Paysage

Une place jardinée pour entrer en France par Strasbourg

Lorsqu’ils arrivent en France par Strasbourg en voiture ou en train, les voyageurs découvrent une place jardinée qui connaît ces jours-ci ses premiers bourgeonnements. Après 6,47 millions d’euros d’investissement sur 3,2 hectares, Marion Talagrand a livré en décembre un espace public compatible avec la densification qui découlera de l’arrivée de la ligne de tram franco-allemande, en avril 2017.

A quelques centaines de pas du Rhin entre la cité enclavée des années 30 au nord et le nouveau front urbain en fin de chantier au sud, la nouvelle place de l’hippodrome crée un trait d’union apaisé, encadré par les deux églises catholique et protestante. La quiétude des cheminements contraste avec les scènes de guerilla urbaine qui avaient ravagé ce site lors du sommet de l’Otan, en avril 2009. « Après de longs débats sur les matériaux, le choix d’un granit classique affirme l’égalité d’intérêt entre le centre-ville et ce territoire longtemps délaissé », souligne la paysagiste Marion Talagrand, mandataire de la maîtrise d’œuvre franco-allemande qui associe Alice Brauns (paysagiste) Jens Metz (architecte) et le bureau d’études Berest.

 

Ambiance fluviale

 

A la liaison nord-sud entre les quartiers du XXe et du XXIe siècle, les concepteurs ajoutent un regard vers l’Est, où la frontière rhénane se transforme en cœur d’agglomération transfrontalière en devenir. Outre les courbures qui évoquent le mouvement naturel de l’eau, la référence au fleuve se lit dans la végétation de bord de rive, malgré l’impossibilité d’aller jusqu’au bout de la logique : les inconnues sur les pollutions héritées du passé industriel, militaire et routier interdisent l’infiltration dans la nappe des eaux de surface collectées par les jardins.

 

Mutations multiples

 

Le pas franchi sur cette place en annonce d’autres, conformément au plan guide rédigé par l’agence TER pour la Société publique locale des Deux rives, sur 80 hectares d’anciennes emprises industrielle et portuaire : vers l’est, cette même équipe de paysagistes reconvertira l’ancienne plate-forme douanière, tandis qu’Alexandre Chemetoff transformera la friche Coop à l’ouest.

L’intérieur même de la place de l’hippodrome devrait connaître de nouvelles transformations. « Nous l’avons conçue pour la rendre compatible avec la densification qui pourrait résulter de l’arrivée du tram », souligne Marion Talagrand. Des abris-vélo, un local associatif et des commerces font partie des hypothèses envisagées.

Vers le nord, la paysagiste a déjà engagé les études d’avant-projet qui, avec des jardins familiaux à l’échelle résidentielle, perfectionneront le raccordement avec le quartier ancien, dans le cadre d’une troisième et dernière tranche d’aménagement de la place de l’hippodrome.

Créatrice de l’Atelier Marion Talagrand en 2000, la maître d’œuvre a enregistré l’une de ses premières commandes sur ce site emblématique de la diversité des échelles de temps et d’espace d’un projet paysager, avec ses accélérations imprévisibles : les incendies de 2009 ont déclenché le passage à l’acte, après plus de cinq ans d’études.

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