Aménagement

Un système de parcs pour accompagner l’urbanisation de l’île de Nantes

Mots clés : Aménagement paysager - Architecte - Métier de la construction

L’équipe réunie autour de Jacqueline Osty (paysagiste mandataire) et Claire Schorter (architecte-urbaniste) pour assurer la maîtrise d’œuvre du projet urbain de l’île de Nantes jusqu’en 2024 a dévoilé ses premières intentions avec, au cœur de leur projet, un système de parc pour amplifier la présence de la nature en ville.

L’appel à candidature lancé en décembre 2015 avait donné le ton avec la volonté de Nantes Métropole de confier cette mission de maîtrise d’œuvre urbaine à un paysagiste. La nouvelle avait fait grincer des dents dans le landerneau de l’urbanisme. Si quelques stars ont refusé de participer à la compétition, le niveau a été relevé, notamment dans la phase finale du dialogue compétitif avec Base, TER, Bruel-Delmar et l’atelier Jacqueline Osty et associés.

Malgré tout, le projet de Jacqueline Osty associée à l’architecte-urbaniste Claire Schorter et au bureau d’études MA-GEO (avec Quand même, Roger Narboni et Roland Ribi et associés) a surpris par son audace. «Cette équipe a fait le choix courageux de faire glisser le parc métropolitain en bord de Loire et nous avons été séduits» a déclaré Johanna Rolland, présidente Nantes Métropole qui présidait le jury. Ainsi déporté sur le quai Wilson, le parc de Loire s’ouvrira sur le grand paysage et fera écho au parc proposé par l’urbanisme Frédéric Bonnet sur la rive de Pirmil-les îles, à Rezé.

 

Des boires

 

Pour autant, le projet Osty-Schorter s’inscrit dans l’histoire de l’aménagement de l’île en venant étoffer l’armature de la figure paysagère imaginée par l’équipe Smet-uapS en charge du projet depuis 2010. «Nous voulons faire évoluer une figure très appuyée sur le système d’infrastructures en infiltrant le paysage le long des anciennes boires, ces bras de la Loire disparus au fil du temps» explique Jacqueline Osty. «Le système de parc est étendu à toute l’île. L’artère centrale reprend le tracé de celle de Smet-uapS, mais est traitée sous forme d’une véritable promenade, qui se dilate par endroits, au gré des opportunités foncières» ajoute la paysagiste.

Ce système de parcs imbriqués avec le bâti va permettre de multiplier les linéaires de façades donnant sur des espaces paysagers (3 000 m à l’échelle du sud-ouest de l’île), tout en permettant différentes temporalités et densités d’usages. Ce mélange des échelles et des ambiances devrait guider le projet. Car l’objectif affirmé de l’aménageur, la Samoa, est d’échapper à la ville générique. «Il faut qu’on fabrique ici une ville du dépaysement, qui nous permette d’être ici comme nulle part ailleurs et non comme partout ailleurs» assure Jean-Luc Charles, directeur de la Saoma, qui anime d’ailleurs, au club ville aménagement, un atelier avec Ariella Masboungi, Grand prix de l’urbanisme 2016, sur la «ville pas chiante». La nouvelle équipe est prête à relever le défi. «L’une des pistes que nous proposons d’expérimenter est de construire des îlots en conservant des vides, des dents creuses, pour prendre le temps de regarder comment les sites mûrissent, comment ils vivent» annonce l’architecte-urbaniste Claire Schorter.

 

The « parkway » is dead

 

Enfin, le nouveau projet sonne le glas du concept de «parkway», ce large boulevard planté imaginé par l’équipe Smet-uapS pour faire la liaison entre le pont Anne de Bretagne et le pont des trois continents. «Je pense que c’est une fausse bonne idée car la séquence est trop courte et risquerait de créer une coupure» explique Jacqueline Osty. A la place, le nouveau projet prévoit un axe, tout aussi structurant, mais moins épais, «avec des rez-de-chaussée actifs et une échelle construite en adéquation avec l’intensité urbaine du boulevard». Cet axe majeur où circulera un tramway sera complété par un second, qui créera une nouvelle connexion avec le centre historique et permettra de mettre en évidence les deux tous de la très belle usine Tereos-Béghin-Say, inscrite au patrimoine.

 

Chiffres-clés

L’île de Nantes en chiffres

– 337 hectares de territoire

– 12 km de rives

– 18 500 habitants et 22 000 actifs

– 767 000 m2 dont 385 000 m2 de logement (6 600 logements) et 192 000 m2 de bureaux engagés sur la période 2003-2016

– 70 hectares d’espaces publics retraités dont 8 km de berges

 

Prévisions à venir sur le sud-ouest de l’île, d’ici à 2037

– 1 million de m2 constructibles

– 416 000 m2 de logements (soit 6000 logements pour 12 000 nouveaux habitants)

– 138 000 m2 de bureaux

– 79 000 m2 d’activités et commerces

– 40 000 m2 d’équipements et 275 000 m2 pour le CHU/ Institut de cancérologie de l’ouest (ICO)/ Institut de recherche en santé (IRS) 2020

 

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