Architecture Technique 1/6

A Versailles, l’ancien hôpital royal est rendu à la vie civile

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Établissements de soins

Le monument dépérissait depuis le départ des services hospitaliers en 1997. Le site de Richaud s’est ouvert sur la ville et abrite désormais des logements.

Pour l’architecte Jean-Michel Wilmotte, la réhabilitation de l’ancien hôpital royal de Versailles (Yvelines), a tout du «roman ». Tous les éléments d’une épopée étaient réunis : abandon, flammes, sauveurs providentiels… Sans oublier une belle fin. En avril dernier, tous les protagonistes de l’aventure se sont réunis pour inaugurer le site de Richaud, restauré, réaménagé et voué à une nouvelle vie, plus urbaine. Construit à partir de 1781 sous la direction de l’architecte Charles-François Darnaudin, l’édifice avait été conçu comme un grand « H », sa chapelle centrale séparant l’aile des hommes de celle des femmes. Puis, classé en 1980, l’édifice a perdu toute fonction hospitalière en 1997. Quelques années plus tard, l’Etat a jeté son dévolu sur le bâtiment, dans le but d’y installer la cour d’appel de Versailles… «Jusqu’à ce qu’en 2007, cette idée soit abandonnée, rappelle le maire François de Mazières. Seulement, entre-temps, les lieux étaient tombés en ruines ». Squatté, trois fois incendié, le monument était en pitoyable état «alors qu’il se trouve au cœur même de la ville. Son sauvetage était devenu une priorité de mon programme pour les municipales », poursuit l’élu.

Encore fallait-il trouver preneur pour ce site d’environ deux hectares. L’architecte Jean-Michel Wilmotte, en visitant l’ancien hôpital, glissa alors à l’édile : « j’ai peut-être un investisseur ». Contacté, l’homme d’affaires Norbert Dentressangle s’est lancé : tandis que la société Dentressangle Initiatives acquérait le site pour huit millions d’euros TTC, sa filiale, le promoteur Ogic, menait l’opération qui devait surtout permettre d’aménager 317 logements dans le monument et dans des immeubles neufs construits sur ses flancs. Dentressangle avait même acheté sans conditions suspensives, alors même que le site n’était à l’époque pas réglementairement destiné à l’habitat.

« Meilleure option ».

Sous la houlette de Wilmotte & Associés, de l’architecte en chef des Monuments historiques, Frédéric Didier, et de son agence 2BDM, le chantier a été lancé en 2011. Le monument a été déshabillé de ses ajouts disgracieux et des appartements de standing y ont été créés, ainsi qu’une crèche municipale et des bureaux. « L’option était bien meilleure que la transformation en cour d’appel », estime Frédéric Didier, soulignant que l’institution judiciaire aurait davantage bouleversé les murs historiques. Quant aux nouveaux édifices voisins, destinés au commerce et à l’habitat, notamment social, ils observent un classicisme ordinaire et prudent. « Nous sommes en secteur sauvegardé », rappelle Christian Oudart, chef de projet chez Wilmotte & Associés. Autrefois clos de toutes parts, l’ancien hôpital royal s’est en effet ouvert à la ville. La création de mails et l’ouverture au public des jardins et de la chapelle en ont fait un nouveau quartier versaillais.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Dentressangle Initiatives. Maîtrise d’ouvrage déléguée : Ogic. Maîtrise d’œuvre : Wilmotte & Associés, architecte ; 2BDM, architecte en chef des Monuments historiques ; Neveux Rouyer, paysagistes ; Elan et Artelia, maîtrise d’œuvre d’exécution. BET : Scyna 4 (structure), Setu (VRD), AVLS et MMS (acoustique), MBE et Prelem (fluides et thermique), Fugro (sol), DAL (économiste). Bureau de contrôle : Batiplus. Superficie : 2 ha environ. Coût total travaux : 57 millions d’euros HT. Entreprises : Eiffage construction et Outarex.

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