Architecture Technique Travaux souterrains

540 m² d’étanchéité projetés dans une station du RER parisien

Mots clés : Etanchéité - Transport collectif urbain - Travaux publics

Cette solution innovante, à base d’éthylène-acétate de vinyle, est une alternative prometteuse aux procédés traditionnels.

Afin de préserver son patrimoine et d’améliorer le confort des usagers, la RATP effectue régulièrement des travaux d’étanchéité aux points les plus sensibles de son réseau. Le chantier de rénovation entrepris à la station Saint-Michel – Notre-Dame, sur la ligne B du RER parisien, en est une illustration. Débuté en juin dernier, il consiste à appliquer des enduits d’imperméabilisation dans certains couloirs, pour traiter les infiltrations qui affectent occasionnellement cette station. « La gare Saint-Michel présente la particularité d’être située juste sous la Seine. Les infiltrations gravitaires y sont de fait relativement importantes. Or ces dernières, malgré un entretien courant, ont entraîné au fil du temps des fissurations et le décollement de certains enduits, réalisés il y a une trentaine d’années, que nous avons dû purger jusqu’à 12 cm d’épaisseur pour atteindre la maçonnerie saine », explique Martin Friant, ingénieur à la RATP. En tout, 60 m3 de gravats ont été générés par la démolition des anciens enduits.

Pour traiter l’ensemble des 540 m² concernés par ces phénomènes de dégradation (sur les voûtes et les piédroits des tunnels), la RATP a opté pour une solution innovante, mise en œuvre par l’entreprise Fondations Travaux spéciaux Bâtiment : un système sandwich monolithique, le MasterSeal 345 de BASF, appliqué par projection sur les parois des tunnels. Adaptée aux ouvrages souterrains présentant des géométries complexes, cette alternative aux procédés traditionnels (avec membrane PVC) est à base d’éthylène‑acétate de vinyle (une résine élastomère), qui lui confère son caractère filmogène. Adhérant sur ses deux faces, ce composé est solidaire du support et colle aux bétons de soutènement et de revêtement. Suivant une méthodologie spécifique, élaborée sous la forme d’un cahier technique par BASF, les équipes sur place ont d’abord reprofilé les supports à l’aide d’un mortier de réparation. Des scellements ont ensuite été effectués avec une colle adaptée pour la pose des treillis soudés. Des drains ont également été installés pour les points singuliers. S’est ensuivie la projection, par voie humide, du MasterSeal 345 sur une épaisseur de 6 mm, soit trois très fines couches successives.

Avis d’expert de l’Aftes.

Suivant les préconisations du cahier technique, une couche de mortier complète le complexe d’étanchéité. « Une fois le complexe réalisé, nous avons mis en œuvre un béton fibré synthétique, sur une épaisseur d’au moins 3 cm, une garantie face aux risques d’incendie et aux phénomènes de microfissuration », indique Laurent David, directeur technique de Fondations Travaux spéciaux Bâtiment.
Aujourd’hui, seules six entreprises ont été agréées par BASF pour mettre en œuvre le MasterSeal 345 en France. Ce dernier a récemment obtenu un avis d’expert de l’Association française des tunnels et de l’espace souterrain (Aftes). Une opportunité, pour l’industriel allemand et sa filiale française, de voir le produit se généraliser.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre : RATP. Entreprise de travaux : Fondations Travaux spéciaux Bâtiment. Industriel concepteur : BASF France Division Construction Chemicals. Durée du chantier : six mois. Montant : 350 000 € HT.

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