Architecture Technique Espace public

A Bordeaux, Saint-Michel réhabilité

Mots clés : Établissements de culte, funéraire

Autour de la basilique, l’aménagement, achevé en 2015, permet d’unifier plusieurs rues et places. Un projet dessiné avec soin par l’agence Obras.

Le quartier Saint-Michel, à Bordeaux (Gironde), est un puzzle bizarroïde, dont la basilique et sa flèche indépendante – haute de 114 m – forment les deux pièces majeures. Quant à l’espace public, il se décline en pas moins de quatre places distinctes. Une composition hétéroclite, pour un lieu populaire où les terrasses sont nombreuses et où les brocantes et les marchés se succèdent à rythme soutenu. Au point que son aménagement, « qui datait des années 1980, était usé, rincé même, raconte Fabien Robert, le maire-adjoint en charge de la culture et du patrimoine. De plus, l’espace était délimité par un boudin de pierre très décrié. » Lors d’un précédent mandat, l’élu a eu la charge de suivre le chantier « du plus vaste espace public rénové d’un seul tenant ». Autour de l’édifice religieux, 2,5 ha ont été transformés depuis 2013. Mais l’agence Obras, désignée lauréate du concours en 2010, a mené cette opération de manière si soigneuse et unitaire que ce nouvel aménagement, inauguré en octobre dernier, en est quasi imperceptible.

Grande coulée noire.

« Le principe est qu’en effet, on ne voit rien, reconnaît l’architecte et urbaniste Frédéric Bonnet, cofondateur d’Obras, avec Marc Bigarnet. Mais il faut beaucoup de travail pour parvenir à un tel résultat. » Le projet a permis d’éliminer les aspérités, dont le détesté « boudin », et de donner à l’espace la plus grande souplesse d’utilisation possible. Un revêtement noir unique a été posé sur l’ensemble des places et des rues. Il est constitué de pavés de 14 cm d’épaisseur en pierre de Calatorao, extraite en Espagne.

Cette étendue a ainsi pris l’allure d’une grande coulée noire et fluide qui descend le coteau depuis le marché des Capucins et longe les trottoirs traités en cale bordelaise –  traditionnel pavé de terre cuite beige. Elle cerne la flèche de la basilique et vient lécher son parvis – réalisé, lui, en pierre calcaire blanche – ou l’espace coloré de jeux pour enfants, pour déboucher à proximité des quais de la Garonne. « Pour un espace aussi minéral, nous avons privilégié une couleur sombre. Une pierre claire aurait moins bien résisté à l’usure et, au soleil, la réflexion aurait été trop importante. Enfin, l’espace public contraste ainsi avec le bâti », explique Frédéric Bonnet, lauréat du Grand prix de l’urbanisme 2014. Et avec la fameuse blondeur de la « ville de pierre ».
Sur ce nouveau sol, la finesse du quadrillage qu’Obras a tracé n’est guère plus évidente à percevoir. Le calepin du pavé résulte en effet du croisement entre les lignes du coteau sur lequel il a été posé et les perpendiculaires tirées à partir du tissu parcellaire du quartier. « De cette manière, nous avons pu donner un dessin simple à cette forme complexe. Et cela crée un guidage intuitif. Par exemple, le marché a été réorganisé pour être calé sur ces lignes. Son implantation répond désormais à une logique géographique, assure Frédéric Bonnet. Ce plan n’est pas qu’une vue de l’esprit. »

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Bordeaux. Maîtrise d’œuvre : Obras architectes, mandataire. BET : Horizons paysages (paysagiste), Icon (lumière). Coût travaux : 12 M€ HT. Principales entreprises : Atlantic route/CMR/Fayat (terrassement, VRD), Colas Sud-Ouest/Sud-Ouest Pavage (fourniture et pose pierres), GHM/Eclatec (mâts d’éclairage), Proville (mobilier urbain), Bernard Pagès/Fonderies Dechaumont (fontes de voirie). Coût travaux : 12 M€ HT.

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