Construction Numérique

Une matinée d’évangélisation BIM avec Stabiplan

Mots clés : Dessin - Logiciels - Outils d'aide

La société néerlandaise Stabiplan, fournisseur d’un outil de dessin et d’une base d’objets numériques pour les fluides (MEP), organise, à l’instar de ses confrères, des réunions commerciales un peu partout en France. Une occasion pour la maîtrise d’œuvre de confronter fantasmes et réalités du BIM.

A Saint-Etienne du Rouvray, une des banlieues industrieuses de Rouen, ils sont 22 ce matin-là venus écouter l’équipe de Stabiplan présenter ses solutions Stabicad et MEPcontent. La veille, l’équipe de Marc de Fleury, directeur commercial France de la société néerlandaise, avait accueilli 15 personnes à Rennes cette fois. Ingénieurs, dessinateurs projeteurs, architectes, économistes : la maîtrise d’œuvre constitue l’essentiel de l’assemblée car c’est sans aucun doute, elle, qui s’inquiète le plus de l’émergence de ces nouveaux outils qui composent la galaxie BIM.

Voici donc l’un de ses outils, présentés par deux « professeurs » dont la jeunesse et la dextérité d’usage feraient presque sentir un petit décalage de génération. Louis Parent, responsable technique et Morgan Hayoun, responsable commercial Nord-Ouest évoquent par le menu le plugin Stabicad, installable dans AutoCAD comme dans Revit. L’outil consiste en une palette de solutions prédessinées qui visent à faciliter la conception des réseaux de fluides (ventilation, plomberie, électricité) en proposant, par exemple, des solutions multiples de résolution de nœuds.

L’un des arguments phares de la palette Stabicad est qu’elle se présente de la même façon dans AutoCAD et Revit et, grâce à un organe de gestion centralisé (StabiBASE), permet de transférer les projets d’un logiciel à l’autre sans pertes de données. Un point important pour les utilisateurs néophytes de Revit, rassurés de pouvoir revenir à l’outil 2D si le besoin se faisait sentir. Même si dans la pratique, on envisage assez mal faire des aller et retour entre modèle 3D et dessin 2D tant les façons de concevoir y semblent distincts.

Par ailleurs, la bibliothèque de contenu MEPcontent  rassemble une offre très large d’objets numériques de fournisseurs d’équipements techniques (Nicoll, Aldes, Atlantic , De Dietrich…) que l’on peut donc intégrer dans Revit de façon simple et qui embarquent les données techniques du matériel.

Le coût de la solution [modulable en fonction du métier (plomberie, électricité, ventilation… ), des plug-in Revit et AutoCAD, du caractère local ou réseau de la version] commence aux alentours de 3000 euros pour une licence perpétuelle.

 

Une maîtrise d’oeuvre dans l’expectative

 

A la pause, le café coule et quelques inquiétudes s’expriment. Emmanuel Pau, économiste du cabinet A2B, confie : « Je ne sais pas ce que notre métier va devenir. Dans ma prestation, il y a de fournir les métrés. S’il suffit d’un bouton dans le logiciel, c’est du travail en moins et donc du chiffre d’affaires. Et à terme, je ne vois pas comment des petites structures comme la nôtre vont rester indépendantes. J’ai l’impression que l’on va vers une maîtrise d’œuvre unifiée, avec tous les métiers au sein de grosses structures. »

Pour Christophe Calderon, technicien fluides-VRD-cuisine, au sein du bureau d’études Wor Ingéniérie : « Si dans les années qui viennent, je ne peux pas mettre Revit sur mon CV, je serai hors course. J’ai eu le droit à 6 jours de formation il y a moins d’un an. Depuis, je n’ai pas pratiqué qu’à de très rares occasions et pas sur des projets opérationnels. Il faudrait que je me forme à nouveau et que, cette fois, je dispose d’une licence. » Un témoignage qui confirme combien l’absence de pratique quotidienne rend vaine les formations « découvertes » des outils de maquette numérique, aussi longues et chères soient-elles. Et qui met aussi en exergue le coût du passage aux solutions BIM car au prix de la formation, il faut ajouter celui de la licence.

Et puis c’est le retour en salle, et cette fois, on passe en mode participatif. Les chaises sont installées en cercle et commence une séance de catharsis générale autour du BIM. Premier constat, il n’y a pas d’« anti ». Ceux qui sont présents ont bien compris l’enjeu. Mais les questions sont nombreuses : temps de réponse des maquettes compte tenu de la taille des fichiers, investissement dans les machines performantes capables de les supporter, rémunération du travail supplémentaire que cela implique, compatibilité des fichiers, temps nécessaire pour devenir pleinement opérationnel…

Morgan Hayoun prend le rôle du thérapeute rassurant. Le discours tient du « N’ayez pas peur, nous sommes là. » Parfaitement rôdé. Tous repartent avec l’impression d’être un peu moins seuls dans ce grand bouleversement. Et ceux qui maîtrisent déjà les outils, sont contents d’avoir pris un peu d’avance.

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