Entreprises de BTP

Vinci et Nexity cherchent à calmer le jeu

Malmenés en bourse, les groupes Nexity et Vinci ont tenté mardi de calmer le jeu après les fuites sur la guerre des chefs au sein du numéro un mondial du BTP et les rumeurs sur un rapprochement global des deux groupes.

Dès le début de matinée, Vinci publiait un communiqué démentant « formellement » un « achat de Nexity par Vinci ». Quelques heures plus tard, Nexity démentait « catégoriquement l’idée d’un rapprochement global des sociétés Vinci et Nexity ».
Cette hypothèse avait été évoquée la veille par « Challenges » qui l’expliquait par le désir de Vinci de se protéger d’une OPA hostile. Elle semblait pourtant peu probable, l’arrivée de Nexity ne permettant à Vinci – qui pèse déjà 24 milliards, si l’on intègre ASF – de grossir « que » de 1,5 milliard d’euros.
En contradiction avec la politique actuelle du major, qui investit dans des activités non-cycliques, ce scénario ne paraissait pourtant pas absurde en soi: il réussit fort bien à la branche construction de Bouygues, qui abrite le numéro deux français de la promotion immobilière (Bouygues Immobilier).
Si cet accord global est écarté, un autre rapprochement est en revanche clairement évoqué par les deux entreprises: celui de Vinci immobilier avec Nexity. Il pourrait s’agir d’un apport du premier au second, en échange d’une entrée minoritaire de Vinci au capital de Nexity, dans le cadre d’un partenariat. Mais les choses ne sont pas conclues à ce jour.
Enrichi des 650 millions de volume d’affaires généré par Vinci Immobilier, Nexity – qui réalise déjà 1,6 milliard de chiffre d’affaires – creuserait l’écart avec le numéro deux de la profession (Bouygues Immobilier), si cette opération se faisait. Vinci Immobilier est présent dans l’habitat (3000 logements réalisés en 2005), les résidences services, l’immobilier d’entreprise (53 000 m2 de bureaux développés en 2005), dans l’hôtellerie et l’immobilier commercial.

Une formidable promotion pour Alain Dinin
Les deux groupes, en revanche, ne disent pas un mot dans leurs communiqués du possible départ de Xavier Huillard, directeur général de Vinci et dauphin désigné d’Antoine Zacharias, ni de son éventuel remplacement par Alain Dinin, le président de Nexity. Ils n’ont en particulier confirmé ni infirmé aucune date sur la tenue d’un éventuel conseil d’administration. L’AFP, citant une source proche du dossier, estime que celui-ci pourrait se dérouler jeudi ou vendredi.
Passés tous les deux par la Générale des Eaux et siégeant dans leurs conseils d’administration réciproques, Alain Dinin et Antoine Zacharias se connaissent bien. A 55 ans, après avoir porté Nexity en tête du palmarès de la promotion immobilière, Alain Dinin ne peut qu’être intéressé par la direction générale d’un groupe aussi prestigieux que Vinci. Mais il lui faut des assurances sur l’organisation, la vision stratégique et la gouvernance de Vinci, ce qui devrait prendre quelques jours. Les jeux ne sont donc pas faits.
S’il est nommé numéro deux de Vinci, ce sera un formidable défi pour lui, après trente ans passés dans la promotion. Et s’il ne l’est pas, le simple fait d’avoir voulu le porter à ce poste est déjà un formidable coup de chapeau à son parcours professionnel sans faute!
Françoise Vaysse

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