Régions Aménagement

« 1,8 milliard investi dans l’action foncière d’ici à 2020 »

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Gouvernement - Marché de l'immobilier - Transport collectif urbain

87 600 Nombre de logements autorisés en Ile-de-France sur un an, à fin octobre 2016 (+ 20,8 %). Ministère du Logement.

74 200 Nombre de logements commencés en Ile-de-France sur un an, à fin octobre 2016 (+ 25,7 %). Ministère du Logement.

1,586 Md€ Montant de l’investissement de la RATP en 2017, en baisse de 10,8 %.

Gilles Bouvelot est le directeur général de l’établissement public foncier d’Ile-de-France (Epfif), qui, le 1er décembre, a adopté son budget 2017. D’un montant de 433 millions d’euros, il permet de mettre en œuvre la feuille de route définie par le plan pluriannuel d’investissement (PPI) 2016-2020.

Quelles sont les grandes orientations du plan pluri annuel d’investissement (PPI) 2016-2020 ?

Ce nouveau PPI a été adopté en septembre par le conseil d’administration, présidé par Valérie Pécresse. Il définit notre stratégie et notre feuille de route pour les cinq ans à venir. Il traduit le volontarisme de nos mandants, le conseil régional d’Ile-de-France, l’Etat et toutes les collectivités qui font appel à nous. Sur la période 2016-2020, il prévoit en effet une croissance des cessions de 50 % [lire l’encadré page ci-contre] . Les acquisitions foncières progresseront, elles, de 25 %. Au cours des cinq prochaines années, nous investirons au total 1,8 milliard d’euros dans l’action foncière. Cette nouvelle stratégie, très offensive, vise d’abord à répondre aux besoins de logements qui restent importants dans notre région ; même si actuellement les chiffres sont très satisfaisants, il faut clairement maintenir l’effort. Notre seconde priorité, après le logement, est le soutien au développement économique, dans une logique d’équilibre des territoires.

Comment comptez-vous atteindre ces objectifs ?

Nous avons, en 2016, accru notre « portefeuille » de commandes avec 350 millions d’euros de nouvelles conventions et avenants. Nous intervenons désormais auprès de 320 communes, qui représentent près de 75 % de la population francilienne. Nous agissons « tous terrains » puisque nous accompagnons les projets aussi bien en zone dense que dans les centres-bourgs de la grande couronne. Nous intervenons très clairement en soutien de la conjoncture, mais nous avons également vocation à anticiper les grands projets et leurs impacts, notamment les grandes infrastructures de transport. Nous sommes aujourd’hui à un moment historique, comme il y a soixante ans, du temps de Paul Delouvrier, confrontés au même double enjeu transport/ aménagement. A l’époque, la construction des RER, infrastructures de transport radiales, était couplée à la création des villes nouvelles, en extension urbaine. Aujourd’hui, la réalisation du Grand Paris Express, réseau de transport concentrique, va transformer fortement les tissus urbains traversés avec le recyclage de la ville sur elle-même. C’est dans ce cadre que l’Epfif est un outil indispensable au service des collectivités.

Le 1er janvier 2016, l’Epfif a fusionné avec les trois autres établissements publics fonciers qui existaient en Ile-de-France. Quel premier bilan tirez-vous de cette fusion ?

L’enjeu concret de cette fusion était d’augmenter la « puissance de feu » de l’établissement sans perturber son fonctionnement et sa production pendant la phase de transition. C’est chose faite puisque nos objectifs 2016 seront atteints et même probablement dépassés. Les équipes de l’Epfif, dont je salue l’implication, travaillent désormais toutes en mode projet, ce qui permet aux collectivités partenaires d’avoir un interlocuteur référent bien identifié. La fusion a ainsi permis d’élargir le spectre des compétences. Le « tout » sera plus grand que la somme des parties : à effectif constant, l’objectif de production de logements à terme, 12 000 par an, est supérieur de 20 % à la feuille de route des quatre EPF antérieurs.

Les opérations de logements réalisées sur les terrains cédés par l’Epfif, avant la fusion, devaient comporter de 40 à 50 % de logement social. Est-ce toujours le cas ?

Le PPI prévoit de s’aligner sur la loi SRU et les obligations qu’elle entraîne selon les différents types de communes. Nous n’imposons pas d’exigence supplémentaire.

L’autre actualité de l’Epfif concerne la création de l’opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national (Orcod-In) de Grigny…

Le décret de création est paru fin octobre. Une équipe dédiée est déjà au travail et s’installera bientôt sur place. Une convention Orcod va être signée pour coordonner tous les partenaires concernés.

Où en est l’Orcod-In du Bas-Clichy ?

Elle a atteint son rythme de croisière, moins de deux ans après sa création. Le volume des acquisitions progresse rapidement, et avec la Ville de Clichy-sous-Bois, nous avançons vite sur le projet urbain. La prochaine étape sera l’engagement d’une opération d’aménagement, qui devrait générer la construction de plus de 1 000 logements.

Vous avez évoqué le dynamisme de la production de logements en Ile-de-France. Ne risque-t-il pas de se traduire par une hausse des prix ?

Nos ventes s’accélèrent, mais nous savons que notre rôle de stabilisateur des prix sera indispensable à mesure que la reprise se confirmera. L’ensemble de nos terrains sont vendus à prix coûtant, sans aucune marge, ni actualisation. Les professionnels sont, comme les collectivités locales et nous-mêmes, très vigilants pour éviter l’apparition de phénomènes spéculatifs.

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ENCADRE

L'Epfif en chiffres

320 : nombre de communes partenaires (et 50 intercommunalités).

3,75 milliards d’euros : montant des conventions signées.

1,8 milliard d’euros : objectif d’acquisitions foncières sur 2016-2020, en hausse de 25 % sur 2011-2015 (tous EPF confondus).

380 millions d’euros : objectif d’acquisitions foncières en 2017 (340 M€ en 2016).

220 millions d’euros : objectif de cessions en 2017 (190 M€ en 2016).

300 millions d’euros : objectif de cessions de foncier en 2020, en progression de 50 %.

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