Réalisations

Œuvres construites en Ile-de-France (5/10) : Institut du monde arabe (Paris)

Dans le cadre de l’exposition  » Œuvres construites/1948-2009″, le Moniteur.fr, le Pavillon de l’Arsenal et le Centre Pompidou vous invitent à découvrir chaque semaine jusqu’au 25 mars les réalisations emblématiques qui ont marqué l’histoire architecturale de Paris et de l’Ile-de-France. Aujourd’hui : l’Institut du monde arabe à Paris (5e).

L’idée d’un lieu dédié aux cultures arabes à Paris naît en 1974 de la volonté conjointe de vingt États arabes, qui s’associent dans cette entreprise à la France. Sa réalisation est différée par les alternances politiques et n’est finalement lancée qu’en 1980, devenant ainsi le premier des Grands projets du président François Mitterrand. Un concours national d’envergure voit l’équipe formée par Jean Nouvel et Architecture-Studio l’emporter devant des architectes plus reconnus. S’il a d’abord été envisagé de le construire dans le XVe arrondissement, c’est finalement sur les bords de la Seine, à l’aboutissement du boulevard Saint-Germain, que l’Institut du monde arabe trouve sa place. Cette situation particulière fait dire à Jean Nouvel que son bâtiment agit comme une interface.

Tissu parisien

Pris entre le tissu parisien ancien, le fleuve et l’université de Jussieu – variation d’Édouard Albert sur les principes de l’urbanisme des années 1960 -, l’édifice répond au contexte par une implantation qui respecte le parcellaire historique sans pour autant renier les édifices modernes. Jean Nouvel installe son bâtiment en tête de la barre voisine et clôt ainsi l’îlot. La façade nord se courbe pour accompagner le fleuve et renvoie à Paris un reflet imaginaire de verre sérigraphié. La face sud donne sur une cour carrelée qui met à distance les bâtiments universitaires. Le volume est entaillé par une faille, qui insère une rupture au coeur même de l’édifice, le fractionnant en deux éléments distincts. C’est la vue sur le chevet de la basilique Notre-Dame, toute proche, qui détermine son emplacement.

Moucharabiehs métalliques

Mais la figure d’interface ne concerne pas uniquement l’aspect urbain du projet. L’édifice est un lieu de rencontres, un milieu entre culture occidentale et arabe, entre histoire et modernité. Il joue des codes et des thèmes propres à l’architecture méditerranéenne et les évoque au moyen de jeux esthétiques et technologiques, qui marient ornement et géométrie. Il en va ainsi du patio, pièce extérieure aux façades d’une abstraite blancheur mathématique, et des moucharabiehs métalliques, que les variations de lumière animent et qui projettent sur les parois des motifs changeants. Le travail sur la transparence et sur la profondeur, la fascination pour l’image et la recherche d’une architecture immatérielle dont la lumière serait le matériau premier sont autant de thèmes qui reparaissent dans la production de Jean Nouvel au cours de la décennie suivante. Cette réalisation marque fortement la scène architecturale française, et vaut à ses concepteurs l’Equerre d’argent et le prix Aga Khan.

Exposition «  Œuvres construites/1948-2009. Architectures de collection Paris/Ile-de-France « 
Jusqu’au 28 mars 2010
Au Pavillon de l’Arsenal (21, boulevard Morland – 75004 Paris)
Entrée libre du mardi au samedi de 10h30 à 18h30, le dimanche de 11h à 19h

www.pavillon-arsenal.com

 

 

Focus

Fiche technique

Opération : Institut du monde arabe
Maîtrise d’ouvrage : Fondation de l’Institut du Monde arabe/Scarif
Maîtrise d’œuvre : Jean Nouvel, Gilbert Lézénès, Pierre Soria, Architecture-Studio, architectes
Calendrier : 1981-1987
Adresse : 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005 Paris

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