Paysage

Villa Le Nôtre 5/5 : Laurence Crémel crée l’outil numérique pour dompter l’horizon

Mots clés :

Aménagement paysager

La résidence versaillaise de Laurence Crémel ouvre une voie paysagère aux sciences exactes : elle ambitionne de numériser la perception de l’horizon, en tout point d’un territoire de projet. Cette décomposition mathématique de la perception visuelle prolonge 18 ans de travaux et de réflexions de la paysagiste enseignante, depuis son mémoire de fin d’études.

Comment arrimer à la ville de Dunkerque une « mer de rails de 5 km de long, entourée d’usines » ? Comme tout paysagiste concepteur, l’élève en fin de parcours à l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles arpente le site, identifie les points de repère – bâtiments ou végétaux – anticipe l’effet des aménagements futurs. 18 ans plus tard, la prise en compte de l’horizon perçu continue à tarauder Laurence Crémel.

 

Anticiper l’horizon futur

 

Sa définition même rend compte de la difficulté de l’exercice : « L’horizon n’est pas une ligne, mais un éclaté de portions de lignes », s’enflamme-t-elle. Sa technique de décomposition en deux dimensions s’est affinée au fil des commandes : des taches noires représentent l’invisible, au-delà duquel émergent des objets lointains. « Attention, prévient-elle : si on n’y prend garde, le noir peut vite gagner du terrain ». Ses cartes donnent aux concepteurs l’outil qui leur permet de tenir une perspective dans la durée.

 

Choisir son camp

 

Entre la vision d’artiste et l’outil utilitaire, Laurence Crémel a longtemps oscillé. Trois ans après son diplôme, son travail d’assistante de Jean-Luc Brisson, pour l’exposition « Le jardinier, l’artiste et l’ingénieur », la ramène à cette hésitation, depuis la terrasse de Meudon, un des points de vue magistraux sur la métropole parisienne. Sa double vie de conceptrice et d’enseignante ponctue ses recherches. Mais même lorsqu’elle travaille pour l’art, la quête technique reprend le dessus, comme le montre l’accompagnement d’un projet de parc de sculptures à 300 km de Moscou, dans une plaine boisée où les taches noires peuvent vite gagner du terrain.

 

Quête d’immédiateté

 

Financée dans le cadre du programme Jean-Claude Nicolas Forestier, dédiée à la prospective urbaine, la résidence versaillaise l’amène à choisir clairement son camp, pour les mois à venir, du côté de la technique. Ses contacts avec des développeurs informatiques ouvrent une perspective d’immédiateté qui marquera l’aboutissement de près de 20 ans de recherches empiriques : « On balayera une vue, ça sortira une carte ».

Focus

Cinq pionnières rayonnantes

Avec les recherches de Laurence Cremel sur la modélisation de l’horizon, s’achève le feuilleton en cinq parties consacré par la lettre Paysage en ligne à la résidence André Le Nôtre, rodée depuis septembre dernier par cinq femmes. Pour contribuer au rayonnement international de la France dans son domaine, cette « Villa Médicis du Paysage » cultive l’« hybridation des savoir, des cultures et des innovations dans le champ du paysage », en lien avec sa voisine, l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles. Dans sa prochaine édition, la revue Paysage Actualités synthétisera le travail des cinq pionnières de la Villa. Son président Michel Audouy en dressera le bilan d’étape prometteur et les perspectives d’avenir.

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