Territoires Haute-Normandie

A Evreux, le théâtre Legendre va s’offrir un nouvel Opus

Mots clés : Manifestations culturelles - Salles d'audition, de conférences, de réunion, spectacles ou à usages multiples

Cela fera bientôt dix ans que le théâtre Legendre d’Evreux a fermé ses portes pour cause de vétusté. Une décennie durant laquelle cet édifice, construit en 1903 dans le style Beaux-Arts et inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques, a fait l’objet de plusieurs projets de restauration, interrompus par des surcoûts liés à une nature des sols difficiles. Les Ebroïciens finissaient donc par se demander s’ils reverraient un jour des comédiens monter sur ses planches. Ce devrait être chose faite à la fin de l’année 2017. En choisissant Bruno Decaris (Opus 5 Architectes) comme mandataire – avec le scénographe Luc Perrier, le BET Batiserf, l’ingénieriste Icegem et l’acousticien Impédance – pour conduire une opération de réhabilitation-extension, la Ville d’Evreux, maître d’ouvrage, semble en effet bien décidée à accompagner ce projet jusqu’à son terme, et ce dans les plus brefs délais.

Bruno Decaris est bien connu dans la préfecture de l’Eure pour y avoir restauré, en tant qu’architecte en chef des Monuments historiques, la cathédrale Notre-Dame et le beffroi de la tour de l’Horloge, à la suite des graves dégâts engendrés par la tempête du 26 décembre 1999. Son agence intervient, cette fois, dans le cadre d’un marché négocié lancé en 2013. « Nous avons d’abord proposé une méthodologie reprenant l’ensemble de l’opération, puis in fine ce projet de réhabilitation-extension en ajustant son prix au plus serré », rapporte le maître d’œuvre.

Béton ondulé.

Le dessin d’Opus 5 vient répondre à plusieurs questions à la fois : rendre à cette salle de 400 places son état initial, doubler son arrière-scène afin de permettre de nouvelles circulations, recréer une entrée facile d’accès, enfin donner corps à un espace public intéressant mais qui offre aujourd’hui trop de vide. Le théâtre Legendre a, en effet, la particularité de composer avec la mairie qui le jouxte un ensemble urbain de qualité au sein d’un centre-ville martyrisé durant la seconde guerre mondiale. Sa façade sud, elle, fait face à la bibliothèque de Paul Chemetov. « Il n’était pas question de prendre le pas sur celle-ci », explique Bruno Decaris, qui a donc opté pour une extension « comme un tiroir » avec, dans le prolongement d’un grand hall d’accueil ouvert et transparent, un drapé en béton dont l’ondulation évoquera le rideau de scène et la blancheur renverra de la lumière sur l’équipement voisin.

L’architecte a volontairement choisi un matériau « un peu absent », en contrepoint à un environnement « déjà très bavard ». Le nouveau bâtiment, qui sera habillé de panneaux préfabriqués de 14 m de haut suspendus, abritera les fonctions annexes du théâtre. Par son geste, Bruno Decaris a l’ambition de faire émerger « une sorte de forum des arts ».
Les appels d’offres devraient être lancés cet hiver pour un démarrage du chantier au printemps 2016. Le montant des travaux s’élève à 6,86 millions d’euros HT mais, au final, il en aura coûté le double au contribuable.

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