Paysage

Villa Le Nôtre (3/5) : Lena Soffer plante des forêts urbaines et citoyennes

Les forêts urbaines de demain pousseront dans les cours minéralisées d’aujourd’hui. Pour que Paris joue ses atouts dans ce processus mondial qu’elle observe de Moscou à Montréal, Lena Soffer dresse une carte des sols enfouis sous la ville, et qui serviront de matrice à sa renaissance végétale.

La résidence de Lena Soffer à la Villa Le Nôtre, à Versailles, prolonge 22 années au sein de l’agence d’Antoine Grumbach : l’architecte paysagiste y a planché sur les nouvelles identités paysagères des métropoles ; ce travail l’a accoutumée à la pratique quotidienne de l’articulation des échelles. Après son diplôme d’architecture obtenu en 1987 à l’université Simon Bolivar de Caracas, la franco-vénézuelienne découvre à Paris ce qu’elle appelle « l’architecture de l’hiver », propre au vieux continent. Trop ordonnancée et introvertie, Paris offre certes des espaces verts importants, mais sans identité propre à chacun des quartiers qui la compose.

 

L’inconscient des villes

 

Le recul de la résidence versaillaise donne à Lena Soffer les moyens d’approfondir son acquis par une approche pluridisciplinaire. Partant de la pédologie pour arriver à la botanique participative, la cartographe paysagiste interroge toutes les sciences humaines ou sociales, et ne s’interdit pas un détour par la psychanalyse : « Le sol, c’est l’inconscient des villes », se plaît à répéter Lena Soffer. L’année internationale des sols, décrétée par l’ONU en 2015, et les recherches impulsées par la grappe d’entreprises Le Vivant et la ville créent un contexte favorable à la remise au jour d’une mémoire enfouie qui propulsera Paris vers de nouvelles frontières écologiques.

 

Du Père Lachaise au Grand Paris

 

La chercheure identifie le Père Lachaise comme site témoin : la butte argileuse y a survécu aux millénaires d’occupation humaine, ce qui contribue à expliquer des records de biodiversité. Corrélée avec des prescriptions végétales, la cartographie détaillée des sols des 20 arrondissements de Paris fournira une méthode extensible à la métropole, à la disposition des citoyens qui s’en empareront. Pour en administrer une première preuve, Lena Soffer cherche une institution prête à jouer le jeu dans sa propre cour, et à accueillir, au premier semestre 2016, la présentation publique de ses recherches.

Focus

Cinq pionnières rayonnantes

Le travail de Lena Soffer sur la cartographie des sols parisiens promis à la renaissance forestière marque le troisième épisode du feuilleton en cinq parties consacré par la lettre Paysage en ligne à la résidence André Le Nôtre. Depuis septembre dernier, cette « Villa Médicis du Paysage » rode son fonctionnement au service d’une volonté « d’hybridation des savoir, des cultures et des innovations dans le champ du paysage », en lien avec sa voisine, l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles. Rendez-vous dans deux semaines avec les troublantes interprétations topographiques de la plasticienne paysagiste Amélie Blachot.

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    l'écologie urbaine, cette inconnue...

    L’écologie urbaine attend que l’on pose ses fondations. L’entrée par le paysage qui est une forme de découverte sensible, constitue une excellente approche du sujet. La biodiversité urbaine, cette inconnue, est le seconde porte d’entrée, plus scientifique q’il faut également ouvrir. Il y a du boulot.. Emmanuel Leguy Urbaniste Environnementaliste
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