Réalisations

Une maison de verre pour faire la lumière sur l’histoire européenne

Mots clés : Architecture - Fondation

Le parlement européen a inauguré, le 4 mai, un lieu d’exposition d’environ 10 000 m² pour comprendre sur quelles fondations repose l’Union. L’architecture, franco-allemande, est cosignée des agences Chaix & Morel et Associés et JSWD Architekten.

« L’ouverture d’un musée est toujours une bonne nouvelle. La culture est un facteur de liberté. On ne peut pas économiser là-dessus. » Dans le contexte actuel d’euroscepticisme, le président du parlement européen, Antonio Tajani, s’est réjoui de l’ouverture imminente, samedi 6 mai, de la Maison de l’histoire européenne à Bruxelles (Belgique). Dix ans après le lancement du projet, ce lieu d’exposition, dont l’entrée est gratuite, présente les évolutions et révolutions économiques, politiques, sociales et culturelles qui ont secoué le continent du XIXe siècle à nos jours. Il est situé en lisière du quartier européen, dans un édifice classé du parc Léopold. George Eastman (1854-1932), inventeur de l’appareil photo Kodak et philanthrope, y avait fait bâtir, en 1935, un institut dentaire suivant les plans de l’architecte Michel Polak (1885-1948). Les façades et quelques intérieurs de style Art déco ont été conservés. Tout le reste est neuf.

 

Contraste

Lauréates en 2011 du concours international de maîtrise d’œuvre, les agences d’architecture Chaix & Morel et Associés (France) et JSWD Architekten (Allemagne) ont surélevé et comblé la cour de ce bâtiment en U, dans le respect de la composition d’origine. La partie neuve se veut aérienne et translucide, en contraste avec la masse opaque de la partie ancienne. Un atrium, contenant un escalier suspendu et des ascenseurs vitrés, fait la jonction entre les deux. L’ensemble totalise une surface hors œuvre nette de 9 970 m², pour un coût des travaux de 27,6 millions d’euros HT.

 

Prismes

Pour symboliser la construction de l’Union européenne et apporter du dynamisme au volume, les architectes ont imbriqué des « prismes opaques semblant flotter dans une boîte transparente ». Les cinq étages de l’exposition permanente alternent donc entre des zones en éclairage naturel et artificiel. Des terrasses avec vue sur le parc et la ville complètent le dispositif. Scénographie et/ou sécurité ? Le jour de l’inauguration officielle, le 4 mai, toutes les façades vitrées avaient leurs stores baissés, rendant l’accès à l’extérieur visuellement et physiquement impossible. Une autorisation exceptionnelle a permis, pendant quelques minutes, de profiter de la lumière du jour à travers la façade en verre structurel sérigraphié. Une bouffée d’air pour des visiteurs oppressés par un passé et un présent pesants : dictature, guerre, génocide, récession et mort de migrants aux frontières de l’Europe. Conclusion : l’obscurantisme n’a pas besoin d’obscurité.

 

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Parlement Européen (direction générale infrastructure et logistique).

Maîtrise d’œuvre : Chaix & Morel et Associés et JSWD Architekten, architectes ; TPF Engineering, ingénierie ; Werner Sobek, façades ; Francis Crombez Développement, économie ; Tribu, développement durable ; SPRL Venac, acoustique ; Socotec Belgium, conseil en sécurité.

Surface : 9 97O m² shon.

Coût des travaux : 27,6 millions d’euros HT.

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