auquel Hybris peut répondre, certifications à l’appui (notamment le précieux certificat Acermi). Le P-DG prépare déjà le coup d’après. De nouvelles machines sont à l’étude pour doper la productivité. Le service R & D, auquel Actis consacre 5 % de ses revenus, redouble d’efforts pour améliorer les performances thermiques, acoustiques et incendie du produit. Une arme massive qu’Actis compte déployer en France et à l’international. Absente du marché allemand depuis plusieurs années, l’entreprise entend y revenir. De quoi consolider ses positions en Europe et étudier toutes les opportunités qu’offre le vaste monde.

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L'état major d'Actis

Laurent Thierry, P-DG ; Robert Menras, directeur administratif et financier ; Maxime Duran, directeur recherche & développement.

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