Territoires Bordeaux Métropole

A la conquête de la rive droite

Mots clés : Transport ferroviaire - Urbanisme - aménagement urbain

A quelques mois de l’arrivée de la LGV, qui mettra Bordeaux à 2 h 04 de Paris, les acteurs locaux accélèrent le mouvement de métropolisation. Un urbanisme négocié, inventif, à cheval sur les deux rives de la Garonne.

Près de cinquante ans après la création de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB, en 1968), la Métropole née le 1er janvier 2015 est devenue, au fil des ans, un territoire de projets foisonnants où vivent désormais 750 000 habitants, au sein d’une aire urbaine qui compte plus d’un million d’habitants. Ce qui la place au quatrième rang des métropoles régionales, derrière Lyon, Marseille et Lille.

A l’expansion continue d’une rive gauche où se situent les trois plus grandes villes de Gironde – Bordeaux, Mérignac et Pessac – répond depuis quelques années, et désormais de manière visible, le fort potentiel de développement urbain de la rive droite. Situés entre coteaux et Garonne, les anciens terrains industriels et portuaires, les quartiers souvent populaires de Bastide-Benauge, Cenon, Floirac et leurs berges font l’objet d’une mutation accélérée. Ce nouveau territoire d’expérimentation d’un aménagement négocié, issu d’une réflexion urbaine à très grande échelle, détonne souvent par rapport à l’urbanisme planifié des ZAC traditionnelles. Pas étonnant que quelques grands noms de l’urbanisme y aient pris leurs quartiers : Youssef Tohmé à Brazza, Michel Desvigne le long des quais, Winy Maas (MVRDV) à Bastide-Niel, TVK sur Garonne-Eiffel, au sud du pont de pierre, et plus récemment Mathis Güller (GGAU) dans le secteur du Belvédère. Certains y sont venus par Agora, la biennale incontournable d’architecture et d’urbanisme, qui offre à la ville un miroir sur elle-même et l’ailleurs. Les thématiques de « Métropoles millionnaires » (Djamel Klouche, commissaire d’Agora 2010), de « Patrimoines » (Marc Barani, 2012) ou prochainement « Paysages », (Bas Smets, 2017) irriguent la pensée urbaine bordelaise.

Une ville devenue « désirable ».

Encore faut-il se doter d’outils adéquats pour redessiner une métropole encore asymétrique, parfois peu compréhensible. D’où la création d’une opération d’intérêt national (738 ha), dotée de son établissement public Bordeaux Euratlantique (créé en 2009), qui fait émerger un nouveau territoire métropolitain à cheval sur deux rives. « Le temps de la rive droite est venu », déclarait Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de la Métropole, en inaugurant la nouvelle salle de spectacles Bordeaux Métropole Arena, le 11 avril dernier. Depuis cinq ans, la ville centre a profondément changé, notamment avec les nouveaux quartiers nord – les Bassins à flot (opération coordonnée par Nicolas Michelin) et l’écoquartier Ginko (Christian Devillers et Olivier Brochet pour Bouygues Immobilier) – et la livraison du stade Matmut-Atlantique (Herzog & de Meuron).

Ce travail urbain appelle certaines critiques, sur la surenchère architecturale, sur la qualité de construction, et surtout sur le prix des nouveaux logements, très majoritairement acquis par des investisseurs. Alain Juppé, très conscient de ces critiques, qu’il a souvent lui-même formulées, entend fixer des limites (lire l’interview p. 30) : fixer un prix d’objectif abordable pour le programme des 50 000 logements à 2 500 euros/m2, évaluer la qualité de l’écoquartier et des nouvelles constructions, coordonner les opérations de la rive droite, sous la houlette de l’urbaniste Bruno Fortier. La ville, devenue « désirable », attractive dans la compétition européenne, se fabrique désormais autrement, en faisant participer bailleurs sociaux et habitants à la conception des logements, en menant des concertations très en amont avec les riverains pour modeler le projet du futur pont Jean-Jacques-Bosc réfléchir à l’avenir de l’ancien stade Chaban-Delmas. Si le modèle d’urbanisme négocié des Bassins à flot n’est pas transférable partout, la participation devient le maître mot des années à venir. Tous les acteurs s’y emploient, certains avec plus d’ardeur que d’autres.

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ENCADRE

Bordeaux Métropole en chiffres

750 000 habitants

Bordeaux (244 000 habitants), Pessac (61 000 habitants) et Mérignac (68 000 habitants) sont les trois pôles les plus peuplés de l’aire urbaine, qui compte 1 158 000 habitants.

28 communes
300 000 emplois
1 807 ha classés à l’Unesco

L’inscription de la moitié de la ville au patrimoine de l’humanité, en 2007, en fait le plus grand secteur urbain classé en France.

55 000 ha pour la nature

C’est l’objectif du programme de revalorisation des espaces naturels métropolitains lancé en 2012. Actuellement, la Métropole compte 38 000 hectares d’espaces naturels.

463,5 M€ d’investissements

Soit + 28,5 % par rapport à 2015, sur un budget primitif 2016 de 1,491 milliard d’euros.

50 000 logements autour des axes de transport

Programme confié à cinq équipes d’urbanistes, dont les premières opérations, menées par la SPL La Fab, sortent cette année.

9 211 logements commencés

en 2014, soit 35 % de la construction en Gironde.

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