Architecture Equipements publics

A l’école de la réconciliation

Mots clés : Education - Sport

Le nouveau campus scolaire et sportif de Clamart permet de relier deux quartiers qui s’ignoraient.

Les pavillons coquets du Petit-Clamart et la cité de logements sociaux Trivaux-La Garenne n’entretenaient que des relations distantes. D’autant qu’entre ces deux quartiers de Clamart, dans les Hauts-de-Seine, l’institution scolaire s’était jusqu’ici inter posée. Deux écoles maternelles et deux élémentaires occupaient un vaste terrain dont le périmètre, clos, marquait une limite franche. Mais leurs bâtiments, réalisés dans les années 1960, avaient largement fait leur temps et la municipalité a donc saisi l’occasion de leur nécessaire démolition « pour réconcilier les deux territoires », explique Gaëtan Le Penhuel, l’architecte lauréat en 2011 du concours lancé pour reconstruire et, mieux encore, recomposer le campus.

« Les élus de la précédente mandature avaient notamment souhaité qu’un seul grand bâtiment réunisse tous les établissements pour que les populations des différents secteurs puissent mieux s’y rencontrer. » Ce programme d’équipements publics, qui supposait aussi la création d’un complexe sportif, « relevait donc avant tout du projet urbain », constate l’architecte.

De vastes espaces rendus au public. Sur cette emprise en trapèze, les différentes tâches sont désormais clairement réparties : au nord-est, les deux groupes scolaires ont emménagé dès janvier 2016 dans un édifice de 7 764 m2 (SU) ; sur la frange sud-ouest, l’équipement sportif de 5 069 m2 (SU) a, lui, été livré au printemps dernier. Quant au reste de l’espace, il a été rendu à la ville. Un jardin sans clôture, dont le paysage conçu par ATSL joue l’équilibre entre le minéral et le végétal, est désormais ouvert à tous. Le site est enfin traversé en ligne droite par une confortable allée piétonne. Nouvelle liaison entre la zone pavillonnaire et la cité Trivaux-La Garenne, cette voie permet aussi un accès plus commode aux différents systèmes de transport en commun et, en particulier, à la ligne T6 du tramway qui sillonne la commune depuis la fin 2014. Le nouveau campus a aussi le mérite de ne tourner le dos à aucun des riverains. Parce qu’il fallait offrir la même qualité esthétique de toutes parts, les nouveaux bâtiments n’ont pas de côtés pauvres ni d’arrières moins soignés. Et puisque du haut des immeubles de logements sociaux les habitants ont une vue plongeante sur le site, « nous avons également beaucoup travaillé la cinquième façade », assure Gaétan Morales, chef de projet à l’agence Gaëtan Le Penhuel & Associés. Une large partie du rez-de-chaussée des écoles s’abrite ainsi sous une grande toiture jardin. La zone est inaccessible mais, outre ses vertus en matière d’isolation thermique et de rétention des eaux pluviales, elle offre un panorama champêtre aux riverains ainsi qu’aux enfants qui ont classe à l’étage supérieur.

La plus simple expression des usages. Le complexe sportif est, pour sa part, présenté comme un « bâtiment-paysage ». Les terrains de tennis, le dojo et le gymnase sont drapés dans une grande enveloppe métallique blanche, une nappe mouvante qui se prolonge jusqu’au sol et qui peut, selon Gaëtan Le Penhuel, évoquer « une colline enneigée ». L’altitude variable de cette toiture réalisée en profilés d’aluminium à joint debout n’est pas qu’un effet de style, elle est l’expression directe des fonctions internes du bâtiment. « Nous avons jeté cette couverture au plus près des volumes de jeux, explique Gaétan Morales. Par exemple, au-dessus des courts de tennis, la toiture suit la trajectoire du lobe et l’envergure du dojo lui permet d’être un équipement de niveau régional. » Pour mettre en forme ces successions de courbes et contre-courbes, une charpente en lamibois à plis croisés a été mise en œuvre. Cette structure quadrillée crée un cadre très spectaculaire à l’intérieur des salles de sport. Pour mener à bien cette opération complexe, Gaëtan Le Penhuel a pu compter sur « un bon ingénieur ; le groupe Van Santen (VS-A) a en effet rendu les choses possibles ».

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Clamart. Maîtrise d’œuvre : Gaëtan Le Penhuel & Associés (architectes) ; BET : VS-A (enveloppes et structure centre sportif), Facéa (structure et fluides), ATSL (paysage), RFR Eléments (HQE), General Acoustics (acoustique). Principales entreprises : Léon Grosse (gros œuvre, clos-couvert, lots techniques), Poulingue (charpente et enveloppe centre sportif), Watelet TP (aménagements extérieurs). Surface totale : 13 979 m2 SP. Coût des travaux : 30,7 M€ HT. Livraisons : groupes scolaires : décembre 2015 ; centre sportif : avril 2016.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X