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Une PME alsacienne chasse la pollution de l’air intérieur par le petit format

Mots clés : Air - Bâtiment et santé - Innovations - PME

Dans un banal tissu en forme de pentagone se cachent des traqueurs de polluants d’air. La société de recherche et développement alsacienne Inovame a mis au point un dispositif qui rassemble en quelques centimètres de quoi réduire fortement les émissions de composés organiques volatils et de formaldéhyde.

Le tissu renferme un charbon actif suffisamment puissant pour exercer son pouvoir naturel d’adsorption, gage d’une lutte efficace contre les composés organiques volatils (COV) que le charbon actif capte, puis piège dans des pores. La capacité atteint 1 000 m2/gramme. «Sur quelques centimètres, on parvient ainsi à concentrer 50 000 m2 de surfaces d’adsorption», explicite Thierry Miclo, le dirigeant d’Inovame. Pour le formaldéhyde, l’autre ennemi de la qualité de l’air intérieur, une substance active organique, l’acétoacétamide, est déposée afin de le fixer.

Les analyses réalisées par l’institut Forêt-cellulose-bois construction-ameublement (FCBA) concluent à une réduction des émissions de COV de 30% dans une chambre où circule de l’air pollué et une diminution de 45% pour le formaldéhyde. Le laboratoire d’Inovame a par ailleurs mesuré des réductions de plus de 60% en «statique», dans des milieux clos ou l’air ne circule pas, tels que l’intérieur de meubles.

Les polluants capturés ne sont pas relargués, ils restent emprisonnés dans les modules.

Selon le dirigeant d’Inovame, «trois petits modules ou un seul de dimension plus grande permettent de réduire les émissions d’une pièce entière».

 

Produit breveté

 

Ce module miracle a fait l’objet d’un brevet en France début 2016, avec l’objectif d’une extension européenne. Il a décroché une médaille de bronze au concours Lépine international de Paris de cette année. Inovame en démarre à présent la commercialisation sous le nom de Blooow, évocateur du souffle en anglais… d’un souffle puissant en l’occurrence, avec ses trois «o» ! La PME vise la vente en ligne*, dans des magasins spécialisés dont les réseaux bio et les revendeurs de meubles, mais aussi les établissements recevant du public (ERP) confrontés à l’obligation progressive de mesure de la qualité de leur air intérieur.

Inovame n’en est pas à son coup d’essai. Née en 2005 et ayant réalisé 900 000 euros de chiffre d’affaires l’an dernier, la société de 10 personnes a déjà multiplié les innovations dans l’assemblage de revêtements de sols puis de meubles et dans l’intégration de panneaux photovoltaïques. Ces nouveautés ont également collectionné les distinctions à diverses éditions du Lépine, dont le premier prix du concours Lépine européen et le prix du Président du concours Lépine de Paris.

Et son dernier tissu peut, en plus, se prêter à la décoration. «On peut faire des oreilles, un nez et une bouche comme une peluche !  C’est mon garçon de huit ans qui m’a soufflé l’idée !», sourit Thierry Miclo.

 

* Le prix public est de 15 euros pour un module petit format.

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  • - Le

    Efficacité

    L’efficacité a été testée au FCBA suivant la norme ISO16000-23:2009. Les COV sont adsorbés par le charbon actif et le formaldéhyde est chimisorbé par le deuxième composé actif. Les quantités de matériaux actifs ont été calculées pour être efficaces pendant deux ans dans une pièce normalement polluée (en se basant sur les données moyennes de pollution de l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur). info@inovame.com
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  • - Le

    Pour quelle efficacité ?

    Les modules sont réellement esthétiques, ceci, on peut leur accorder bien volontiers. Mais qu’en est-il de leur efficacité ? Quand on sait qu’ils ne peuvent que capter et non pas absorber les polluants qu’ils mentionnent. Je leur concède qu’une mesure avant et après la pose de ces modules puisse faire apparaître une réduction de 70% de ces polluants. Mais sachant qu’en situation normale, sans émanation continue, leur « durée de vie » n’excède pas un mois, peut-on vraiment considérer leur étude comme viable ? Pour ces raisons, je me permets de fortement douter de l’efficacité de ces modules.
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