Edito

À la française

La location de matériels de chantier prend, en France, une forme particulière. Elle est dominée par deux géants, Loxam et Kiloutou, qui eux-mêmes font face à des majors de la construction comme Vinci, Bouygues ou Eiffage. Au pied de ces montagnes, une myriade de petits loueurs indépendants travaillent avec une clientèle locale de PME familiales, voire artisanales. Observant la structure de ce marché, certains prédisent son évolution « à l’anglaise » : un modèle où 90 % des matériels sont loués, avec ou sans chauffeur. Las ! Nos entreprises de construction nationales ont certes recours à la location, mais elles continuent également d’acheter certains de leurs matériels. La répartition tourne autour de 50 % pour l’un, et de 50 % pour l’autre. Et elle n’a pas beaucoup évolué depuis quinze ans. D’autres futurologues imaginent une fusion de la vente et de la location sous de grands enseignes uniques, argumentant que c’est le cas en Allemagne, un pays où loueurs et distributeurs ne font qu’un. Mais les loueurs français n’ont aucune envie d’ouvrir des comptoirs de vente, et les distributeurs ne pratiquent la location qu’à la marge. Chez nous, les deux métiers restent distincts. Alors, si la France, au lieu de prendre le Royaume-Uni, l’Allemagne ou d’autres pays comme modèles, acceptait sa spécificité et constatait que cela ne fonctionne finalement pas si mal pour elle ! L’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs, et la location « à la française » vaut bien celle de ses voisins.

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