Architecture Technique Chauffage collectif

A chacun sa facture

Mots clés : Chauffage - froid - Gestion immobilière

Dans les copropriétés, les frais devront être établis selon la consommation réelle.

L’individualisation des frais de chauffage est une nouvelle préoccupation des copropriétés équipées d’un chauffage collectif. En effet, depuis février, la loi de transition énergétique impose aux syndics d’inscrire la question à l’ordre du jour de l’assemblée générale. Ce premier pas sera suivi d’une obligation d’installation de compteurs, dont les modalités seront décrites dans les mois à venir par un décret en Conseil d’Etat. Ainsi, chaque logement verra sa facture établie selon ses consommations réelles. Les pouvoirs publics justifient ces exigences par de potentielles économies d’énergie, de l’ordre de 15 à 30 %. Les immeubles où les occupants ne peuvent pas régler leurs radiateurs devraient être exemptés.

Deux technologies possibles.

Cette évolution réglementaire introduit un nouveau métier dans le monde de l’immobilier : celui de gestionnaire de frais de chauffage. Des entreprises, telles qu’Engie, Ista, Proxiserve ou encore Suez, proposent, moyennant finance, de se charger de l’intégralité de cette tâche, depuis la pose des appareils jusqu’au calcul des factures. L’infrastructure de comptage varie selon l’architecture du réseau de chauffage. L’outil le plus précis reste le compteur d’énergie thermique. Cet instrument mesure les températures à l’entrée et à la sortie de la boucle, ainsi que le débit d’eau. A partir de ces données, il peut calculer la quantité de chaleur dispersée dans l’appartement. Toutefois, il ne s’installe que dans des logements équipés d’une boucle d’eau individuelle. Dans les autres configurations, une autre technique existe. Un répartiteur bi-sonde est fixé sur chaque radiateur. Ce boîtier enregistre l’évolution dans le temps de l’écart entre les températures de la pièce et de la surface de l’émetteur. Il peut ainsi estimer la consommation de l’équipement. « L’installation nécessite en général une journée. L’accès aux logements demeure l’étape la plus ardue », précise Pascal Lesimple, directeur des méthodes d’Ecometering, filiale d’Engie.

Tous ces compteurs possèdent un module d’émission radio. La copropriété devra opter au minimum pour un relevé annuel. Un technicien muni d’un récepteur radio recueille alors les chiffres à distance sans entrer dans les logements. Les constructeurs ont prévu les tentatives de fraude. « Les plaques de fixation des répartiteurs comportent un verrouillage en plastique. L’occupant doit le casser pour retirer le boîtier. Cette action déclenche un message d’alarme », explique Pascal Lesimple. Le Syndicat de la mesure, représentant les sociétés du secteur, avance un coût d’environ 48 euros par an pour un appartement de 70 m². Les propriétaires pourront aussi choisir le télérelevé associé à un portail de suivi des consommations. Il faudra alors ajouter dans les cages d’escalier des nœuds de communication, qui captent les signaux des répartiteurs, puis les transmettent à un modem en pied d’immeuble. Ce dernier envoie le tout par le réseau filaire ou le réseau de téléphonie mobile aux serveurs du gestionnaire.

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