Performance énergétique

Une chaufferie bois compacte pour Saint-Germain-en-Laye

Mots clés : Bois - Energie renouvelable - Entreprise du BTP - Etat et collectivités locales

En service depuis avril 2015, la centrale biomasse de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) a été inaugurée le 7 juillet par son exploitant Dalkia Ile-de-France, les représentants de la municipalité et de l’Ademe. Implantée dans un espace réduit, cette installation, fournit 60 % de la chaleur des abonnés au réseau chaleur de la ville.

Depuis le 1er avril 2015, les chaudières de la centrale biomasse de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) alimentent le réseau de chaleur locale. Cependant, les réflexions autour de l’architecture du site se sont un peu prolongées. C’est donc le 7 juillet que le bâtiment, revêtu d’un bardage bois du plus bel effet, a enfin daigné accueillir une cérémonie d’inauguration en son sein. « Cette installation couvre 60 % des besoins en chaleur de 3900 équivalents-logements grâce à du bois local. Outre ses qualités environnementales, ce combustible n’est pas soumis aux aléas internationaux. Son prix variera peu dans les prochaines décennies », se félicite Jean-Philippe Buisson, directeur de Dalkia Ile-de-France, dont la filiale Enerlay exploite le réseau. Cette dernière a investi 4,25 millions d’euros dans l’opération. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et la Région ont ajouté respectivement 150 000 et 600 000 euros.

Mis en service en 1973, le réseau de chaleur de Saint-Germain-en-Laye fournissait à l’origine du chauffage et l’eau chaude sanitaire du quartier Bel Air. Il a expérimenté de nombreuses énergies : le fioul, le charbon, puis enfin le gaz en 1999. Enerlay obtient la délégation de service public de cette infrastructure le 1er juillet 2012 pour 20 ans. La municipalité requiert toutefois l’usage d’énergies renouvelables. « J’étais attristé d’apprendre que des rebuts de nos forêts, valorisables dans une chaufferie, partaient en Belgique », se remémore Emmanuel Lamy, maire de la commune. Le réseau s’étend alors sur 3,5 km et approvisionne 2500 équivalents-logements.

 

Une surface restreinte

 

Le nouveau délégataire amorce donc les études pour la construction d’une centrale biomasse. Ses équipes repèrent une parcelle de 2000 m² dans le nord-ouest de la ville, à proximité du nouveau cimetière. « La superficie constituait la principale difficulté de l’opération, observe Bastien Caujolle, responsable du projet au sein de Dalkia Ile-de-France. L’agencement des installations devait laisser suffisamment de place pour les techniciens et les camions. »

Ainsi, les deux silos de 650 et 350 m3, qui contiennent les stocks de bois, sont enterrés devant la chaufferie pour libérer de l’espace. Chaque réservoir est relié par un circuit indépendant à une chaudière, d’une puissance de 4 MW pour le plus grand et 2 MW pour le second. « La séparation entre les deux chaines d’approvisionnement nous offre plus de sécurité. Si l’une tombe en panne, l’autre peut continuer à assurer la production, précise le responsable de projet. Au sujet des chaudières, une puissance de 2 MW suffit pour couvrir la demande pendant la saison estivale. » L’équipement peut de la sorte fonctionner à des régimes de puissance optimaux, même en été.

 

Des déchets de bois locaux

 

Lors de leur première année d’exploitation, les deux chaudières ont brûlé 8000 tonnes de plaquettes forestières. Ces petits bouts de bois sont issus du broyage de l’exploitation forestière ou de l’élagage d’arbre en zone urbaine. « Ils proviennent de lieux situés dans un rayon maximal de 50 kilomètres autour de Saint-Germain-en-Laye, indique Claude Bastian, chargé de l’approvisionnement en biomasse au sein de Bois Energie France, une filiale de Dalkia. Ce combustible est rassemblé dans une plate-forme logistique à Montesson. Des camions de 90 m3 l’acheminent ensuite jusqu’à la chaufferie. » En période de fortes consommations, jusqu’à trois poids lourds peuvent venir déverser des copeaux dans les silos du site. Ceux-ci offrent une autonomie de trois jours, si les chaudières fonctionnent à pleine puissance. En sortie des foyers, les cendres sont incorporées à du compost.

En parallèle de la construction du bâtiment, Enerlay a fait poser des canalisations hydrauliques qui rattachent le site au réseau de chaleur historique dans le quartier Bel Air. Ce tronçon alimente des logements du village d’Hennemont et le lycée international. La filiale a aussi créé une extension qui court depuis la chaufferie jusqu’à l’écoquartier de la Lisière Pereire, encore en travaux. « Nous souhaitions que les dix lots de cette zone disposent d’un accès à la chaleur, explique Bastien Caujolle. Le réseau s’étend maintenant sur 8,5 km. En 2018, quand l’ensemble des clients sera installé, il comptera 48 sous-stations. Sa production annuelle devrait alors atteindre 45 000 MWh. » La consommation annuelle de plaquettes de la chaufferie atteindra alors 12 500 tonnes. Le mix énergétique se composera à 60 % de biomasse et de 40 % de gaz. Grâce à ces proportions, les abonnés bénéficient d’une TVA à taux réduite de 5,5 %. Toutefois, le temps d’exploitation manque encore pour qu’Enerlay puisse communiquer le prix du kilowattheure de chaleur.

 

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