Immobilier

Valeur verte : comment passer du concept à la pratique ?

Il reste difficile d’évaluer la plus-value financière d’un bien immobilier à haute performance environnementale par rapport à un autre bien. Quelques pistes pour que cette valeur verte prenne consistance.

« Les investissements massifs dans des bâtiments performants sur le plan environnemental ne se feront pas tant que la valeur verte d’un immeuble ne se dégage pas clairement ». C’est ce qu’estime un groupe de travail réunissant des professionnels de l’immobilier dans un article qu’il vient de publier. 

Plusieurs études internationales montrent que les bâtiments « verts » bénéficient d’une meilleure valorisation sur le marché.  Ils permettent notamment de réduire le temps de commercialisation et le turnover des locataires. Des études statistiques comparant plusieurs centaines d’immeubles labellisés Energy Star ou Leed aux Etats-Unis ont montré que les immeubles de bureaux bénéficiant d’un label environnemental ont un loyer, un taux d’occupation et une valeur de revente plus élevés que les bureaux non certifiés, même pendant la crise de 2008-2009. En Suisse, une maison certifiée Minergie se revend 7 % plus cher qu’une maison comparable non certifiée et un appartement se loue 7% plus cher.

« Mais comment créer une valeur verte, et comment faire en sorte que les experts immobiliers l’intègrent ? », s’interrogent les auteurs de l’étude. Les investissements des entreprises dans l’immobilier se fondent sur des arguments financiers. S’ils ne prennent pas en compte la valeur verte, c’est parce qu’aucune donnée historique n’est disponible sur le marché européen. Il faudra donc attendre encore quelques années.

 

L’énergie d’abord

Parmi les attentes en termes de développement durable sur le marché des immeubles de bureaux, l’énergie vient en tête, suivie des émissions de CO2 et de la santé. Dans le logement, les attentes des ménages relèvent principalement de l’énergie. La performance énergétique apparaît comme un facteur susceptible de créer dès aujourd’hui une valeur supplémentaire pour un bien, du fait de la valeur économique de l’énergie. Avec l’obligation de publier un diagnostic de performance énergétique sur les annonces immobilières, le locataire ou l’acquéreur peut évaluer le coût théorique de chauffage de son logement. La performance énergétique devrait ainsi tendre à devenir un facteur de différenciation négative de la valeur des logements existants, les bâtiments anciens ou très énergivores devenant moins attractifs et moins rentables.

Les auteurs de l’étude estiment que l’évolution rapide des indicateurs de mesure et des normes de performance environnementale entraînera un phénomène comparable pour les autres critères environnementaux dans les années à venir, pénalisant ainsi les biens moins performants.

Autre question soulevée par l’étude : la performance environnementale théorique des immeubles ne suffit pas. La création de la valeur verte dépend certes de la performance du bâti (dont la responsabilité repose sur le propriétaire, l’investisseur ou le promoteur), mais aussi de la qualité de l’exploitation et des conditions d’usage par les locataires.

La garantie de performance reposera pour une grande part sur le prestataire en charge de l’exploitation du bâtiment, et s’appliquera avant tout sur la performance énergétique. Elle passera par une nouvelle forme de contractualisation telle que les baux verts liant propriétaires et locataires.

 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X