Vie de l'entreprise

Un salarié du BTP sur trois est exposé à un produit chimique dangereux

Les salariés du secteur de la construction sont les plus exposés au risque chimique, selon une enquête de la Dares.

Une publication de la Dares (1) vient confirmer le fait que les salariés du bâtiment et des travaux publics sont les travailleurs les plus exposés aux produits chimiques dangereux (cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques, « CMR »).

Ainsi, en 2010, 32,4% des travailleurs du secteur étaient exposés à au moins un produit CMR : 11,7% à la silice cristalline (présente notamment dans les bétons), 10,1% aux poussières de bois, 8,7% aux gaz d’échappement diesel, 2,1% à l’amiante… Autant de chiffres beaucoup plus élevés que la moyenne générale d’exposition des salariés. En ce qui concerne l’intensité des expositions, la Dares indique que tous secteurs confondus 48% des cas d’exposition aux poussières du bois sont significatifs (38% pour la silice cristalline).

 

L’exposition aux huiles minérales entières en fort recul

L’étude, basée sur les résultats de l’enquête Sumer (2), note toutefois les progrès réalisés par l’ensemble des professions entre 2003 et 2010. Le taux d’exposition des salariés aux CMR est passé de 13% à 10,4% sur la période. L’exposition aux huiles minérales entières, qui peuvent être utilisées comme lubrifiants de moteur, a ainsi baissé de 29% tous secteurs confondus. La Dares estime que cette progression est surtout due à la substitution de ces produits par des huiles synthétiques moins nocives.

La part des salariés exposés aux poussières de bois a également diminué, passant de 2,2% à 1,7%. « Les mesures de protection sont relativement plus nombreuses que pour les autres produits chimiques, explique la Dares. Une protection collective est déclarée par les médecins du travail dans 38% des situations, notamment la mise en place de l’aspiration à la source (30%). » La Dares rappelle également qu’une étude menée en 2008 dans des établissements du secteur du bois avait « révélé d’importantes lacunes dans l’application de la réglementation » sur l’exposition des travailleurs aux poussières de bois, datant de 2005.

 

6% des salariés confrontés à la silice cristalline

 

Point noir : le nombre de salariés exposés à la silice cristalline a augmenté de 6% entre 2003 et 2010. Ceci alors que les efforts en termes de prévention individuelle ont considérablement augmenté : en 2010, 34% des sondés employaient une protection individuelle cutanée (29% en 2003) et 63% une protection individuelle respiratoire (39% en 2003). Mais, comme le note la Dares, en termes de protection collective sous forme d’aspiration à la source, le taux de protection passe de 14% à 10% sur la période.

(1) Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques.

(2) Enquête transversale réalisée par les médecins du travail et de prévention, coordonnée par la Dares et la Direction générale du travail.

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