Enjeux

A Bordeaux, l’évolution de Darwin contrariée

Mots clés : Urbanisme - aménagement urbain

Quand l’expérimentation urbaine doit composer avec l’aménagement d’une ZAC, les relations peuvent se tendre.

Depuis son installation sur la rive droite de Bordeaux en 2010, Darwin étend son emprise. Et son influence. Dans cette caserne militaire réhabilitée se côtoient créateurs de start-up, touristes, lycéens, skateurs, migrants accueillis dans le village d’accueil d’urgence. .. Darwin est un ovni créé par le groupe Evolution, qui défend une utopie collective selon laquelle « la ville doit apprendre à se construire et à vivre autrement », comme l’explique Aurélien Gaucherand, directeur de la vie associative au sein d’Evolution. Une philosophie en porte-à-faux avec le projet d’aménagement de la ZAC Bastide Niel, créée en juillet 2009 et au sein de laquelle l’écosystème est installé.

Valeur sociale. En 2011, Evolution développait son concept de mixité entre entreprise et cultures urbaines et signait une autorisation d’occupation temporaire (AOT) avec Bordeaux Métropole, portant sur un hangar de 2 700 m2 qui abritera un skate-park. Il développait également une zone d’agriculture urbaine expérimentale et annexait un hangar voisin – sans AOT – pour y accueillir des associations (une quarantaine, dont Emmaüs), parfois envoyées par la mairie. « Ces espaces en transition permettent de répondre à des besoins », estime Aurélien Gaucherand. En 2015, il obtient une AOT sur les deux hangars, renouvelée en 2016. Ces espaces attirent 15 000 usagers par semaine.

« Avec ce foncier, nous avons réalisé une mission d’intérêt général. »

Leur interlocuteur est alors la SAS d’aménagement Bastide Niel (Bordeaux Métropole Aménagement, Domofrance et Aquitanis) avec qui Evolution doit conclure un contrat de prêt à usage jusqu’à fin 2017-début 2018. Mais les parties ne s’entendent pas et Evolution refuse de signer. En début d’année, « Bastide Niel nous a demandé de partir, relate Aurélien Gaucherand. On s’y attendait, mais pas si rapidement ! » Il dénonce le double discours des aménageurs et met en avant sa conception de l’aménagement. « La valeur sociale créée sur le site a des répercussions économiques et attire des entreprises. Même les promoteurs vantent la proximité de Darwin. Nous avons mené une mission d’intérêt général », assène-t-il. Une position que partage, en partie, la métropole.

Un avenir à négocier. « Le foncier manque à Bordeaux et, dans l’intérêt collectif, il est intelligent de proposer des occupations temporaires, reconnaît Elizabeth Touton, chargée de la stratégie foncière à Bordeaux métropole. Mais on n’empêche pas un projet urbain de se faire. » Le responsable d’Evolution s’interroge : « Pourquoi ne peut-on pas être inclus dans la ZAC ? On parle de 5 000 m2 sur 35 hectares. ..» Si cette solution n’est pas d’actualité, des ponts se sont néanmoins créés : une autorisation pour le skate-park jusqu’en 2020 est en négociation, la relocalisation des associations au sein de l’opération de Domofrance est à l’étude, et la zone d’agriculture urbaine expérimentale pourrait être intégrée à la ZAC. « Ce qui fonctionne mérite d’être conservé », tranche Elizabeth Touton.

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