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A quoi servent les plates-formes d’objets BIM ?

Mots clés : Logiciels - Outils d'aide

Si les concepteurs n’utilisent pas encore les objets BIM pour les calculs techniques, les industriels s’y préparent déjà.

Elles s’appellent BIM Object, Polantis ou BIM & Co (filiale de Traceparts). Ces plates-formes Web proposaient déjà le téléchargement gratuit d’un catalogue de fichiers « composants de construction » à intégrer dans un projet architectural en 2D ou 3D classique. Depuis quelques années, elles étendent ce service à la maquette numérique de type BIM (Building information modeling) au format IFC (Industry foundation classes). Service qu’elles proposent généralement, associé à une prestation de configuration informatique des données, aux industriels du bâtiment. Dans leurs catalogues se trouvent déjà des centaines d’objets IFC, comme par exemple les étanchéités de toiture Siplast, les bétons isolants de Lafarge, des revêtements de façade F4 Isover et Placo opérés par Saint-Gobain, ou encore des modules Progress 2 d’Algeco. Les fichiers intègrent aussi bien le graphisme des éléments, pour aider au dessin, que leurs caractéristiques techniques et comportementales, pour marquer les produits et renseigner les calculs. Tous les architectes, bureaux d’études ou entrepreneurs peuvent alors les intégrer dans leurs projets BIM, dès la phase de l’avant-projet sommaire (APS), et surtout lors de l’avant-projet définitif (APD) pour préparer l’exécution du chantier. Les nombreux téléchargements revendiqués par les plates-formes tendent à le prouver.

Mais, dans la pratique, l’interopérabilité entre les logiciels de CAO/BIM n’est pas encore une réalité, comme en témoignent des tests réalisés par la Smart Building Alliance (SBA). Comme les objets IFC sont généralement spécifiques à un logiciel BIM, les plates-formes les proposent donc en plusieurs versions, majoritairement sous Revit (Autodesk) sinon ArchiCAD (Nemetschek/Graphisoft) ou Allplan (Nemetschek), plus rarement SolidWorks (Dassault Systèmes). S’agissant des leaders de la CAO, ce n’est donc pas un problème pour de nombreux utilisateurs.
Reste alors à savoir si, pour un industriel, proposer ses produits en téléchargement sur une plate-forme garantira leur prescription sur le chantier. « Pas sûr, estime Laurent Ortas, responsable nouvelles technologies de la prescription chez Saint-Gobain Habitat France. Il s’agit en fait d’une action marketing pour faire savoir que l’on fait du BIM ; car l’usage des objets IFC reste encore uniquement graphique. » Cela s’explique par le fait qu’un composant du bâtiment est rarement mis en œuvre seul, il fait partie d’un ouvrage. Une fenêtre, par exemple, est l’addition de plusieurs produits : un châssis et du verre au minimum. Les caractéristiques isolantes de l’ensemble varieront alors selon qu’on utilise un objet IFC avec un vitrage de marque sur une fenêtre standard ou l’inverse. Enfin, rien ne garantit que l’information soit récupérée et validée par le bureau d’études pour ses calculs ou par l’entreprise de pose. De même, pour figurer un mur de structure isolé thermiquement par l’extérieur, le BIM oblige le concepteur à détailler la composition du mur en deux objets murs, un pour la face extérieure et un pour la paroi intérieure. Or ce n’est pas dans les habitudes de dessin du concepteur qui risque alors de devenir un simple manipulateur de pièces de jeu de construction. La plupart d’entre eux le reconnaissent alors : aujourd’hui, seul le graphisme générique des objets IFC les intéresse. Voilà pourquoi, sur BIM Object ou Polantis, les éléments les plus téléchargés sont des produits complets ou finis, comme du mobilier ou des équipements, pour les utiliser en représentation, non en prescription.

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