Régions Normandie

2 Mds € à prévoir pour les réseaux d’eau d’ici à 2030

Mots clés : Qualité de l'eau - eau potable

Jusqu’ici, tout va bien. Mais il est des chiffres qui parlent d’eux-mêmes : 60 % des réseaux d’eau normands datent d’il y a plus de quarante ans. Leur taux de renouvellement annuel est de 0,47 % alors qu’ils devraient être de 1,4 % pour assurer une continuité de service, si l’on estime à soixante-dix ans la durée de vie moyenne des canalisations. Soit un besoin d’investissements estimé à plus de 2 milliards d’euros d’ici à 2030.

Voilà ce qui ressort de l’étude menée par la cellule économique régionale de la construction (Cerc) Normandie, l’agence de l’eau Seine-Normandie, la direction régionale de l’environnement de l’aménagement et du logement (Dreal) Normandie et la fédération régionale des travaux publics (FRTP). « Les réseaux d’eau sont encore dans leur durée de vie, constate Matthieu Jacotot, secrétaire général de la FRTP Normandie. Mais nous faisons face à un problème de gestion patrimoniale. Actuellement, le prix de l’eau n’intègre pas le coût lié au nécessaire renouvellement des réseaux. »

Une gestion des réseaux fragmentée. Deux facteurs apparaissent déterminants dans cette absence de prise de conscience. D’une part, la gestion de l’eau a longtemps été fragmentée. Ainsi, la région comptait, il y a peu, 500 syndicats pour l’approvisionnement de l’eau et même 700 pour son assainissement. La loi NOTRe de 2015, en confiant ces compétences aux communautés de communes, devrait permettre de diviser leur nombre par cinq. D’autre part, ce réseau, invisible, qui fonctionne jusque-là sans soucis majeurs, ne saurait représenter une priorité pour les élus aux commandes des syndicats. Pas de raison donc d’augmenter le prix de l’eau pour faire face à des échéances bien lointaines.

Pourtant, le syndicat départemental de la Manche estime que 30 % des collectivités devront consentir une hausse de 0,5 euro/m pour assurer le renouvellement du réseau. Soit une augmentation de 75 euros de la facture annuelle pour un foyer moyen (deux adultes, deux enfants). Dans le même temps, 40 % des collectivités connaîtraient une hausse inférieure à 0,1 euro/m . Une chose est sûre, la baisse du tarif de l’eau ne saurait être durable.

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