Profession

Wang Shu : « J’utilise des matériaux traditionnels couplés à des procédés constructifs modernes »

Mots clés : Architecte - Architecture - Artisanat - Prix d'architecture - Technique de construction

En rupture avec la production standardisée des grosses agences d’architectures publiques héritées du communisme, l’architecte chinois Wang Shu, lauréat du prix Pritzker 2012, développe une pensée personnelle qui place l’humain, l’artisanat et l’environnement au cœur de sa pratique.

Vos réalisations laissent supposer un parcours peu banal. Comment avez-vous débuté ?

Au début des années 80, la première école d’architecture chinoise a vu le jour, à l’Université du sud-est. C’est là que j’ai étudié. Avant la création de cette école, il n’y avait pas d’enseignement de l’architecture et pas non plus d’architecture, d’ailleurs. L’enseignement était très vieux jeu (…). Les professeurs ont refusé de me donner mon diplôme car ils me considéraient comme un mauvais élève. C’est ce qui a marqué le début de mon engagement : j’ai commencé à rêver d’une nouvelle manière d’enseigner et d’exercer le métier d’architecte, dans une atmosphère de liberté (…).

 

Vous avez commencé à exercer sans diplôme ?

Oui. J’ai réalisé mon premier bâtiment en 1995. C’était un hôtel gratte-ciel à Nanjing. À l’époque, j’étais l’assistant du professeur qui réalisait le projet mais il m’a laissé le dessiner seul. Dans les années 90, toujours comme assistant, j’ai réalisé de nombreux autres petits projets, en particulier des rénovations de bâtiments anciens, ce qui m’a appris à gérer les différents aspects du métier. La plupart d’entre eux ont malheureusement été démolis. Depuis 15 ans, le développement a été ultrarapide et il a fallu sans cesse démolir pour reconstruire autrement (…).

 

Vous avez réalisé en 2007 le campus de l’académie des Beaux-arts à Hangzhou, en utilisant notamment des matériaux de récupération…

Dans les années 2000, j’ai remarqué que les matériaux issus des démolitions massives pullulaient, et étaient revendus pour rien. Personne ne réalisait que c’était une matière première importante. J’ai décidé d’essayer de les réutiliser dans mes constructions pour le campus. Ces matériaux me servent aussi à présenter mes idées sur le temps, la mémoire et j’aime participer à la préservation de l’artisanat (…).Mes constructions utilisent des matériaux traditionnels couplés à des procédés constructifs modernes. Je pense avoir travaillé avec la dernière génération d’artisans capables de réaliser ce genre d’ouvrage (…).

 

L’intégralité de cette interview est à retrouver dans « AMC » (n°214, avril 2012, pp. 14-17).

Lire aussi le portrait « Wang Shu, l’architecte poète », en cliquant ici .

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    De mon côté....

    Pour ma part, j’utilise des matériaux traditionnels couplés à des procédés constructifs traditionnels !!! C’est beaucoup plus efficace, plus « durable », plus économique… Bref, je ne vois pas l’intérêt de l’intrusion de la modernité dans cela!
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