Territoires Aquitaine

« 25 % des architectes gagnent moins de 600 € par mois »

Mots clés : Architecte

Entretien avec Eric Wirth, président du conseil de l’ordre régional des architectes aquitains

L’ordre régional des architectes aquitains a initié les journées portes ouvertes devenues nationales.

Quel est le but de ces journées ?

Il n’a jamais été plus question d’architecture que depuis dix ans. Mais surtout des grands projets et des stars ! Il faut montrer ce que l’architecte propose au quotidien, un savoir-faire pour tous types de travaux et une réponse indépendante de toute pression dans un budget établi.

La crise a durement touché la profession en Aquitaine ?

Rappelons que 40 % des architectes gagnent moins de 20 000 euros par an et 25 % gagnent moins de 600 euros par mois. L’écart d’activité est croissant entre de grosses agences qui se rabattent sur les projets modestes et les agences moyennes sur les petites affaires, au point qu’il ne reste plus rien pour les autres. En parallèle, il y a une concentration de la commande publique entre quelques agences sur les grands secteurs d’aménagement.

Comment l’ordre accompagne-t-il cette mutation ?

Prenons le sujet des Adap, des petits marchés d’accessibilité, peu rentables, mais nombreux. Pour éviter qu’un commerçant appelle au hasard un architecte et essuie un refus, nous avons lancé un appel à la profession et diffusé une liste de 250 architectes volontaires.

Vous octroyez-vous également un rôle d’alerte ?

Dans certains domaines, comme l’accessibilité ou la réglementation thermique, notre profession n’est pas entendue. Nous avons alerté les pouvoirs publics sur le risque que représente la création des agences techniques départementales ou des SPL. Sur la rénovation thermique, nous aimerions constituer des GIE avec bureau d’études, entreprise et banquier, afin de proposer à nos clients des solutions globales.

La réforme territoriale vous inquiète-t-elle aussi ?

Notre inquiétude est la pérennité du maillage actuel d’architectes sur la grande région. Les métropoles vont tout aspirer, avec une demande et une offre conséquentes. Nous proposons de fédérer le futur ordre, basé à Bordeaux, autour de trois pôles : Pau, Limoges et Poitiers.

Au-delà, quelles sont les perspectives de la profession ?

Nous sommes une profession morcelée, qui se défend mal. On nous impose des choses, sans qu’on y participe et que nous appliquons, sans réagir : réglementation thermique, accessibilité, BIM… A la fin, ce métier n’est plus le nôtre. On nous fait travailler comme des ingénieurs, ce que nous ne sommes pas. Face à des chiffres, il nous faut justifier le projet, l’expliquer. Mais qui d’autre que l’architecte a une vision synthétique d’un projet, qui se demande si le besoin est bien formulé ? Contrairement à d’autres, nous n’avons rien à vendre, et sommes garants de la seule qualité du projet.

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