Innovation produits

Un suivi au micron près pour les ouvrages d’art

Une méthode inédite d’agrégation de données mesure les déformations des structures de génie civil.

« Surveiller la santé et, plus encore, la respiration des ouvrages d’art. » C’est ainsi qu’Alexandre Paléologue définit la méthode mise au point par MorphoSense, sa toute jeune start-up. Ce nouveau procédé suit en continu et en temps réel des infrastructures de génie civil, comme les ponts, les tunnels, les barrages, etc. L’entreprise, estampillée « French Tech », a été créée en août 2016 au sein du Laboratoire d’électronique et de technologie de l’information du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA-Léti).

Fruit d’une approche novatrice dans le suivi des structures, le système de MorphoSense n’en reste pas moins basé sur des technologies éprouvées. Grâce à l’agrégation et à la fusion d’une multitude de données provenant de capteurs de type Mems (Micro Electro Mechanical Systems) – des accéléromètres -, le système est à même de rendre compte, à l’échelle microscopique et en trois dimensions, des déformations géométriques longitudinales et transversales ainsi que des vibrations – naturelles ou subies – des ouvrages.

« Notre solution fournit des relevés pertinents, d’une précision de l’ordre de 100 microns par mètre, pour apprécier finement le comportement structurel des constructions, qu’elles soient anciennes, nouvelles ou en phase de chantier. Elle permet d’effectuer la maintenance prédictive, et donc préventive, des structures instrumentées quelles que soient leur géométrie et leur taille. Celle-ci peut aller de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres », explique Alexandre Paléologue. Et le dirigeant d’ajouter : « Les économistes ont montré que pour un euro investi dans la maintenance prédictive, une économie de quatre à dix euros est réalisée sur les futures réparations (1). »

 

Rendre visible l’invisible

 

Destinée aux responsables en charge de la gestion des ouvrages d’art, MorphoSense fournit les mesures souhaitées par les utilisateurs. « Les informations transmises aux gestionnaires les renseignent ainsi sur d’éventuels dépassements de seuil, ce qui peut donner lieu au déclenchement de campagnes de mesures complémentaires ou à des interventions techniques ponctuelles sur site. Plus les données sont nombreuses, plus le diagnostic est fiable et pertinent », détaille Alexandre Paléologue.

Parmi les références de la jeune start-up figure en particulier l’instrumentation d’une alvéole de stockage dans le centre d’enfouissement des déchets radioactifs de Bure (Meuse). L’idée était d’étudier durant cinq mois, d’août à décembre dernier, les phénomènes de convergence (ou d’ovalisation) de ce « micro-tunnel » long de plusieurs dizaines de mètres, et d’un diamètre de 70 cm. Six capteurs ont été mis en place sur l’intrados de l’alvéole, à une vingtaine de mètres de profondeur. « Les résultats se sont avérés plus précis que ceux obtenus avec des cannes de convergence », fait savoir Alexandre Paléologue. Et de conclure : « La finesse de notre technologie permet de détecter des mouvements imperceptibles à l’œil nu. »

 

(1) Etude de M. Kahn et D. Levinson, The Hamilton Project, février 2011.

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