Actu Ressources humaines

2016, année de tous les défis

Mots clés : Apprentissages - Distribution - Management - Monde du Travail

L’agenda des négoces du bâtiment prévoit une réforme de la formation professionnelle, tandis que les attentes salariales vont pouvoir s’exprimer et que les besoins en recrutements pointent. Mais la réalité et la vigueur de la reprise économique conditionnent de nombreux dossiers.

La diète reste d’actualité pour les salaires

Pour la huitième année consécutive, le négoce demeure engoncé dans la crise. La cuvée 2015 devrait s’achever par « une baisse d’activité de 5 % », anticipait Géraud Spire, président de la Fédération du négoce de bois et des matériaux de construction (FNBM), lors de son assemblée générale le 18 novembre. Ce constat est partagé dans toutes les filières et par l’ensemble de la profession.

« Nous n’avons pas encore observé de reprise en termes d’activité, confirme Franck Bernigaud, président de BigMat Béréziat (Rhône). Le secteur des matériaux a connu un recul en année glissante et, jusqu’à présent, les salariés ont compris le gel des salaires et l’absence de primes ». Difficile de voir les choses autrement…
Certes, rien n’est figé : la convention collective nationale (CCN) du négoce des matériaux de construction a fait l’objet de la signature d’un avenant relatif aux salaires minimaux, le 12 février 2015, tandis que de nouvelles négociations sur les minima sociaux, dont la revalorisation sera probablement très mesurée, se sont engagées au début du mois de décembre.
Il faut noter que, du côté de la CCN des commerces de gros, un accord de salaires a été trouvé et validé le 3 mars, avec une progression de 2 % sur l’ensemble de la grille. Mais cette augmentation tient compte de la simple information de 2014, qui n’avait aucun caractère obligatoire. « Cet accord permet aux entreprises, qui ont la volonté actuellement de maîtriser leur masse salariale, de disposer d’un outil de référence », décrypte Isabelle Bernet-Denin, secrétaire générale de la Confédération du commerce de gros et international (CGI).

Moins de 1 cadre sur 2 augmenté en 2014

De nouvelles négociations vont débuter en janvier 2016 dans la branche. Un moment attendu. Pour Isabelle Bernet-Denin, « cette grille de minima sert de base au calcul de l’ancienneté ». Dans un contexte où les entreprises ne lâchent pas la bride, toutes les catégories de salariés sont concernées, y compris les cadres. « Moins de 1 cadre sur 2 a bénéficié d’une augmentation en 2014, relève Pierre Lamblin, directeur du département études et recherches à l’Apec. En matière de mobilité, 6 cadres sur 10 ayant connu une mobilité extérieure ont eu une augmentation liée à leur changement d’entreprise. Mais celle-ci ne concerne que 1 cadre sur 2 en mobilité interne. »

Le variable individuel désormais banalisé

Un autre phénomène s’incruste sur les radars sociaux. Parmi les spécificités salariales des cadres, on assiste à une banalisation de l’individualisation des parts variables. Par ailleurs, selon le dernier baromètre Expectra des salaires des cadres, qui fait état d’une progression générale de 1,2 % en 2015 (contre + 0,9 % en 2014), cette part variable concerne plus de 90 % des cadres, et représente en moyenne 35 % de leur rémunération globale.
Enfin, il faut garder présent à l’esprit que 18 % des cadres, pour la convention collective nationale des commerces de gros, sont concernés par le forfait annuel en jours. Leur situation fera l’objet d’une loupe particulière. « Au regard de la jurisprudence de la Cour de cassation, précise Isabelle Bernet-Denin, une renégociation va avoir lieu pour sécuriser le forfait en jours, notamment pour garantir des charges de travail raisonnables, en termes d’amplitudes horaires, d’entretiens ou de reportings. »

À retenir
De nouvelles négociations sur les salaires débutent au mois de janvier 2016, dans la branche du commerce de gros, qui inclut le négoce.

Le compte à rebours de l’entretien professionnel est enclenché

Dans les négoces, les directions des ressources humaines ont d’ores et déjà une urgence de taille à traiter : la mise en place de l’entretien professionnel – à distinguer de l’entretien annuel d’évaluation -, avant la date butoir du 6 mars 2016. « C’est un entretien légalement obligatoire qui doit faire l’objet d’un document écrit avec le salarié, pour prendre acte de sa réalisation », détaille Michel Mourgue-Molines, directeur général d’Intergros, l’organisme paritaire collecteur agréé (Opca) du commerce de gros et international.

Pour que l’entreprise puisse mener à bien l’entretien, l’Opca a mis au point un ensemble d’outils (guide de préparation, grilles de conduite de l’entretien, fiches métiers (1)) destinés au manager comme aux salariés, et adaptés aux métiers du négoce. « Rien n’empêche de réaliser cet entretien biennal dans la foulée ou dans la continuité de l’entretien annuel d’évaluation, mais il convient de les distinguer par un support écrit et...

Vous lisez un article de la revue Negoce n° 413 du 23/12/2015
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