Construction Numérique

Une « Wikihouse » dans un jardin

Mots clés : Architecture - Bois - Matériel - Equipement de chantier

Une « Wikihouse »? C’est une maison en bois dont les plans sont en accès libre. Selon son inventeur, tout le monde peut la construire, à la seule condition d’avoir accès à une fraiseuse numérique. L’agence WAO architecture a relevé le défi cet été, et s’est construit une petite « Wiki-Maison à thé ».

« Pendant les grandes vacances, nous organisons toujours un workshop, explique Clément Duroselle de l’agence WAO architecture. L’an dernier, nous étions au Vietnam. » Moins exotique cette année, le projet estival s’est déroulé à Grisy-sur-Seine (Seine-et-Marne), dans un jardin de particulier. Au fond de ce dernier, au bord d’un petit étang, une cabane sur pilotis a été érigée. Si sa forme se veut traditionnelle et rappelle celle des pavillons à thé japonais, sa conception et sa fabrication découlent d’un procédé résolument actuel.

Car la « WikiTeaHouse » – c’est son nom – est une réinterprétation de la « Wikihouse », un système constructif open source (selon le même principe que les logiciels libres) basé sur les technologies numériques. Le but de ce concept, développé par l’architecte britannique Alastair Parvin, est de permettre à tout un chacun de construire une maison à partir d’éléments découpés par une fraiseuse à commande numérique.

« L’idée de la Wikihouse nous a séduits car la démarche demande une implication sur toutes les étapes : depuis la modélisation jusqu’au montage, et nécessite la maîtrise des outils de fabrication » explique Minh Man Nguyen, le second collaborateur de WAO.

 

La maison en kit, pas à pas

 

Pour commencer, les architectes de WAO ont téléchargé les plans de la maison standard. Ils les ont adaptés, en ajoutant notamment des pilotis et un porte-à-faux. « En dix jours, après 4 essais 3D, nous avions terminé la conception et le plan de découpe » se souvient Minh Man Nguyen. Un prototype au 1/10 a ensuite été réalisé à la découpeuse laser. Cette étape a été l’occasion d’établir la séquence de montage mais aussi de réaliser qu’il manquait des pièces indispensables. Si l’on omet les calles et les chevilles, le nombre de morceaux s’élève à 108. Ils ont été usinés en quatre jours à partir de planches de contreplaqué en pin au sein de l’atelier collaboratif WoMa (Paris, 19e), où l’agence WAO a élu domicile.

Dans le jardin de Grisy, mis à part les caprices de la météo, le montage s’est déroulé sans anicroche. Trois jours et cinq paires de bras ont suffi pour dresser le pavillon sur ses fondations superficielles. Le système constructif ne nécessite ni colle ni quincaillerie. Il repose sur le « S-joint » qui permet de rabouter deux planches et d’associer deux épaisseurs grâce un système de clé qui verrouille l’assemblage. « Ce joint s’inspire des techniques mises en œuvre dans la charpente traditionnelle, il n’est pas sans rappeler la technique du trait de Jupiter » détaille Clément Duroselle.

La Wikiteahouse, pensée comme une cabane ouverte, n’a pas bénéficié d’isolation. Néanmoins, cette étape aurait facilement pu être réalisée en remplissant les murs dont l’épaisseur est de 20 cm. L’expérience pour les jeunes architectes visait surtout à vérifier la possibilité d’enrichir et de modifier les plans initiaux. Elle a aussi permis d’observer certains défauts : « le principal réside dans le « nesting », c’est à dire l’assemblage de plusieurs pièces à découper sur une même planche, précisent-ils. Il pourrait être amélioré pour minimiser les chutes. »

Ces réflexions seront sans doute utiles pour d’autres projets. Car à WoMa, le « fait maison » est roi. Et en ce début de mois de septembre, au fond de l’atelier, la fraiseuse poursuit son va-et-vient. « Nous découpons des poignées, c’est pour nos nouveaux placards… » annonce Minh Man Nguyen.

 

Ont également participé au projet : Clément Langelin (développement fabrication) ainsi que Camille Dang, Charles Valla, Chau Minh Luong et Alix (construction)

Pour en savoir plus sur le concept Wikihouse, c’est ici (pour les anglophones) et (pour les francophones).


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    Ecoquille

    Bonjour, Quelques similitudes semble-t-il avec l’écoquille, notamment le concept qui est également mis à disposition en « open source ».
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    Ecoquille

    Bonjour, Quelques similitudes semble-t-il avec l’écoquille cf. http://www.immobilierecologique.fr/ECQ, notamment le concept qui est également mis à disposition en « open source ».
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