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Ville connectée : le panorama du congrès S3C

Mots clés : Etat et collectivités locales

Pourquoi connecter la ville ? C’est la question à laquelle les participants du Smart Countries Cities Congress Paris ont tenté de répondre cette semaine dans la capitale. Ce rassemblement de représentants des pouvoirs publics, d’entreprises et d’associations dressait un portrait synthétique des territoires intelligents.

Au cours des prochaines années, les espaces urbains connaîtront une croissance sans précédent. L’ONU estime aujourd’hui que 4 milliards d’individus vivent en ville. En 2050, la planète comptera 6,5 milliards de citadins. Cette envolée représente un défi pour l’administration. Une vision en temps réel du territoire, par l’intermédiaire de capteurs et de logiciels, simplifierait la tâche des pouvoirs publics.

C’est tout l’enjeu que les spécialistes, représentants des pouvoirs publics, entreprises et associations réunis à Paris du 1er au 3 septembre pour le Smart Countries Cities Congress (S3C) ont tenté d’appréhender.

« Les outils numériques apparaissent comme un moyen d’offrir une vie attractive aux populations », analyse Michèle Pappalardo, coordinatrice de la marque Vivapolis, un rassemblement d’entreprises françaises pour l’exportation de la ville durable.

L’évolution serait d’autant plus facile que les habitants ont déjà franchi le pas. L’essor des réseaux mobiles les a accoutumés à recourir à des services informatiques. « L’Afrique a même sauté une génération, note Gérard Wolf, le président de la task force Ville Durable de MEDEF International. Les téléphones portables y sont rependus que les appareils fixes. Encore plus qu’en Europe, ils deviennent un élément de la vie quotidienne. Les pratiques des individus possèdent donc un temps d’avance sur les technologies des communes. »

 

Les capitaux au rendez-vous

 

Ce changement des usages interpelle les organismes de financement. La Banque mondiale et ses consœurs régionales ou nationales créent des programmes de soutien. La promesse d’un secteur à fort potentiel économique les conforte dans leur démarche. Une étude du cabinet Frost and Sullivan, parue en 2014 et reprise par de nombreux rapports, annonce un marché de 1 500 milliards de dollars en 2020.

« Pour le privé, le secteur bancaire occidental reste frileux, mais les fonds d’investissement sont prêts. Ils ont cette réputation de refuser un bénéfice inférieur à 10 %, mais à l’heure actuelle certains acceptent des gains de 7 ou 8 %, affirme Gérard Wolf. Nous devons seulement construire les garanties nécessaires à ces prêts. »

Mais si la ville intelligente excite l’appétit des analystes financiers, la réalité dépeinte lors du S3C semble bien plus contrastée.

 

Un manque d’entente préjudiciable

 

Car si la société avance, les cadres dirigeants du public et du privé peinent à s’approprier ces nouvelles technologies. « Les élus et les entreprises ne sont pas suffisamment formés. Par ailleurs, le dialogue entre les différents acteurs reste insuffisant pour concevoir un projet global », souligne Michèle Pappalardo.

L’absence de coopération entre les firmes empêche la création des équipements indispensables à la ville connectée : des serveurs urbains ouverts qui contiendraient l’ensemble des données des opérateurs du territoire codés dans un langage commun. Chaque entité pourrait y puiser les informations dont elle a besoin.   

Les gouvernements commencent à agir en ce sens. La Commission européenne a publié en mai dernier un mémorandum sur le sujet, qui s’apparente à une charte. Elle espère la signature de quelques grands groupes. Lors de son intervention à S3C, Axelle Lemaire, la secrétaire d’Etat au Numérique, a exposé la position actuelle de la France : « Le projet de loi numérique que porte le gouvernement comportera un volet sur l’ouverture des données d’intérêt général. Les entreprises propriétaire d’informations portant sur des domaines tels que l’environnement ou l’énergie devront les rendre public. »

 

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