Régions Lille Métropole

« 2,5 milliards pour le BTP grâce au nouveau PLU »

Mots clés : Aménagement du territoire - Bâtiment d’habitation individuel - Entreprise du BTP - Établissements de soins - Etat et collectivités locales - Politique du logement - Transport ferroviaire

3 306 €/m2 Prix moyen des logements neufs collectifs dans le territoire du Scot de Lille en 2016 (+ 2,4 % sur un an).Source : FPI.

60 M€ Aide sur cinq ans de la région Normandie aux collectivités pour les aider à revitaliser leur centre-ville.

220 M€ Aide de l’Etat à Amiens pour financer la ligne ferroviaire Roissy-Picardie et la rénovation de l’hôpital Sud.

Marc-Philippe Daubresse est vice-président de la Métropole européenne de Lille (MEL), président de l’Agence de développement et d’urbanisme de Lille Métropole et vice-président du Syndicat mixte du Schéma de cohérence territoriale (Scot) de Lille Métropole. Le Scot, qui entrera en vigueur le 10 avril, préfigure le prochain PLU inter communal qui sera, lui, bouclé le 7 juillet.

Le Scot de Lille Métropole a été approuvé à l’unanimité le 10 février. Ce consensus a-t-il été facile à obtenir ?

Ce document, qui concerne un territoire plus grand que celui de la MEL, en trace l’avenir pour les quinze prochaines années. Son élaboration s’est inscrite dans un processus d’échanges intenses et de coconstruction avec l’ensemble des partenaires. Qui plus est, nous avons fait le choix structurant de mener de front la réalisation du Scot et la révision du plan local d’urbanisme (PLU). Les équipes ont ainsi travaillé main dans la main, avec des séances hebdomadaires communes. Notre futur PLU intercommunal, qui sera le plus grand de France, sera voté le 7 juillet. Cette quasi-simultanéité de l’application dans le PLU des engagements pris dans le Scot a rassuré, notamment, les élus Europe Ecologie Les Verts. Consécutivement à ce travail partenarial, le PLU a déjà subi plus de 200 remaniements anticipés en 2016.

Développer, fluidifier et préserver… Comment faire pour concilier tous les objectifs du Scot ?

Pour créer les conditions de développement de la métropole tout en la fluidifiant et en protégeant les ressources (eau, terres agricoles, biodiversité… ), nous privilégions le renouvellement urbain sur l’extension urbaine et travaillons sous forme de territoires de projets. Nous avons ainsi fixé un maximum de 135 ha d’extension urbaine par an sur les vingt prochaines années. Pour améliorer l’accessibilité et la fluidité des déplacements, des corridors ont été réservés pour les futures lignes de tram-train et pour le réseau express Grand Lille, reliant l’ex-bassin minier. L’objectif est aussi de construire 130 000 logements pour tous et d’en réhabiliter le double. La mixité fonctionnelle est aussi au cœur de chaque projet d’aménagement. Elle trouve son application dans les PLU qui, commune par commune, prescrivent le nombre de logements à construire et l’espace disponible pour cela. Auparavant, nous avions des règlements de PLU assez rigides et liés au cadastre, nous changeons de logique et passons à un urbanisme de projet avec des PLU morphologiques.

Qu’entendez-vous par « PLU morphologiques » ?

Ce sont des PLU qui s’adaptent au contexte environnemental et urbanistique. Nous allons ainsi, pour les communes de plus de 10 000 habitants, faire des règlements plus décentralisés adaptés à la logique des villes. Nous donnerons des prescriptions qui s’adapteront à la réalité morphologique des secteurs. C’est une révolution. Nous allons aussi désormais travailler sur un grand nombre de projets via l’outil des orientations d’aménagement et de programmation (OAP). Les OAP sont beaucoup plus souples que les ZAC que nous utilisions partout auparavant. Désormais, les ZAC seront réservées aux grands projets, environ une douzaine, sur lesquelles la puissance publique pourra injecter des crédits. Cette nouvelle façon de travailler sous forme d’urbanisme de projet va permettre, tout en préservant les ressources, de libérer les énergies.

L’équilibre sur la préservation de la ressource en eau souterraine a-t-il été facile à trouver ?

Il y a eu beaucoup d’échanges sur ces sujets avec les services de l’Etat, notamment. En définitive, les zones de captages avec vulnérabilité totale et très forte ont été mises dans le même lot et seront très protégées. En revanche, en zone de vulnérabilité forte il sera possible de réaliser des projets avec prescriptions.

Un comité partenarial examinera au cas par cas ces projets. Nous avons opté pour cette façon de fonctionner qui n’obère pas le développement de l’aéroport.

133 communes et 1,25 million d’habitants Plus grand PLU intercommunal de France.

Quelles sont les retombées attendues du nouveau PLU intercommunal pour le territoire ?

Sur le seul secteur du BTP, ce nouveau PLU va entraîner, à travers les droits à construire consentis, plus 2,5 milliards d’euros de travaux. Il s’ensuivra la création de dizaines de milliers d’emplois dans le bâtiment. Il va falloir deux à trois ans pour que les choses se mettent en place mais, à la fin du mandat communautaire, on constatera l’évolution au niveau de l’emploi sur le territoire. Nous sommes sur un plan de relance de la MEL auto-alimenté par nos actions. Si une bonne politique nationale en matière de construction et de réhabilitation de logements accompagne cette dynamique, cela boostera d’autant plus le secteur.

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Course contre la montre pour les OAP

Les orientations d’aménagement et de programmation (OAP) exposent la manière dont la collectivité souhaite mettre en valeur, réhabiliter, structurer ou aménager des quartiers ou des secteurs de son territoire. Pas moins de 365 sites potentiels d’OAP ont été identifiés dans le périmètre de la Métropole européenne de Lille (MEL). Sur ce nombre impressionnant, 80 OAP environ pourront être réalisées et partagées avant l’arrêt du PLU 2 le 7 juillet « On va traiter en priorité les sites stratégiques et les projets dont les définitions sont les plus avancées », détaille Fanny Oden, responsable de la mission Scot-PLU au sein de la MEL.

Pour gérer au mieux des projets souvent XXL en mode dynamique, la MEL a prévu de créer, une fois le PLU 2 approuvé, un géo-portail donnant accès à un PLU numérique interactif. Dans l’optique des PLU morphologiques, très attendus par les élus, la collectivité s’est déjà dotée d’un atlas des tissus bâtis, parcelle par parcelle.

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