Territoires Paris

110 millions d’euros sur six ans pour les églises

Mots clés : Établissements de culte, funéraire

D’ici à 2020, la Ville de Paris prévoit de consacrer 80 millions d’euros à l’entretien et à la restauration de son patrimoine cultuel, composé de 85 églises et chapelles, neuf temples protestants et deux synagogues. Un effort comparable à celui mené au cours des deux précédentes mandatures – près de 150 millions dépensés entre 2001 et 2014. Si l’on inclut l’aide de l’Etat (11 millions) et le mécénat (19 millions d’euros espérés), les édifices religieux de la capitale pourraient bénéficier de 110 millions d’euros au total.

L’enveloppe municipale se répartit entre les « coups » déjà partis (14 millions) ; les lignes récurrentes annuelles (20 millions) dédiées à la rénovation et mise en conformité des installations techniques ; et une vingtaine d’opérations nouvelles (46 millions). Ce programme d’investissement va permettre d’accélérer la restauration du patrimoine des xixe et xxe siècles (1), délaissé au cours des années passées au profit des édifices plus anciens. Il s’agit aussi de poursuivre les campagnes de restauration des grandes églises parisiennes, lancées depuis dix à vingt ans, et toujours inachevées. Point commun de tous ces chantiers : ils s’imposent pour des raisons de sécurité liée à l’état sanitaire des bâtiments.

Privilégier l’insertion, l’apprentissage et les Scop.

Les premiers travaux (appels d’offres prévus en 2015) porteront sur le transept sud de Saint-Eustache, les corniches et chéneaux du versant est de La Madeleine et le massif d’entrée de Saint-Augustin. La Direction des affaires culturelles (DAC) lancera aussi plusieurs consultations de maîtrise d’œuvre parmi lesquelles la réfection de la toiture de Saint-Philippe-du-Roule, ou la restauration de la façade de Saint-Jean de Montmartre, une église du début du xxe siècle dotée d’une structure en ciment armé avec parement en briques. « Nous allons lancer une tranche expérimentale afin de tester, puis valider les techniques de restauration », indique Laurence Fouqueray, chef du département des édifices cultuels à la DAC.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, et son adjoint à la culture, Bruno Julliard, souhaitent, à travers la mise en œuvre de ce plan, favoriser l’insertion (clauses sociales dans les marchés de plus de un million d’euros), l’apprentissage (au niveau d’un sous-critère, quel que soit le montant du marché) et les Scop. « L’article 53 du Code des marchés publics prévoit qu’un droit de préférence peut être accordé à une Scop, à égalité de prix ou à équivalence d’offre. Cette disposition n’a pas encore été pratiquée à la Ville sur ce type de projets. Nous allons la mettre en œuvre », indique Martial Braconnier, chargé de la sous-direction du patrimoine et de l’histoire à la DAC. Il a d’abord fallu définir la notion d’équivalence d’offres dans les marchés. « Lorsque la notation d’une offre d’une Scop sera inférieure de moins de 10 % à l’offre la mieux placée, sachant que nous notons sur 10, le plus souvent, nous lui attribuerons le marché. Cette règle sera fixée dans le règlement des consultations », conclut Martial Braconnier.

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(1) Les églises construites après 1905 appartiennent à la Ville, si elles remplacent une église paroissiale préexistante.

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