Immobilier

Un rapport du Sénat dénonce la décrépitude du patrimoine des armées

Mots clés : Conservation du patrimoine

Le patrimoine de l’armée serait dans un état « proche de l’insalubrité ». C’est la conclusion d’un rapport de la commission des Finances du Sénat, dévoilé jeudi 20 juillet par Le Parisien. 

Casernes, camps militaires et autres infrastructures… Avec près de 275.000 hectares estimés à plus de 16 milliards d’euros, le ministère des Armées possède l’un des plus gros patrimoine immobilier de l’État. Mais selon un rapport de la Commission des Finances du Sénat, dévoilé jeudi 20 juillet par le Parisien, le parc immobilier militaire est dans un état très dégradé.

Par exemple, des bâtiments de la base aérienne d’Orléans, dans le Loiret, sont « inutilisables en raison de leur insalubrité résultant d’un défaut de maintenance régulière ». Même constat pour les dortoirs du lycée militaire d’Autun (Saône-et-Loire) et les logements du camp du 2e régiment d’infanterie de marine du Mans (Sarthe) qui « apparaissent très dégradés » et dont les conditions sanitaires ne correspondent plus « aux standards actuels de confort ».

Pourtant, le budget alloué à l’immobilier du ministère a été augmenté de 12% depuis 2008. « Les infrastructures des armées ont longtemps été, sinon le parent pauvre, tout du moins une variable d’ajustement budgétaire du ministère des Armées », déplorent les auteurs du rapport. Par exemple, les fuites d’eau de la base navale de Toulon, dans le Var coûtent chaque année 2 millions d’euros. Mais comme les travaux pour résoudre le problème, se chiffrant à 60 millions d’euros, ne seraient rentables qu’au bout de 30 ans, rien n’a été fait.


Des conditions d’hébergement insuffisantes

 

Les conditions d’hébergement sont, elles aussi, difficiles, l’armée ayant vendu nombre de logements dont elle disposait à Paris, rappelle France Info. Or, depuis les attentats de 2015, la baisse d’effectifs n’a finalement pas eu lieu. Par conséquent, « il n’existe plus assez de casernes pour héberger les militaires dans les grandes agglomérations, alors même que la menace s’exerce en milieu urbain », explique le rapport.

Les soldats sont ainsi logés trop loin du site de leur mission dans des logements vétustes. Alors que la Défense et la gendarmerie (dont le budget est rattaché à celui de l’Intérieur) consacrent 100 millions d’euros par an à la rénovation de leur parc. Serge Grouard, l’ancien député Les Républicains du Loiret, estime auprès de France Info que le double, voire le triple, serait nécessaire pendant une dizaine d’années.

Un point qui n’est pas négligeable. « L’état de dégradation de certaines infrastructures a un impact très défavorable sur le moral des personnels », s’inquiètent notamment les sénateurs. Mais la situation risque de ne pas s’arranger tout de suite. Si en 2014, les besoins supplémentaires pour le budget du patrimoine immobilier des armées pour les six prochaines années étaient évalués à 79 millions d’euros, il est désormais estimé cette année à 2,5 milliards d’euros.

 

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