Culture

Une pétition pour sauver la Banque populaire de l’Ouest signée ODBC

Mots clés : Architecte - Conservation du patrimoine

La « BPO », bâtiment « high tech » inauguré en 1990 à Montgermont (Ille-et-Vilaine), est menacée de démolition. L’architecte Odile Decq, qui l’avait construite avec Benoît Cornette, insiste sur sa valeur iconique. Elle appelle à la mobilisation pour obtenir son sauvetage et sa protection au titre du patrimoine architectural.

A nouveau, une architecture représentative de la création du XXe siècle est en danger. Après le « 57 Métal » de Claude Vasconi ou, plus récemment, « Les Briques rouges » de Paul Chemetov, la menace pèse désormais sur le siège de la « BPO », la Banque populaire de l’Ouest. Réalisé à Montgermont, près de Rennes (Ille-et-Vilaine), par les architectes Odile Decq et Benoît Cornette, il avait été inauguré en 1990. Odile Decq a donc lancé une pétition à l’adresse, notamment, du Président de la République François Hollande et de Fleur Pellerin, la ministre de la Culture. Une semaine environ après sa mise en ligne, le texte comptabilisait plus de 790 soutiens au 16 juillet. Et pas des moindres (voir-ci-dessous).

En décembre dernier, la Banque populaire de l’Ouest a en effet regroupé ses équipes sur un site de la commune proche de Saint-Grégoire, dans un nouveau bâtiment réalisé par l’architecte rennais Jean-François Golhen. Depuis le bâtiment de Montgermont est demeuré inoccupé et Odile Decq expliquait récemment dans Ouest-France que les instances dirigeantes de l’établissement lui avaient « confirmé le projet de démolition, pour des raisons techniques ». La banque a précisé au Moniteur qu’un permis de démolir a été déposé au début du mois de juillet, tout en expliquant que « l’édifice était en vente depuis 2008 et n’a pas trouvé acquéreur ». Seraient en cause, selon l’organisme financier, les problèmes thermiques dont souffre le bâtiment.

 

Lion d’or à Venise

 

Dans le texte de sa pétition, Odile Decq souligne pourtant combien la « BPO » s’était montrée à l’époque de sa construction un projet « soucieux des problématiques environnementales comme des questions de confort et de qualité du lieu de travail. » Plus généralement, l’architecte insiste sur le caractère innovant de cet édifice tout de verre et de métal. « Bâtiment techniquement exceptionnel pour les expérimentations qu’il met en œuvre, la « BPO » est représentative du courant « high tech » au même titre que la tour HSBC à Hong Kong  (architecte Norman Foster, NDLR) ou le siège des Lloyd´s à Londres (architecte Richard Rogers, NDLR) », écrit-elle encore. Elle glisse au passage qu’en 1996, la construction lui avait valu, ainsi qu’à son associé disparu en 1998, de décrocher le Lion d’or à la Biennale de Venise.

Aujourd’hui, Odile Decq souhaite que son œuvre soit sauvée mais également protégée au titre du patrimoine architectural. Ainsi, elle appelle de ses vœux une instance de classement qui permettrait d’échapper à la destruction, du moins dans l’immédiat.

 

En savoir plus

Ils ont signé l’appel

Parmi les quelque 790 signataires de la pétition, l’agence ODBC a repéré le noms d’architectes réputés et autres acteurs majeurs de la vie culturelle :

Lord Norman Foster, Pritzker Prize 1991,

Frank Gehry, Pritzker Prize 1989,

Thom Mayne, Pritzker Prize 2005,

Dominique Perrault, Grand prix national de l’architecture en 1993,

Claude Parent, Grand prix national de l’architecture en 1993,

Bernard Tschumi, Grand prix national de l’architecture en 1996,

Frédéric Borel, Grand prix national de l’architecture en 2010,

Paul Chemetov, Grand prix national de l’architecture en 1980,

Massimiliano Fuksas, Grand prix national de l’architecture en 1999

Ainsi que  Jean Paul Viguier, Manuelle Gautrand, Daniel Libeskind, Martin Francis, Michael Sorkin, François Geindre, Jean-Pierre Duport, Djamel Klouche, Andrea Blum, Bernard Chauveau, Colette Tornier, Anne-Marie le Guével, Philippe Tretiack, Bernard Utudjian, Alessandra Cianchetta, Hervé Perrin, Michael Webb, François Barré, David Jenkins, Luca Galofaro, Spela Hudnik, Henri Jobbé-Duval, Stefano Casciani, Vicente Guallart, Roland Halbe, François Bordry, Frederic Lenne, Emmanuel Chateau, Thierry Van de Wyngaert, Jacques Terriere, Madeleine Houbart, Seton Smith, Kim Nielsen, Kristin Feireiss, Hans-Jurgen Commerell, Andrija Rusan, Christophe Aribert, Andre Chieng, François Loyer, Monica Ponce de Leon, François Seigneur, Reza Azard, Guillaume de la Broise, Daniel Ollivier, Carin Smuts, Beth Weinstein, Hugh Dutton, Jacques Plante, Marc Malinowsky, Axel Schultes, Gianpiero Moretti…

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
  • - Le

    à Phillipe Peyroche

    Bonjour Mr.Peyroche, qu’entendez vous part « ce type de bloc » ? Si, ce dont je doute étant donné votre commentaire, vous avez cherchez un peu plus loin que la simple image publiée dans l’article, vous auriez pu découvrir que « ce bloc » (connotation massive) est en réalité une architecture de lumière et de transparence avec sa façade entièrement vitrée portée par l’extérieure ( très rare en 1990). De plus, je crois que chercher des analogies formelles n’a jamais été pertinent (pour ou contre) dans l’analyse de la qualité d’un projet d’architecture. Formellement, la cité radieuse ressemble à une barre comme une autre (couleurs en moins), et pourtant…
    Signaler un abus
  • - Le
    Sauver ce type de bloc ? Et pourquoi pas la fameuse station balnéaire de Pora ? Les analogies formelles ne manquent pas .
    Signaler un abus
  • Commenter cet article
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X