Enjeux

A+ Architecture ou la dynamique collective

Mots clés : Architecture

La plus grosse agence montpelliéraine s’emploie à élargir son territoire.

Elle a récemment pris pied à Toulouse et se voit à Paris.

L’agence A+ Architecture a inauguré à Montpellier, le 21 octobre, un siège qui lui ressemble : un volume unique, sobre et transparent, composé de six demi-plateaux. Les associés y travaillent autour d’une même table. Car l’histoire d’A+ est d’abord celle d’une bande de copains. Philippe Bonon, Philippe Cervantes et Gilles Gal se sont associés à la fin des années 1980, avec Denis Bedeau, décédé depuis. A cette époque, la Ville de Montpellier se proclame « surdouée ». A+ épouse alors le mouvement impulsé par le maire, Georges Frêche. « Nous n’avions pas de tactique mais un féroce appétit, se souvient Philippe Bonon. Montpellier nous offrait à ce moment-là la chance d’affronter des architectes nationaux. » La jeune agence s’étoffe, agrège des compétences complémentaires : coordination, économie de la construction, BET fluides. Et appose progressivement sa griffe dans le paysage local : l’extension du stade de la Mosson au nord, le stade de rugby Yves-du-Manoir à l’ouest, l’Arena au sud, plus récemment le théâtre Jean-Claude-Carrière (récompensé par le Grand Prix national du bois 2014) ou encore le Liner, un immeuble de bureaux dont la haute silhouette finement ciselée se détache sur l’horizon côté littoral. Tous les projets sont conçus à trois. « Il y a trente ans que nous vivons ensemble. Nous avons réglé les problèmes d’ego entre nous. Nous avons les mêmes goûts et une culture totalement commune », commente Philippe Cervantes. « Notre point fort, c’est notre capacité de production, souligne Gilles Gal. Nous sommes capables de travailler avec énormément d’énergie et beaucoup d’acharnement. »

Un nouvel associé et de grands projets. Avec 85 salariés et 7 millions d’euros de chiffre d’affaires, A+ est aujourd’hui la première agence montpelliéraine et l’une des 10 plus grosses agences françaises hors Paris. Après des années de croissance régulière, elle a pourtant failli trébucher. Début 2014, le nouveau maire de Montpellier et président de la métropole, Philippe Saurel, stoppe deux gros projets engagés par ses prédécesseurs : la construction de la Cité du corps humain, dont A+ est attributaire aux côtés du Danois Bjarke Ingels, et la reconfiguration du stade de la Mosson. « Nous aurions dû vivre deux années formidables, nous avons subi deux années désastreuses », commente Philippe Bonon.

Echaudée, l’agence décide d’élargir son territoire. En 2015, A+ prend pied à Toulouse, en intégrant l’Atelier Christophe Aubailly. Ce dernier devient le cinquième associé de l’agence, après Issis Raman, ex-directrice administrative et financière devenue directrice associée en janvier 2015. Fort de cette première expérience, A+ ne s’interdit pas de planter son enseigne dans d’autres villes. A Paris, par exemple. Autre développement possible : l’agence songe à intégrer en son sein un bureau d’études structure. « Nous serions alors capables d’assumer des projets de A à Z, souligne Philippe Cervantes. Nous y gagnerions en réactivité et en cohérence. »

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ENCADRE

7,1 M€

7,1 M€ de CA en 2015, réalisé à 71 % dans le privé et 29 % dans le public 85 salariés, dont 30 architectes 2 sites : Montpellier et Toulouse

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