Enjeux

2AGE-MCS réinvente le filoguidage

Mots clés : Enfance et famille

La société familiale de Saône-et-Loire a pris le virage numérique avec la 3D et développe une appli mobile.

« J ‘avais envie d’arrêter de planter des potences, c’est laborieux et fastidieux. » Les premières expériences de Bastien Lambert, à 16 ans, dans l’entreprise familiale devenue 2AGE-MCS, spécialisée en filoguidage pour le positionnement et le guidage des machines, ont déterminé l’avenir de la société. « Le guidage traditionnel nécessitait du matériel qui gênait le chantier et demandait beaucoup de main-d’œuvre, c’est pourquoi j’ai engagé une réflexion vers 1995 », explique Guy-Marie Lambert, le père de Bastien, fondateur de l’entreprise implantée à Lux, près de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

Planéité parfaite. « Durant mon stage de BTS, entre 1998 et 2000, j’ai utilisé un système de guidage GPS, une technologie dont c’était alors les prémices… », se souvient Bastien, qui a succédé à son père en 2007. A l’issue de ses études de géomètre-topographe, il réoriente la société en la spécialisant dans le guidage 3Ddes raboteuses et des machines qui réalisent les bétons à plat et extrudés, ainsi que les enrobés. « Le procédé permet de produire un bon uni de surface et d’être plus précis », assure-t-il. Selon lui, un chantier comme le tunnel du Perthus, qui traverse les Pyrénées pour assurer la liaison ferroviaire Perpignan-Figueras, aurait été difficilement envisageable avec les anciennes techniques : « Positionner du fil à l’intérieur du tunnel aurait été compliqué. Pour cela, il aurait fallu fixer les potences sur la voûte et régler le fil en hauteur. » Le défi de 2AGE-MCS est de réaliser des applications présentant une qualité d’uni maximale. Un défi relevé, semble-t-il, compte tenu des chantiers conduits par le géomètre et ses associés, Pierre Hugon et Aurélie Guillemin, anciens salariés de l’entreprise : tunnel du Perthus, piste de l’aéroport d’Orly… Son père comptait également de beaux chantiers à son actif : la piste-test sinusoïdale pour le char AMX Leclerc, l’anneau de vitesse de Renault… La différence entre les deux méthodes ? « Avec le fil de part et d’autre de la machine, c’est plus délicat et risqué, les gens marchent dessus… Ce n’est pas optimal. Avec la 3D, nous obtenons des résultats bien supérieurs en précision relative et absolue, sans encombrer la production », analyse Bastien Lambert.

Corriger les défauts d’uni pendant la conception. Il a bien l’intention de franchir un nouveau cap. « Nous essayons de développer les services au client grâce à un projet d’application mobile ou des lunettes 3D qui permettraient au chef de chantier de voir les défauts d’uni durant l’application et de les corriger pendant la conception. » 2AGE-MCS s’est rapprochée de Vinci et Eiffage pour débuter la phase opérationnelle.

2007 : Bastien Lambert succède à son père.

2 M€ de CA en 2016, dont 10 % réinvestis en R & D.

21 collaborateurs.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X