Projets

Valenciennes pose la première pierre de son futur centre d’expositions et de congrès

Avec cet équipement multifonctionnel signé Chabanne & Partenaires, la capitale du Hainaut entend devenir une destination du tourisme d’affaires.

Valenciennes a décidément bien du mérite. Voilà vingt-cinq ans que cette ville du Nord bataille pour se reconstruire sur des friches industrielles et jamais elle n’a perdu le fil de ses projets ni son ambition de revoir un jour ses jeunes faire carrière à la maison. Deux mois à peine après l’inauguration de la Serre numérique – joyau architectural de 17 000 m2 dédié aux métiers de l’image -, c’est la première pierre d’un autre grand équipement qui a été posée juste à côté jeudi 25 juin: le futur centre d’expositions et de congrès de Valenciennes Métropole, qui, promet sa présidente (Nouveau Centre) Valérie Létard, sera opérationnel dès janvier 2017.

37 millions d’euros d’un côté, 40 millions d’euros de l’autre: à terme, ce sont plus de 100 millions d’euros qui devraient être investis dans ce qui constituera demain, en lieu et place de l’ancien site Vallourec (26 ha), le parc des Rives créatives de l’Escaut, nouveau centre de gravité de l’agglomération, desservi par le tramway.

Où Valenciennes, décimée par le chômage et qui perd des habitants, va-t-elle chercher l’argent ? Valérie Létard est fière de rappeler que le mode de financement en partenariat public-privé (PPP) n’est pas dans les habitudes locales, sous-entendu: la génération suivante ne portera pas plus le poids du centre d’expositions et de congrès que celui du stade du Hainaut. Valenciennes Métropole a gardé une capacité d’investissement. Un emprunt raisonnable (la collectivité est loin du surendettement) et des subventions (le centre d’expositions et de congrès entre dans le cadre du contrat de plan Etat-Région) feront le compte. Dès ce vendredi, Valérie Létard rencontrera Jean-René Lecerf, le nouveau président du conseil départemental du Nord, pour solliciter son soutien.

 

Polyvalence et simultanéité

 

A cette méthode empirique de gestion, Valérie Létard ajoute «la rentabilité dans le fonctionnement, afin de limiter au maximum l’impact sur les finances publiques». C’est pourquoi le maître d’ouvrage a souhaité se doter d’un équipement qui permette une multiplicité d’usages et même une interaction de ceux-ci. «Polyvalence et simultanéité étaient les maîtres mots de notre feuille de route, explique l’architecte Nicolas Chabanne. Ce projet est visionnaire car il mêle les fonctions d’exposition et de congrès, ce qui est rare. Nous avons donc conçu un bâtiment modulable (130 m x 110 m) pour pouvoir ne refuser aucun événement.»

Une grande rue intérieure desservira les principaux espaces, à savoir: une halle de 1 850 m2, trois auditoriums de 150, 300 et 800 places, et une nef de 2 400 m2, susceptible d’accueillir aussi bien une exposition qu’une rencontre sportive ou un concert devant une assistance de quelque 7 000 spectateurs, tous ces modules étant isolés par des tampons acoustiques. L’ensemble sera recouvert d’une canopée traitée comme une dentelle en suspension, laquelle viendra donner sa cohérence au lieu. A noter que la centrale électrique et le château d’eau de l’usine Vallourec, fanaux du quartier, ont été intégrés architecturalement et fonctionnellement au projet.

Une course contre-la-montre a désormais débuté car la maîtrise d’ouvrage a exigé un chantier très rapide pour une livraison dès la fin de l’année 2016 ! Le terrassement débutera donc dès cet été, tandis que la charpente sera lancée concomitamment en fabrication. Les marchés de travaux ont été attribués à Ramery/CB Nord (gros œuvre), Eiffage Energie/Spie (flux), SDI/Décor Peinture (second œuvre), Santerne (chauffage, ventilation, climatisation, désenfumage, plomberie), AMG (scénographie) et Boscher (signalétique).

«Trois raisons nous ont poussés à nous engager dans cette opération, résume Valérie Létard: le constat que nous étions obligés de délocaliser des événements, la volonté d’offrir un lieu de rencontre et d’échange à nos forces vives et l’opportunité de développer une industrie du tourisme d’affaires, pour laquelle il existe un marché réel.» Il est sans doute important de souligner que Valenciennes Métropole et la CCI du Grand Hainaut, porteuse du projet de la Serre numérique, marchent main dans la main. Le Valenciennois fait tout simplement ici la démonstration que même à l’heure de la baisse des dotations d’Etat, il est encore possible de faire des projets. Une question de vision du monde.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X