Enjeux

À Toulouse, la modélisation en 3D dessine le métro

Mots clés : Géotechnique - Logiciels - Outils d'aide - Transport collectif urbain

Le logiciel BIM in one click permet à Systra de concevoir les infrastructures dans leur environnement géotechnique.

C ‘est ce qu’on appelle une démographie galopante. Chaque année, Toulouse et son agglomération attirent près de 15 000 nouveaux habitants. Une croissance qui génère de nouveaux besoins de déplacements. « Nous anticipons une augmentation de 500 000 déplacements par jour d’ici à dix ans, d’où la nécessité de réaliser une troisième ligne de métro », expose Vincent Georjon, directeur général adjoint du syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération de Toulouse (SMTC Tisséo). Le réseau de transports collectifs accueille à ce jour 200 000 voyageurs quotidiens.

Cette troisième ligne reliera la ville de Colomiers au nord/ ouest à celle de Labège au sud/est. Les études de ce futur trait d’union de 28 km de long, baptisé Toulouse Aerospace Express (TAE) sont en cours. Pour modéliser son cheminement et l’adapter aux contextes géologique et urbain, Systra, la société d’ingénierie spécialisée dans les infrastructures ferroviaires, a utilisé son outil « BIM in one click ».

Cette application a été mise au point à partir du logiciel Civil 3D d’Autodesk, pour modéliser avec précision et rapidité les infrastructures linéaires de type ponts, viaducs ou tunnels. Elle permet de définir, à partir de la numérisation de l’existant, le tracé de l’infrastructure, puis de concevoir les sections par type d’ouvrage : tunnel, piles de ponts… Et enfin de créer un modèle en fonction du tracé, des niveaux de référence du sol, etc. « BIM in one click crée surtout une base de données pour enrichir le modèle 3D à l’instar du building information modeling pour le bâtiment », précise Sylvie Cassan, responsable du développement et du déploiement du BIM chez Systra.

Le système permet de concevoir automatiquement un ouvrage linéaire en 3D sur plusieurs kilomètres avec un très grand niveau de détails. La bibliothèque des objets s’enrichira au fil de la conception.

L’application modélise un ouvrage linéaire sur plusieurs kilomètres avec un haut niveau de détails.

Calcul des temps de parcours des piétons. A Toulouse, la modélisation détaillée en 3D a permis de caler les futures gares par rapport aux ouvrages annexes (puits de ventilation et réseaux), mais aussi par rapport aux stations existantes, pour les correspondances avec cinq gares ferroviaires : les deux terminus, ainsi que les gares de La Vache, Matabiau-Marengo et Montaudran. « Ainsi, plusieurs solutions liées à la position, l’orientation et l’altimétrie des stations en interconnexion avec certains arrêts ont pu être proposées très tôt, souligne Matthieu Pochat, chef de projet chez Systra. A partir de cette approche tridimensionnelle, nous avons pu évaluer les différentes configurations en tenant compte des temps de parcours piétons d’un quai à l’autre. » Une approche qui tranche radicalement avec les visualisations en 2D.

Les travaux doivent débuter à la fin 2019. Mais déjà, Sylvie Cassan l’assure : « Grâce à la convergence entre les systèmes d’information géographique et les données relatives aux caractéristiques géotechniques des sols, nous serons capables de suivre l’avancée du tunnelier, de connaître la quantité de terre excavée quotidiennement et même la nature des déblais. »

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