Chantiers

Une géothermie pour assurer le rafraîchissement du futur immeuble de bureaux Le Thémis, aux Batignolles

Mots clés : Energie renouvelable - Lieux de travail - Urbanisme - aménagement urbain

L’immeuble d’Icade dans la ZAC Clichy-Batignolles, qui sera livré fin 2017, bénéficiera d’un géocooling, un rafraîchissement assuré par une installation géothermique sur nappe, à 60 m de profondeur.

Au pied du futur Palais de Justice, dans la ZAC Clichy-Batignolles, dans le 17e arrondissement de Paris, le chantier du futur immeuble de 10 55 m² de bureaux Le Thémis a démarré. Cet ensemble, conçu par l’architecte Corinne Vezzoni, sera raccordé comme tous les immeubles de la zone, au réseau géothermique collectif pour couvrir les besoins en chauffage et en eau chaude sanitaire. Mais ce forage, à 600 m de profondeur, puise les calories sur la nappe de l’Albien, réserve d’eau potable pour tout le bassin parisien. Impossible par conséquent d’y rejeter de l’eau plus chaude, ce qui favoriserait le développement bactérien. Chaque projet sur la ZAC doit donc imaginer son propre système de refroidissement, non assuré par la géothermie collective.  Pour Le Thémis, une géothermie sur nappe a été retenue. Le système est qualifié de « géocooling assisté ». L’essentiel des besoins est couvert par l’installation géothermique, avec une distribution de la fraîcheur à l’aide de modules en plafond, constitués de panneaux de tôles dans lesquels circulent des tubes en cuivre. Mais le recours à des groupes de froid et une centrale de traitement d’air est nécessaire pour les quelques jours de l’année où la température élevée s’accompagne d’une forte humidité.

 

Co-traitance

 

Côté géothermie, l’installation repose sur trois forages. Le premier sert pour le pompage, autour de 50 m3 / h. Les deux autres sont dédiés à la réinjection. Une exigence du bureau d’études CEBTP, certaines nappes se situant à seulement 10 m du sol. Il fallait à tout prix éviter une remontée d’eau excessive. Un équilibrage entre ces deux points supprimera tout risque de débordement.

Deux entreprises de forage travaillent sur le projet, en co-traitance. Cotrasol réalise le puits de pompage et l’un des deux puits de réinjection, l’autre étant confié à Sanfor. Vu la diversité et la fragilité du sous-sol parisien, les entreprises ont retenu la technique dite Rotary. Un tricône broie le terrain au fur et à mesure, avec un refroidissement du matériau par de l’eau en boucle fermée, avec un système de pompage et de désensablage. Idéal pour traverser les calcaires et les sables, qui auraient été bien trop endommagés par l’utilisation d’une machine « marteau fond de trou », fonctionnant à l’air. Sur les 40 premiers mètres, avant la nappe, sont enfoncés des tubes en acier, dans lesquels est  coulé un ciment de fondation. La nappe est alors atteinte. En-deçà de l’installation de pompage, des crépinettes en Inox prennent le relais, pour le pompage. Le forage atteint ainsi 62 m de profondeur, juste assez pour ne pas toucher les sables yprésiens qui constituent la couche géologique suivante.

 

COP de 20

 

Terminée fin juillet, l’installation géothermique devrait atteindre un coefficient de performance (COP) impressionnant, aux alentours de 20. Soit 1 kW d’électricité consommé pour 20 kW de froid restitués. Une performance qui aidera l’immeuble Le Thémis à atteindre l’ambitieux objectif de 50 kWh/m².an d’énergie primaire imposé par la Mairie de Paris, soit bien moins que ce qu’exige la RT 2012 pour les immeubles tertiaires.

 

 

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