Construction Numérique

Vers une révolution numérique durable

La digitalisation instaure de nouvelles règles de concurrence entre les entreprises. Elle présente de nombreuses opportunités pour faire croître leur chiffre d’affaires et leurs marges. Reste à choisir la bonne stratégie et les bons outils.

Non ! la digitalisation n’est pas une simple mode. Oui ! elle sera durable. Muriel Barnéoud, présidente de Docapost est catégorique, confirmant que « sous l’impulsion du numérique toutes les entreprises, toutes les institutions, sont concernées par cette révolution ; il n’existe pas d’abri anti-numérique ». La montée en puissance des espaces de travail partagé ou coworking, du stockage en cloud, des mégadonnées ou big data, de l’Internet des objets (IoT) ou des moteurs de règles, le prouve tous les jours, offrant de nouvelles voies de développement à tous les acteurs innovants. L’ignorer, c’est se mettre à la merci d’une concurrence sans cesse plus agressive, comme en témoigne Axel Dauchez, président de Publicis France. Près de 80 % de ses clients sentent le danger poindre. Cinq raisons à cela. D’abord en aval avec la remise en cause du rôle d’intermédiaire de l’entreprise auprès de ses clients (désintermédiation), avec de plus en plus de demandes pour de nouveaux produits ou services. Ensuite, en amont par l’attirance vers des systèmes commerciaux et processus mis en œuvre par les géants américains du web, comme Google, Apple, Facebook ou Amazon (Gafa). Puis dans l’arrivée de nouveaux entrants innovants, des start-up aux offres déstabilisantes comme le covoiturage dans les transports, les systèmes de réservation hôtelière et d’hébergement en ligne. Ou encore avec l’évolution de la productivité induite dans l’industrie comme dans les services et le déferlement des milliers d’objets connectés influant sur l’organisation et la production. Et enfin, l’irrémédiable évolution des marchés et des modes de consommation vers de nouveaux usages ou de partage, avec l’abandon de l’idée de propriété sur les biens comme la voiture ou les équipements domestiques. Résultat : tous les secteurs marchands ou non marchands sont impactés par cette révolution. Penser être à l’abri serait une erreur, qui peut être fatale.

Celui qui maîtrise le digital est celui qui maîtrise la donnée et les usages

Les intervenants de la table ronde organisée par Samsung le mardi 10 mai lors de la Samsung Innovation Week 2016, ne se sont pas contentés de pointer les risques de cette digitalisation ; ils ont aussi montré ses immenses opportunités. Car désormais, reconnaît Thibaut Felgères, directeur de la division Entreprises chez Samsung France, « toutes les entreprises ou activités ont les moyens technologiques d’accompagner leur transformation digitale, en tirer profit pour faire croître leur chiffre d’affaires et améliorer leurs marges ». Pour Karim Bahloul, directeur du Consulting chez IDC, le mouvement est même déjà en marche : « aujourd’hui 58 % des entreprises françaises s’y préparent – près des 80   % dans le secteur bancaire – et elles y consacrent en moyenne 20   % de leur budget informatique, soit aujourd’hui 10   milliards d’euros ».

Il ne s’agit pas seulement d’une transformation technique : les outils existent et se généralisent comme le montre la toute nouvelle plate-forme Artik Cloud présentée par Luc Julia, vice-président innovation de Samsung. Elle est capable de se connecter en moins de cinq minutes à tous les objets connectés et gérer les données de millions d’objets connectés de façon interopérable et non propriétaire. Mais aussi et surtout d’une nouvelle perception organisationnelle et stratégique qui repose sur la volonté des dirigeants, quitte à faire évoluer drastiquement les modèles d’affaires. Axel Dauchez détaille l’exemple du groupe Accor, attaqué par les nouveaux entrants de la réservation en ligne. « Il a choisi de créer une nouvelle plate-forme de réservation directement concurrentielle car ouverte à tous les opérateurs hôteliers, de collaborer avec des start-up innovantes pour accompagner le changement et embaucher des jeunes développeurs aux idées qui décoiffent ».

Entre la désormais « ancienne économie » et l’entreprise digitale la transition est en cours, comme le rappelle Muriel Barnéoud. « Nous sommes dans un monde hybride, où il faut gérer aussi bien du support physique – généralement du papier – que des données numériques dématérialisées. On a l’habitude de penser que le papier est sécurisant, or c’est le support le plus facile à falsifier. Les données numériques, elles, sont bien plus fiables : on mesure leur contenu, elles sont sécurisées par un opérateur de confiance, apte à assurer un stockage et une gestion pérenne ». Car la donnée, sa sécurité et son exploitation, sont désormais au cœur de l’entreprise digitale. « Celui qui maîtrise le modèle numérique est alors celui qui contrôle la donnée et la met à la disposition de ses clients », complète Karim Bahloud. Reste à choisir les bons outils.

Focus

« Digitalisation : phénomène de fond, perspectives réelles », table ronde animée par Arnaud Fleury, journaliste

Les perspectives offertes par la digitalisation sont aussi prometteuses que variées. Quels impacts concrets peut-on attendre de la transformation numérique de son activité ? Quelles solutions émergeront de la maturité des applications big data ? Comment tirer le meilleur parti du phénomène IoT dans une perspective de business ?

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