Architecture Technique Cinéma

A Paris, pleins feux sur les Fauvettes

Mots clés : Manifestations culturelles

Derrière de nouvelles façades éclatantes, l’ex-Gaumont Gobelins propose un accueil plus lumineux et convivial.

Le Gaumont Gobelins «était moche». Le verdict a été asséné par Jérôme Seydoux en personne, sur le site web du magazine « Le Film français ». Et celui qui, jusqu’à récemment encore, présidait les Cinémas Pathé-Gaumont, persistait : le petit établissement du XIIIe arrondissement «ne marchait pas. Cela suffit pour fermer un cinéma». D’ailleurs, il a baissé le rideau ; pour mieux rouvrir en novembre dernier. Entre-temps, il avait retrouvé son nom historique, les Fauvettes ; changé sa programmation, dédiée désormais aux films mythiques en copies restaurées ; surtout, ses espaces avaient été transformés pour devenir plus accueillants, plus confortables et moins impersonnels.

Les Cinémas Pathé-Gaumont ont en effet entrepris de rénover plusieurs de leurs adresses parisiennes vieillissantes, mais sans recourir aux incontournables codes maison. Au contraire, il a été fait le choix de les doter d’une identité – et donc d’une architecture – propres. Alors qu’à Alésia (XIVe) et Convention (XVe), les chantiers menés par Manuelle Gautrand et Jean-Pierre Buffi/AIA Associés s’achèvent cette année, la transformation des Gobelins a ainsi été opérée par l’agence Loci Anima, de l’architecte Françoise Raynaud.

Réels lieux d’accueil.

En vingt mois de chantier, 1 722 m² de surfaces de plancher ont été restructurés. Les travaux ont alors permis de créer de réels lieux d’accueil : un salon, un bar, et un hall baigné de lumière naturelle. Une verrière coiffe aujourd’hui le cœur de l’établissement, et un micro-jardin japonais forme également un puits de lumière, que le dispositif de l’ascenseur ne camoufle pas : sa cabine est transparente, juchée dans une structure en bois. « Il n’était plus question de s’engouffrer dans un couloir aveugle et sombre pour accéder aux salles, souligne Françoise Raynaud. A présent, l’endroit invite à s’attarder pour boire un verre et discuter des films qu’on vient y voir ». Pour des raisons évidentes, les 646 fauteuils rouges ont été répartis dans cinq salles de projection qui sont bel et bien obscures, et aménagées pour offrir le meilleur confort de visionnage.

Toutefois, le grand spectacle n’est pas réservé qu’à leur écran. Il s’affiche aussi en façade. Aux deux entrées des Fauvettes, des murs de LED ont été installés ; le dispositif ainsi créé avec l’artiste Miguel Chevalier diffuse des images en lien avec la programmation. « Ce ne sont pas juste des écrans, précise Françoise Raynaud. Nous avons créé une modénature qui fait que, même éteintes, ces surfaces restent dynamiques. » Quand elles ne flamboient pas, elles sont d’un noir sculptural.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Cinémas Pathé-Gaumont. Maîtrise d’œuvre : Loci Anima, architecte ; Jacques Grange, décorateur ; Miguel Chevalier, artiste ; D’ici là, paysagiste. BET : Getrap (maîtrise d’œuvre exécution), Khephren (structure), Bollinger + Grohmann (façades, charpente bois), Peutz (acoustique). Principales Entreprises : LBC (gros œuvre), Solairlux (façades, charpente bois), Batimob (menuiserie), Métalbat (serrurerie et agencement). Coût travaux : 6,5 M€ HT.

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