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1966 ANNÉE THÉORIQUE

La flambée politique de mai 1968 avait, disait Antoine Compagnon dans un cours au Collège de France sur « l’année 1966 », rejeté dans l’ombre l’un des caractères les plus étonnants des années précédentes : la passion des idées et le goût débridé de la théorie. L’année 1966 imprima le monde des idées, dont celui de l’architecture. Cette année-là sont en effet publiés trois ouvrages, qui, un demi-siècle plus tard, demeurent des incontournables des bibliographies conseillées chaque année aux étudiants : De l’ambiguïté en architecture (Complexity and Contradiction de Robert , ) Venturi, L’Architecture de la ville, de Aldo Rossi et Le Territoire de l’architecture de Vittorio Gregotti. Trois ouvrages fondateurs écrits par de jeunes architectes qui, à Milan ou à Philadelphie, sont à bonne école et ne sont en rien des marginaux « hors système ». En réalité, ces trois ouvrages partagent une lecture « utilitariste » du structuralisme, au fil d’un travail plus spécifique d’analyse urbaine reposant sur une idée de la ville comme « fait construit ». La séparation ville-architecture n’a plus lieu d’être, la morphologie urbaine étant perçue comme articulant une variété de types architecturaux. Se dessine alors une structure urbaine, production humaine par excellence exprimant, comme on disait à l’époque, l’histoire politico sociale. Un tissu constitué d’îlots et de parcelles, une structuration urbaine immanente, garante à la fois de sa cohésion et de son renouvellement, à...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 258 du 17/03/2017
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